€? >■ ^T*^^: Bibliothèque botanique EMILE BURNAT — - ^^c - C'ataIo<|iie ^'" •Vrovient de Livres |)io\eii;iiil do la hihiiollièqne botanique il'Emile Burnat ( IS-2rimcric de L. Mautim:'!', rue Mit^ll^h , -. BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE FONDÉE LE 23 AVRIL 185/i TOME QUATRIEME LIBKAKV NEW YO«K PARIS AU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ rIe du vieux-colombier, 24 1857 EN 1922 Y6 ÛK LA ^rriS SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE (AVRIL 1857) AC4RD (A.), pharmacien, à Pargles (Eure). ALAIMORE, pharmacien, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). AMBLARD (Louis), rue de TOuest, 36, à Paris, et rue Paulin, l/i, à Agen. AMBROSI (François), à Borgo en Valsugana (Tyrol). ALSSURE (Alphonse d'), étudiant en médecine , rue St-Jacques, 171, à Paris. AVICE DE LA VILLEJAIV, médecin aide-major, h l'hôpital français, à Rome. (Correspondant à l'aris: M. Puel, boulevard Beaumarchais, 72.) BAILLON (H.), agrégé à la Faculté de médecine, rue Taranne, 7, à Paris. BALAIVSA (B.), i"ue de l'Arcade, 7, à Montmartre, près Paris. BALL (Benjamin), interne en médecine, à l'hôpital de La Riboisière, à Paris. BALL John), membre du parlement britannique , Park-street, 18, Westminster, à Londres. BARAN (Gabriel de), rue de Vaugirard, 158, à Paris. BARAT, professeur au lycée impérial d'Alger. BARNSBY (David), rue Neuve-Saint-Étienne-du-Mont, 2Z», à Paris. BARRAU (Adolphe de), docteur en médecine, à Carcenac, près Rodez (Aveyron). BAUDRIMOIVT, pharmacien en chef de l'hospice Sainte-Eugénie , rue Saint- ; "^ Victor, 22, à Paris. c-T.^ALDRY (Frédéric), ancien bibliothécaire de l'institut agronomique, rue de la Paroisse, 12, à Versailles. j^EACTEMPS-BEAUPRÉ (CHARLES), substitut du procureur impérial, à Troyes QT^ (Aube). "IIJPÉLANGER (Charles), directeur du jardin botanique, à Saint-Pierre (Marli- "^ nique). BILLOT (Constant), professeur au collège de Ilagueiiau (Bas-Rhin). 1\ SOr.lÉTl': HOTAMOrE I)K FRANCE. r lil\ET (Alfred), iiUerne en médecine, à Thôpilal de la Cliarité, à Paris. BLAIVCIIE (Isidore), vice-consul de France à Tripoli (Syrie). — (Correspondanr à l\Tris : M. Piiel, boulevard Beaumarchais, 72). BOISDDVAL , docleiir en médecine, rue des Fossés-Saint-Jacques, 22, à Paris. BOISSIKR (f^DMO.ND), à Genève (Suisse). BOITAUD (Emmanuel), docteur en médecine, à BOMIOmiE (Jules), naturaliste, à Milliau (Aveyron). BOKDÈIU';, inslilutcur piimairc, à Gèdres, près Luz (llaules-l'yrénées). BOUXKT (EDOUARD), docteur en médecine, rue de la Calandn^ 27, à Paris. BOLCUAUDAT, professeur à la Faculté de médecine, rue du Cloître Notre- Dame, 8, à Paris. BOLDIER, pharmacien, à Montmorency (Seine-et-Oise). BOUIS (DE , docteur en médecine, rue Saint-Louis, Uh, au Marais, à Paris. BOULOLMIÉ (Louis), rue du Vieux-ilaisin, 26, à Toulouse. BOLRGEAU (F.uile), naturaliste voyageiu', rue Saint-Claude, 1Z| , au Marais, à Paris. BOUTEILLE, à Alagny-en-Vexin (Seine-et-Oise). BOUIEILLEIÎ Ed.), professeur, à Provins (Seine-et-Marne). BOL'TIGiVV, sous-insp( cteur des forêts, à Foix (Ariége). BRICE (CiEORGi s^, chef de biu-eau au ministère de la maison de l'Empereur, rue des Écuries d'Artois, 11, à Paris. BROXDEAU (Louis de), à lîeignac, commune de Moirax, près Agon (Lot-et- Caronne). BROXG^IART (Adoli'IIE), membre de l'Académie des sciences, etc., au Jardiiï des Plantes, à Paris. BROU (l'abbé), curé à Oulins, par Anet (Eure-et-Loir). BROWIV (Robert), président de la Société Linnéenne de Londres, associé étranger (le l'Institut de France, Deanstrcet, 18, à Londres. BRUTELETÏE (B. de), à Abbeville iSomme). BUFFET (Jules), élève en pharmacie, rue des Malhurins-Saint-Jacques , U, à Paris. BUREAU (Edouard), docteur en médecine, rue de la Sorbonne, 20, à Paris. CADET DE ClIAMRIi\E (Edmond), rue du Faubourg-Poissonnière, 31, à Paris. CALLAY (A.), pharmacien, au Chêne (Ardennes). CALi\lEIL (le docteur), médecin en chef de la maison impériale de Charenlon, près Paris. CARBOWEAUX-LEPERDRIEL, élève en pharmacie, rue des Martyrs, 28, à Paris. CARO\ (Henri), à Bulles (Oise). CARUEL (T.), au nuisée d'histoire naturelle de Florence ^Poscane). r.ASPARY (IlOBERT), docteur en philosophie, Poppelsdorfer-Schloss, à Bonn (Prusse rhénane). CAVEIMTOU (Eugène), pharmacien, rue Gaillon, 20, à Paris. CIIAROY (Alcide), agent-voyer de la ville d'Aumale (Algérie). CIIASTA\ET (A.), à Mussidan (Pordogne). HSÏi; DLS MKMIÎRES. HJ 4JIAXIIM (A.) , professeur à l'École de pharmacie , rue du faubourg Saiiil- llonoré, 208, à l\iris. (;II.\V1\' (rabl)r), curé à Compesières, près Genève (Suisse). rJlKVllIEll (Jules), pliannacien. rue du Fauhourg-Montmarlre, 17, à Paris. CllOMI\Or, pliarniacien, à Joinviile (llaule-Marne). CIIOISY (le professeur), à Genève (Suisse). CLAIIIIWAL, colonel d'arlillerie, à Melz. CI.OS (n.), professeur à la Faculté des sciences, au jardin botanique, à Toulouse. Membre à vie. C0:HAR (Ferdinand), pharmacien, rue Poissonnière, 2, à Paris. COIMTES ;le baron Gustave de), maison Cliaband, rue Saint-François-de-Paule, à Nice (États sardes). COSSOIV (Ernest), docteur en médecine, rue du Grand-Chantier, 12, à Paris, et à Thurelles, par Fontenay-sur-Loing (Loiret). COLDRAY (Louis), avoué, à Cliàteaudim (Eure-et-Loir). COURTAUT (Henri), sous-chef à Padministralion des Domaines, rue de l'Ouest, 35, à l'aris. CRErAIIVE (Alexis), pharmacie Journeil, à ^lelun (Seine-et-Marne). CROLA!\ (IlippOLYiE), pharmacien, rue de la Fraternité, 6, à Brest (Finistère). CLIGNEAU (Th.), docteur en médecine, Allées-Damour, 16, à Bordeaux. D.«IME1\ (l'abbé), aumùhier de la chapelle Saint-Louis, à Dreux (Eure-et-Loir). DARRACQ (Ulysse), pharmacien, à Saint-Esprit (Landes). DARRIELX (Arsène), docteur en médecine, àSaint-Jean-Pied-de-Port (Basses- Pyrénées). DEBEAUX (Odon), pharmacien aide-major, à l'hôpilal militaire de Boghar, par Médéah (Algérie). DECAISIVE (J.), membre de l'Académie des sciences, etc., au Jardin des Plantes, à Paris. DE CAIXDOLLE (ALPHONSE), à Genève (Suisse). DÉCÈS (Arthur), interne en médecine, rue ïaranne, 9, à Paris. DELASTRE, rue de l'Hospice, 23, à Poitiers. DELAUXAY, manufacturier, à Tours. DELBOS (Joseph), professeur à l'École supérieure des sciences appliquées, rue des Bouchers, 5, à Mulhouse (Haut-Rhin). DELESSERT (François), membre de l'Académie des sciences, etc., rue Mont- martre, 172, à Paris. DELLA SLDDA FILS (GEORGES), pharmacien, àConstantinople. (Correspondant à Paris: M. L. Soubeiran, quai de la Tournelle, Zi7.) DELOXDRE (AUGUSTE), à Graville-Uavre (Seine-Inférieure). DÈLOIVDRE (AUGUSTIN), rue des Juifs, 20, à Paris. DEMOGET (E.), élève en pharmacie, rue des Tanneurs, 18, à Bar-le-Duc (Meuse). DEMOLY, pharmacien, à Noyon (Oise). DERBÈS, professeur à la Faculté des sciences, rue des Minimes, 10, à Marseille. DEROUET, membre du conseil général d'Indre-et-Loire, rue des Fossés-Saint- Gcorges, li, à 'l'ours, et rue Chabannais, 1, à Paris. IV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. DES ÉT.WGS (S ), juge de paix, à Bar-sur-Aube (Aube). DESMAZIÈHES, naturaliste, à Lamijersaii , près Lille. DES I\IOLLI\S (Ch.), membre de plusieurs académies, rueelliôlel de Gourgues, 5 Bordeaux. DEZANIVEAU (Alfred), interne en médecine, à l'hôpital Sainte-Eugénie, à Paris. DORVAULT, directeur de la pharmacie centrale des pharmaciens, rue des Marais Saint-Germain, 23, à Paris. DOUMET (F.), député au Corps législatif, maire de Celle (Eléraull). DOURS, docteur en médecine, à Péronne (Somme). DOVERGIME, pharmacien, à llesdin (Pas-de-Calais). DUBOC (Edouard), rue des Gobelins, 28, Ingouville, au Havre (Seine-Inférieure). DL'BY (le pasteur), à Genève (Suisse). DUCIIARTRE (P.), docteur es sciences, rue de Sèvres, lli, à Paris. DL'CLALX, vice-président du tribunal civil, à Laval (Mayenne;. DU COLOMBIER (MAtJRiCE), directeur du télégraphe, à Metz. DUC0LDRAV-B0URGALLT(L.-11.), rue Cambrûnne, 2, à Nantes. DLFOLR (LÉON), docteur en médecine, correspondant de IMnstiluI, à Saint- Sever-sur-Adour (Landes). DUHAMEL, employé au ministère de la Guerre, rue Saint-IIonoré, 301, à Paris. DUM0L1IV(J.-B.), à Saint-Maurin, par Piiymirol (Lot-et-Garonne). DUMOIVT (1Ie>ry), interne en médecine, rue de l'Échiquier, 38, à Paris. DUQUE\ELLE (EDOUARD), étudiant en pharmacie, rue d'Enfer, 21, à Paris. DURIEU DE !\LVISOM\EUVE, directeur du nouveau Jardin des Plantes, allée des Noyers, 28, à Bordeaux. DUSACQ, libraire-éditeur, rue Jacob, 26, à Paris. DUSSAUD, pharmacien, rue de Borne, 1, à Marseille. EBRA\ (Arthur), pharmacien, rue des Pénitents, 2, au Elavre (Seine-Inférieure). ÉI.OV DE VICQ (LÉo^^ place de la Placelte, à Abheville (Somme). FABRE (J.-IL), professeur d'histoire naturelle au lycée d'Avignon. FAIVRE, docteur en médecine, professeur au collège Stanislas, rue Bonaparte, 72, à Paris. FAUCIIIER (P.), pharmacien, à Rouilly (Indre). FÉE, professeur d'histoire naturelle à la Faculté de médecine de Strasbourg. FÉRAUD (IIippolyte) , percepteur des conlrihutions directes, à Carpentras (Vaiicluse). FERMO\D (Charles), pharm.icien en chef de la Salpêtrière, à Paris. FERRER (LÉON), étudiant en pharmacie, rue des Marchands, à Perpignan. FISTO\, employé des postes, rue des Récollets, i7, ;'i Wisailles. FORGET (Eugïine), docteur en médecine, place Saint-Michel, 8, à Paris. FORT (Aristide), interne en pharmacie, à riiùpilal Saint-Louis 5 Paris. FOURMER (Eugène), interne des hôpitaux, rue Bonaparte, 20, à Paris. FOVII.LE (Achille de), interne en médecine, h l'hôpital Necker, à Paris. FR\\OUEVILLE (Aldert de, rue Palatine, 5, à Paris, et au château de Bisanos. par Pau (Basses-Pyrénées). LISTR DES MEMBRES. FKILI.KV, cliiiiirgiçn de marine, ;» Pôle (Jura). l'IîOGK ((îEOr.GES), pliariiiacicn, à INioit (Ueux-Sèvres). GAIM.ARDOT (C), mt-deciii do l'hôpital de Saïda (Syrie). — (Correspondant à Paris : M. l^uei, boulevard Beaumarchais, 72.) «AMJCIIEU (Paul), quai de la Mégisserie, 26, à Paris. G.'\ni\Il';K(ALMiRE), interne en médecine, à la Salpélritîre,à Paris. (iAlUlKAU (Louis), docteur en médecine, à Changé-lez-Laval (Mayenne). GAVI\'0-GUMA, docienr en médecine et pharmacien, à Pîle de Malte, GAY (Claude), boulevard Bonne-Nouvelle, 25, à l'aris. Membre à vie. GAY (Jacques), rue de Vaugirard, 36, à Paris, GERMAIIM DE SAIXT-PIEKRE, docteur en médecine, me Pavée-Saint-André, ;j, à Paris, et au château du Bessay, canton de Uornes (Nièvre). GIDE (Casimir), libraire-éditeur, rue Bonaparte, 5, à Paris. GIRALDY, boulevard Chave, 90, à Marseille. GIROU DE BLZAREIXGUES, député au Corps législatif, rue Royale, 28, à Paris. GODROIV, doyen de la Faculté des sciences, rue de la Monnaie, Zi, à Nancy. GOGOT, docteur en médecine, rue dos Trois-Pavillons, h, à Paris. GOMBAULT (Urbain), interne en médecine, rue do Constantine, 3û, à Paris. GOIVOD 'Eugène), pharmacien, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). GOiMTIER, docteur en médecine, rue Saint-IIonoré, 36/i, à Paris. GRAVES (Louis), directeur général des forêts, rue de Verneuil, 51, à Paris. GRE!MEK(Ch.), professeur à la Faculté des sciences, rue de la Préfecture, 1/|, à Besançon. GRIS (Arthur), licencié es sciences naturelles, rue Guy-de-la-Brosse, 5, à Paris, GRCffi\LAI\D (JOHANNES), rue du Cardinal-Lemoine, 1, à Paris. GLRLER, agrégea la Faculté do nnklociiio, rue de Soine, 12, à Paris. GLÉMIOT (Alexandre), étudiant on niédocine, rue Férou, 11, à Paris. GLÉI»IIV, docteur on médecine, rue dos Lices, 11, à Angers (Maine-et-Loire). GLEVDOX DE DIVES, à Manzac, par Saint-Astier (Dordogne). GIJIART, pharmacien eu chef de l'hôpital de la Pitié, à Paris. GLIDI (Louis), à Pesaro (États de TÉglise). GLILLARD (ACHILLE), docletu' es sciences, rue de Laval, 15, à Paris. GLILLON (ANATOLE),sous-inspecteur des contributions indirectes, à Villeneuve- d'Agon (Lot-et-Garonne). GURY (Alphonse), pharmacien, rue 'rôte-d'Or, à Metz. GLYOT-RESSIGEAC (Charles), capitaine d'artillerie, à Grenoble. IIË\OIV, interprète militaire, à Batua, province de Constanîine (Algérie). IIENIVECART, ancien député, rue Neuve-des-Mathurins, [\1, à Paris. IIE\SLOVV, professeur à l'Université de Cambridge (Angleterre). IIÉRÉTIEU, inspecteur des contributions directes , à Montauban (Tarn-et- Garonne). VI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. HÉRICAUT-FERRAXD (le vicomte), rue SaiiUe-Galherine-cl'Enfer, 1, à Paris. UÉRIXCQ, atlaché au Muséum clMiisloire naturelle, rue Guy-de-la-Brosse, 11, à l\uis. HOMOLLE, docteur en médecine, rue Bonaparte, 7, à Paris. IIOOKLR (Sir William), au jardin botanique de.Kew, près Londres. IIOUDBIXE, pharmacien, à Niort (Deux-Sèvres). HOWARD (John Elliot), à Tottenliam, près Londres. HLBERT, pharmacien, à New-York. — (Correspondant à Paris: M. Puel, bou- levard Beaumarchais, 72). HLGL'EIV'IX (AUGUSTE), à Cliambéry (Savoie). IIL'MBERT (EMILE), docteur en médecine, rue de la Harpe, 107, passage d'Harcourt, à Paris. IRAT (Albert), procureur impérial, à Figeac (Lot). JACQUEL (l'abbé), curé à Coinches, par Sainl-Dié (Vosges). JAMAIIV (A.), docteur en médecine, rue .Mazarine, 20, à Paris. JAUIIÎV (Pierre), directeur du jardin d'acclimalatiou de Beni-Mora (Algérie). JAUBERT (le conile), ancien ministre, rue Saint-Domini(|ue, 67, à Paris, et au domaine de Givry, par La Gtierche-sur-Aubois (Cher;. JEA\BERXAT (Ernest), interne des hospices, à PhOpital Saint- Jacques, à Toulouse. JOLIEU (Antoijje), docteur en médecine, à Lavelanet (Ariége). JORDAN (Alexis), rue Basseviile, 10, à Lyon. JOUFFROY-GONSANS {M. de), rue de la Préfecture, 20, à Besançon, et rue de rAncienne-Comédie, 21, à Paris. JOUVIIV, professeur à l'Ecole de médecine navale, rue Saint-Louis, 88, à Uoche- fort-sur-mer (Charente- Inférieure). JULLIEIV-CROSMER, conservateur du Jardin des Plantes, rue d'IUiers, 5U bis, à Orléans. KETELEER, horticulteur, rue de Charonne, lZi6, à Paris. KIRSCHLEGER, professeur à l'Ecole supérieure de pharmacie de Strasbourg. KRALIK (Louis), rue du (îrand-Chantier, 12, à Paris. Membre à vie. KRÉilIER, docteur en médecine, pharmacien en chef, à Sidi-Bel-Abbès, pro- vince d'Oran (Algérie). KRESZ, docteur en médecine, rue des Bourdonnais, IZi, à Paris. LABOURET (J.), hôtel de l'ancienne sous-préfecture, à P.ulïec (Charente). LACROIX (l'abbé de), à Saint-l\omain-sur-Vienne, par les Ormes (Vienne). LACROIX, ])harmacien, à Màcon (Saône-et-Loire). LAGRANGE, docteur en médecine, rue Garancière, 6, à Paris. LAGRÈZE FOSSAT (Adrien), avocat, à Moissac (Tarn-et-Garonne). LAISSÉ (A. -M.), ancien principal du collège, à Avranches (Manche). LISTE DES MEMBRES. vij I-A!\IIJEHTYE (le comte Léonce de), à Clialliail, par MoiUmort (Marne). LAMIABLE (G.), docteur en mt'decine, h Cliàleau-l>orcien (Ardennes). LAMOTTE (Martial), pharmacien, à Iliom (Puy-de-Dôme). LAXGE, I)il)liolli('caire au jardin botanique de CopeniiEi;itALDIÈRE (Henri de), rue du Cornet, 2/i, à An5,'crs. LAPOUTE (Edmond), boulevard de l'Étoile, 38, aux Thèmes, près Paris. LAnAMJÎEIlGlJE (IlENRi DE), à Castres (Tarn). LAUEVEl.LlÈlîE-LÉPEALV, au Gué du Berger, à Thouarcé (Deux-Sèvres). LASÈGLE (A.), conservateur des colleclionfi botaniques de M. François Delessert, rue Montmartre, 172, à Paris. EAVALLÉE (ALPHONSE), pue des Coutures-Sainl-Gervais, 1, à Paris. LAVAU (Gaston de), rue du Bac, 97, à Paris. LAVERIMELLE (OscAR DEi, rue de Martignac, 2/i, à Paris. LEBAIL, docteur en médecine, à Kvron (Mayenne). LEBEL (E.), docteur en médecine, à Valognes (Manche). LEBEUF (Ferdinand), pliarmacien, à Bayonne (Basses-Pyrénées). LECADRE, ancien chirurgien de marine, rue Cliilou , 8, au Havre (Seine- inférieure). LECLERC, professeur d'histoire naturelle à l'École de médecine et de phar- macie de Caen (Calvados). LECLÈRE (Louis), chez M. Léon Denouette, à Monlivilliers,près le Havre (Seine- Inférieure). LECOQ (Henri), professeur d'histoire naturelle à la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Membre à vie. LE COLPPEY, pharmacien, à Bercy, près Paris. LE DIE!\ (Emile), propriétaire, à Asnières (Seine). LE FORT (LÉON), interne en médecine, rue des Fossés-Saint-Bernard, 22, à Paris. LEGRAIVD (de l'Oise), ancien député, rue Richepanse, 7, à Paris. LEGUAY (LÉON), inspecteur des jardins impériaux, rue du Cherche-Midi, 17, à Paris. LE MAOLT (Emm.), docteur en médecine, quai de la Tournelle, 33, à Paris. LENORMAIVT (François), rue Neuve-des-Petits-Cliamps, ih, à Paris. LÉPmE (Jules), pharmacien de première classe de la marine, à Pondichéry (Inde française). — (Correspondant à Paris: M. P. Dupont, rue de l'Échi- quier, 15). LE PRÉVOST (Auguste), membre de l'Institut, à Bernay (Eure). LEROUX DE BRETAGNE, avocat, rue des .Saints-Pères, 61, à Paris. LEROY (André), pépiniériste, ù Angers. LESPIAIJLT (M.), peintre d'histoire naturelle, à Nérac (Lot-et-Garonne). LESPIXASSE (Gustave), agent de change, rue du Waux-IIall, 1. à Bordeaux. LESTIBOLDOIS (TH.), conseiller d'État, rue de la Victoire, 92, à Paris. LETOL'RNEIJX (ARISTIDE), procureur impérial, à Bône (Algérie). LEVEI\T, ancien pharmacien, place du Palais-de-Justice, 16, à Ueims (Marne). LIIÉRITIER, docteur en médecine, rue de la Victoire, 8, à Paris. LOCK, pharmacien à Vernon (Eure). LOMBARD (F.), place d'Armes, li, à Dijon. LORIÈRE (IRÉNÉE DE), rue Chanoinesse, 12, à Paris. VllJ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. LOYSEL (François-Charles), rue Mazarine, 3, à Paris. LUTZ, pharmacien en clicfdel'liôpital des Eiifunls malades, rue deSèvres',àParis. MACREWA (Benjamin Vicunna), au Chili. — (Correspondant à Paris: M. Cliaries Valder, passage de la Madeleine, /j.) MAILLAllD (Auguste), rue Saint-Sulpice, 1, à Paris. :\IAILLE (Alphonse), rue Madame, 1, à Paris. MA\ESCAU, ancien reprt^scntant, à Pau (Basses-Pyrénées). MAUCILLY (de), garde général des forêts, à Conipiègne (Oise). :\1AIÎÈS (P.), docteur en médecine, rue Blanche, 10, à Paris. MAIMOLIIV, docteur en médecine, rue de la Paix, 1, à Paris. MARMOTTOiM (IlENRi), docteur en médecine, rue Notre-Dame, /i , à Passy, près Paris. ;\IARSY (de), procureur impérial, à Compiègne (Oise). YIAIITIX (Éjule), juge, ù Uonioranlin (Loir-et-Cher). lIAUTIiXS (Charles), professeiu- à la Faculté de médecine de Montpellier. .MARTIîI^'-DO^OS (le comte Victor de), Grande-Rue, à Montauban (Tarn-et- Garonne). MASSOX (VrcTOR), libraire-éditeur, place de TÊcole-de-Médecine, à Paris. MASSOT (Aimé), docteur en médecine, rue Saint-Jean, 9, à Perpignan. MATHIEU (Auguste), inspecteur des forêts, professeur à l'Ecole impériale fo- restière, rue Stanislas, UG, à Nancy. MATlG\Oi\ (E.), à Fontainebleau (Seine-et-Marne). MAUGEUET, directeur du télégraphe, à Bordeaux. MALGIN (Auguste), interne en médecine, àriIôtel-Dieu, à Paris. AIALGIIV (Gustave), avocat, rue de Seine, 33, à Paris. MAI]RI1\ (Alcide). étudiant en médecine, rue Monsieur-le-Prince, 56, à Paris, IV1ALVAIS (Virgile), interne en médecine, à l'iiôpital Saint-Louis, à Paris. MÉEICOCO (le baron de Lapons de), rue lloyale, 8Zi his, à Lille. MEiXIÈRE (le docteur), médecin de l'établissement des sourds-muets, rue Saint- Jacques, 256, à Paris. \1ERCIER, pharmacien, me Crébillon, 11, à Nantes. iVlIClIALET (Eugène), avocat, à Dùlc (Jura). MIERGLES (Auguste), docteur en médecine, à Anduze ^Gard). MILLET (C), inspecteur des forêts, rue du Marclié-Saint-llonoré, 6, à Paris. MilVGAUD, pharmacien, à Saint-Jean-du-Gard (Gard). MOiVARD (l'.), ancien médecin en chef des armées, conservateur du jardin bo- tanique, rue de l'Évèché, 25, à Metz. MO.\TAG\E (Camille), membre de l'Académie des sciences, etc., ruedes Beaux- Arts, 12, à Paris. :\!OQIjIi\-TA\DO\ (Alfred), membre de l'Académie des sciences, etc., rue de l'Est, 2, à Paris. MORIZE, pharmacien, rue des Francs-Bourgeois, 13, au Marais, à Paris. MOUGEOT père, docteur en médecine, à Bruyères (Vosges). MOLRA-BOLROUILLOU (B.), docteur en médecine, rue de la Fontaine-Molière, 33, à Paris. MSTIÎ DES MF.MIîRES. 1\ MUNBY {€,.), h Oraii (Algérie). ÎVIUSSAT (flMlLE), élève en pliannacie, à la Salpêlrière, à Paris. NOÉ (le comte, de), rue du Bac, 10'_>, à Paris. îMOULliT, professeur à rÉcoie de médecine, rue du Lycée, 8, à Toulouse. OUIMOLS (LÉO d'), à Saverdun (Ariége), et rue Jacob, 22, à Paris. PARISOT (Louis), pharmacien, à Belfort (Haul-Rhin). PARLATOIIE (Philippe), professeur de ijolanique au Musée grand-ducal d'Iiis- toire naturelle de Florence (Toscane). PARSEVAL-GRAXDMAISOIV (.Iules de), avocat, aux Perrières, près Mâcon (.Saône-et-Loire). PASSY (ANTOINE), ancien député, rue Pigale, 6, à Paris, et h Gisors (Eure). PAYER, membre de l'Académie des sciences, etc., rue Saint-Myacinthe-Saint- Michel, 6, à Paris. PENCIIIMAT (Charles), docteur en médecine, à Port-Vendres (Pyrénées-Orien- tales). PÉPIN (Jules), docteur en médecine, rue de l'Est, 7, à Paris. PERRIER (Eugène), à Conflans-sur-rilôpltal (Haute-Savoie). PERKIO (Francisque), à Napoléonville (Morbihan). PERROTTET, à Pondichéry. — (A Paris, rue Montmartre, 172). PERSOIVIVAT (Camille), rue d'Éligny, 20, à Auch (Gers). PERSOMÎMAT (Victor), employé des contributions indirectes , à ,SaintGéré(Lot). PETIT (Guillaume), membre du conseil général de l'Eure, à Louviers (Eure). PETIT (V.), docteur en médecine, à Hermonville, près ileims (Marne). PEUJADE (Ulysse), docteur en médecine, Ji Najac (Aveyron). PICQUOT (EDOUARD), interne en pharmacie, rue de Conslanline, 36, à Paris. PLANCIIOM (J.-E.), professeur à la Faculté des .sciencesde Montpellier. POIRIER (Abel), rue de Constantine, 36, à Paris. POMMARET (E. de), à Asen (f.ot-et-Garonne). POUCHET (Eugène), à Saint-Miciiel-dp-la-llaie, par Bourgachard (Eure). PRILLIEL\ (Edouard), rue de la Viile-l'Évèque, 58, à Paris. PUEL (Louis), pharmacien, à Figeac (Lot). PUEL (TiMOTHÉE), docteur en médecine, boulevard Beaumarchais, 72, à Paris. QLESTIER (l'abbé), curé à Thury en Valois, parBetz (Oise). RAROTIN, pharmacien, à Fontainebleau (Seine-et-Marne). RAMEUR (P.), docteur en médecine, rue Sainl-Nicolas-Simon, 33, à Tours. RAHIOIV DE LA SAGRA, correspondant de l'Institut, passage Saulnier, 22, à Paris. RAMOXD (A.), directeur des douanes, au Havre (Seine-Inférieure). RA\TO\\ET, pépiniériste, à Ilyères (Var). X SOCIÉTÉ nOTAiMQUE DE FRANCE. KASCOM (Mabtin-Jose), à Mexico. — (CorrespoiidaiU à Paris : M. O'Biicn, rue Mogador, U). RATIER (l'alji)é}, professeur au petit séminaire, rue de rKsfjuille, 1, à Toulouse. RAULI\ (Victor), professeur à la Faculté des sciences, rue Croix-de-Segucy, 87, à Bordeaux. RAY\£VAli (le comte Alphonse de), aiubassadeur de France, à Rome. REBOUD, docteur en médecine, chirurgien aide-major, à Djelfa (Algérie). RÉCAMIER (Etienne), rue du Hegard, 1, à Paris. REG\AL'r, attaché à Fadaiinislratiou du cliemiu de fi'r d'Orléans, rue S.iinl- Ilonoré, 398, à Paris. REVEIL, agrégé à l'École de pharmacie, à l'hôpital des Cliniques, à Paris. REl FILS, à Saint-Amand-Monirond (Cher). ROBI\, ancien ingénieur divisionnaire des ponts et cliaussées, rue de la Victoire, 73, à Paris. ROQUE DE SAI\ r-PRÉG\AIV , sous-inspecteur des forêts, rue Royale, 8, à l'aris. ROMAIîV (Chaules), rue Doria, à Alger. ROSIXY (Li';o\ de), rue Lacépède, 15, à Paris. ROLMEGUÈKE (Casimir), secrétaire en chef de la sous-préfecture, place de la Visitation, 9, à Toulouse. ROUSSEL (le docteur), rue des Fossés-Saint-Jacques, 26, à Paris. ROYS (le marquis de), ancien élève de l'École polytechnique, rue de Verneuil, 53, à Paris. SAIMTIXE (X.-B.), rue de Lancry, 7, à Paris. SAUBL\ET aîné, membre de l'Académie impériale de Reims (Marne). SAULCY ( de) , membre de l'Institut, etc., place Saint-Thomas-d'Aquin, à Paris. SAUZK (C), docteur en médecine, à la Molhe-Saint-lléray (Deux-Sèvres). SAUZET (L.-H. DE), licencié es sciences naturelles, rue des Saints-Pères, 55, à Paris. SAVATIER (Alexandre), de Chéray (Ile d'Oléron), docteur en médecine, à Beauvais-sur-Matha, par Matha (Charente-Inférieure). SAVATIER (Ludovic), de Saint-Georges (Ile d'Oléron), chirurgien de la marine, à Mahé (Inde française). SA VI (PiETROj, professeur de botanique, à Pise. SCIIIAII'EU (W.-P.), conservateur du Musée d'histoire naturelle de Strasbourg. SCIIOEXEFELD (W. DE), rue de la Ferme-dcs-Mathiu-Jns, 30, à Paris, et à Saint- ricrmaiii-en-Laye (Seine-et-Oise'. SECOXD-FERRÉOL (FÉLIX), interne en médecine, à l'hôpital Beaujon, à Paris. SERIXGE, professeur à la Faculté des sciences de Lyon. SERRES, colonel d'artillerie en retraite, à la Roche-des-Arnauds, près Gap (Ilaules-Alpes). SERRES (Hector), pharmacien, à Dax (Landes). S1M0\, ex-chancelier du consulat de l-'rance à Erzeroum. — (Correspondant à Paris: M. Puel, boulevard Beaumarchais, 72.) SOUBEIRAX (J.-LÉON), professeur agrégé à l'Ecole de pharmacie, quai de la Tournelle, !i7, à l'aris. SPACII (Kdouard), garde de la galerie de botanique du IMiiséiim d'histoire na- turelle, ou Jardin des plantes, à Paris. TARGIO^■I-TOZZETTI (Adolpiik), professeur de botanique, à Florence (Tos- cane). TASSI (Attilio), professeur de botanique, à l.ucques (Italie). TCIIIIIATCIII;f (P. dk), membre de l'Académie des sciences de lîerlin, etc. , rue de Rivoli, grand hôtel du Louvre, à Paris. TIIIBESARD, fondé de pouvoirs du receveur général, à Laon (Aisne). THOMSON (le docteur), à Kew, près Londres. TIILIÎET (Gustave), rue Napoléon, 18, h Cherbourg (\Lnnche), et quai Bourbon, 15, à Paris. TIIXETTE DE CLEKMOAiT-TOXIVERRE (le baron), député au Corps légis- latif, ù Abbeville (Somme). TIMBAL-LAGRAVE (ED.), pharmacien, rue Pargaminière, 8û, à Toulouse. TISSEUR (l'abbé), missionnaire, aux Chartreux, à Lyon. TITOIV, docteur en médecine, à Châlons-sur-Marne (Marne), TOCQUAINE (Adolphe), à Remiremont (Vosges). TODARO (Augustin), directeur du jardin botanique de Palerme (Sicile). TOPINARD (Paul), interne en médecine, à l'hôpital Saint-Louis, à Paris. TOURE\T, docteur en médecine, à Thiers (Puy-de-Dôme). TRACY (de), ancien ministre, rue d'Anjou-Saint-IIonoré, hS, à Paris. TRÉCUL (A.), rue Cuvier, 20, à Paris. TROLILLARD, banquier, à Saumur (Maine-et-Loire). TULASIVE (L.-R.), membre de l'Académie des sciences, etc., rue de Vaugirard, 73, à Paris. VALLON (Alexandre), licencié ès-sciences, rue Gracieuse, 20, à Paris. VANDERMARQ, rue de Lille, 76, à Paris. VALPELL (Christian), à Copenhague (Danemark). VIAUD-GRANDIMARAIS (Ambroise), interne des hôpitaux, rue Bonaparte, à Paris. VILLIERS DU TERRAGE (le vicomte de), ancien pair de France, rue Racine, 8, à Tours. VILMORIN (Louis), quai de la Mégisserie, 28, à Paris. WARION (Adrien), rue du Palais, 10, à Metz. WATELET (Ad.), professeur, oflicier d'Académie, à Boissons (Aisne). WEDDELL (H. -A.), docteur en médecine, aide-naturaliste au Muséum, rue de Poissy, 1, à Paris. WEGiMANN (Fernand de), garde général des forêts, à Soultz-sous-Forêts (Bas- Rhin). WEISS-SCIILUIVIBERGER, à Mulhouse (Haut-Pdiin). WIGHT (le docteur), à Grazeley-Lodge, près Reading (Angleterre). Paris. — Imprimerie de L. MiSTiNF.T, rue Mignon, 2. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. SÉANCE DU 9 JANVIER 1857. PRÉSIDENCE DE M. A, PASSY. M. Duchartre , secrétaire , donne lecture du procès-verbal de la séance du 26 décembre 1856, dont la rédaction est adoptée. Par suite des présentations faites dans la dernière séance , M. le Président proclame Tadmission de : MM. Buffet (Jules), élève en pharmacie, rue des Mathurins- Saint-Jacques, A, à Paris, présenté par MM. Maurin et Eug. Fournier. Romain (Charles), rue Doria, à Alger, présenté par MM. Maille et Eug. Fournier. M. le Président annonce en outre cinq nouvelles présentations. Dons faits à la Société: 1" De la part de M. Ch. Martins, de Montpellier : La Géographie botanique [extrait de la Revue des Deux Mondes), 2" De la part de M. Ed. Bornet, de Cherbourg : Description de trois Lichens, 3" De la part de 31. Gavino-Gulia, de Malte : Repertorio botanico,procedato da una prefazione bibliografico-critica, fasc. 1. Malte, 1855-56. A* Kn échange du Bulletin de la Société : V Institut, décembre 1856 et janvier 1857, dtiux tiuméros, T. IV, \ 2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Lecture est donnée cFune lettre de M. le docteur Leclerc, deCaen, qui remercie la Société de l'avoir admis au nombre de ses membres. Conformément à l'article 28 du rèulement, M. le Président fait connaître à la Société le nom des membres des diverses Commissions nommées par le Conseil, [)our l'année 1857, dans sa séance du 19 décembre dernier. Ces Commissions sont composées de la manière suivante: 1° Commission de comptabilité, cliargée de vérifier la gestion de M. le Trésorier: MM. Brice, J. Gay et T. Puel; 2° Comjnission des archives, cbargée de vérifier la gestion de M. l'Arcbiviste: MM. Cosson, Maille et Weddell ; 3° Commission permanente du Bulletin: MM. Chatin, Decaisneet deScbœnefeld. i' 31. le Président annonce que, par suite du tirage au sort qui a été fait le 19 décembre dernier, les membres du Conseil qui doivent être remplacés cette année sont : 3IM. Bouchardat , J. Gay , Le Maout et le baron Tillette de Clermont-Tonnerre. A., On procède ensuite à l'élection du président pour l'année 1857. r M. Moqlln-Tandon, ayant obtenu 100 suffrages sur 128 , est pro- clamé président de la Société pour l'année 1857. La Société nomme ensuite successivement: Vice-préside7îts : MM. le comte Jaubert, T. Puel, Le Maout et Lasègue. Vice-secrétaire: M. de Scliœnefeld, en remplacement de M. T. Puel, nommé vice-président. Membres du Conseil: MM. A. Passy, Boisduval, Cbatin, Bâillon, Germain de Saint-Pierre et Menière. - Il résulte de ces nominations que le Bureau et le Conseil d'admi- nistration delà Société se trouvent composés, pour l'année 1857, de la manière suivante : ^ SÉANCE DU 9 JANVIER 1 SS"] Président. 31. Moquin-Tandon. Vice-présidents . MM. le comte Jauhcit. MM. E. Le Maout. Lasègiie. T. Puel. Secrétaires. MM. E. Cosson. Ducliartre. Vice- secrétaires. MM. de Schœnefeld. ' L. Soubeiran. Trésorier. M. Fr. Delessert. Archiviste, M. de Bonis. Membres t lu Conseil. MM. Bâillon. Boisduval. Brice. Ad. Brongniart. Chatin. Decaisne. MM. Germain de Saint-Pierre. Menière. Montagne. A. Passy. L.-R. Tulasne. Weddell. Avant de se séparer, la Société vote des remcrcîments unanimes à M. A. Passy, pour le dévouement avec lequel il a bien voulu diriger ses travaux pendant l'année qui vient de finir. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. SÉANCE DU 16 JANVIER 1857. PRÉSIDENCE DE M. MOQDIN-TANDON. M. Dndiarlre, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du janvier, dont la rédaction est adoptée. Par suite des présentations faites dans la dernière séance , M. le Président proclame l'admission de: MM. Gavino-Gulia, docteur en médecine et pharmacien, à l'île de Malte, actuellement à Paris, rue de l'École-de-Médecine, 25, présenté par MM. Dorvault et L. Soubeiran. Pépin (Jules), docteur en médecine, rue de l'Est, 7, à Paris, présenté par MM. Moquin-Tandon et Cosson. Salzet (Louis-Henri de), licencié es sciences naturelles, rue des Saints-Pères, 55, à Paris, présenté par MM. Moquin- Tandon et Cosson. Bélanger (Charles), directeur du jardin botanique de la Mar- tinique, actuellement à Paris, présenté par MM. Moquin- Tandon etDecaisne. Gris (Arthur), licencié es sciences naturelles, rue Guy-de- la-Brosse, 5, à Paris , présenté par MM. Ad. Brongniart et Weddell. M. le Président annonce en outre une nouvelle présentation. Dons faits à la Société : 1° De la part de 31. Ch. Martins, de Montpellier : Index seminumhorti Mbmpcliensis, 1856. 2* En échange du Bulletin de la Société : ZVns^?Vw^ janvier 1857, un numéro. M. de Schœnefeld , vice-secrétaire, donne lecture d'une lettre de M. le comte Jaubert , qui remercie la Société de l'avoir appelé aux fonctions de vice-président. Lecture est également donnée d'une lettre de M. le D' Caspary, de Bonn, qui remercie la Société de l'avoir admis au nombre de ses membres. SÉANCE DU 16 JANVIER 1857. S M. Cosson met sous les yeux de la Société plusieurs espèces nou- velles d'Algérie, et fait les communications suivantes: ITINÉRAIRE D'UN VOVAGK r.OTANIQLE EN ALGÉRIE, ENTREPRIS EN 185G SOUS LE PATRONAGE DU MINISTÈRE DE LA GUERRE, par M. E. COSSOIM (1). (Sixième partie.) Le ksar d'Arba el Tatnni, dont les maisons à plusieurs étages couronnent un mamelon rocheux, domine l'oasis qui s'étend sur les bords du vaste maré- cage que traverse l'Oued Goulila. Nous installons noti-e campement au-des- sous du village, aux bords du marais et à l'abri des dattiers d'un jardin. Pour utiliser le reste de la journée, nous laissons M. Mares présider à notre installation et faire ses préparatifs pour les vues photographiques qu'il se propose de prendre le lendemain dans ce site pittoresque, et nous en- treprenons une courte excursion sur les coteaux à l'est du village, où la présence simultanée de sable mouvant, de rochers calcaires et de grès nous promet une herborisation intéressante. Là nous recueillons entre autres les Enarthrocarpus clavatus, Ifloga Fontanesii, Euphorbia Provincialis, Ono- pordon ambigimm, Centaurea polyacuntha^ Echinopsilon muricatus. Silène vil/osa var. micropetala , Miiricaria prostrata , Cyrtolepis Alexandrina, Echimn humile, Arnebia Vivianii, Anchusa Inspida, Carduncellus erioce' phahts?, Kœlpinia lineains. Les sables des environs de deux marabouts nous offrent une partie des espèces propres aux dunes, parmi lesquelles nous nous bornerons à citer les Arthrutherwn pungens, Eupliorbia Gwjoniana, Echinops spinosus, jSolletia chrysocomoides ^ Rétama Duriœi var. phœo- catyx, Ononis serrata, Malcolmia/Egyptiaca, Ammochloa subacai(lis,B)'as- sîca Tourne fortii . Une exploration plus prolongée de ces sables ne semblant devoir rien ajouter à nos récoltes, nous redescendons vers les jardins, que nous visitons. Indépendamment du Dattier qui tient une assez large place dans les plantations et des autres arbres fruitiers que nous avons re- marqués à Chellala.nous notons la présence du Pommier ; la Garance {^^/ie'a tlnctorum) croit en abondance paimi les plantes rudérales qui occupent les terrains en friche. Nous terminons notre excursion par l'exploration du Ut de l'oued, dont les alluvions sont en grande partie occupées par des Tamarix Gallica, des Lauriers-Roses, les Phrogmùes commum's, Typha ladfolia, Juncus maritirmis, Imperata cylindrica ti Scirpus lloloschœnus. Aux bords du cours d'eau nous observons les ZoUikoferiaresedifolia^ Cleome Arabica^ Paroîiychia nivea var. macrocalyx^ Festuca cynosuroides, Pyrethrum fus- catum, Statice Bonduellii, Senecio coronopifolius, Spergidaria diandra et (1) Pour les cinq premières parties d(! cet Itinéraire, voyez le Bulletin, t. III, . 388, 559, 599, 665 et 697. § SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. média, une variété remarquable de Tai'axacum Dens-leonis, à rosette de feuilles appliquée sur le sol, déjà observée par nous à Ain Sefissifa, le Juncus bu foniits, etc. — A peine sommes-nous revenus à notre tente et avons- nous eu le temps de nous mettre tous à la préparation de nos récoltes, que quelques mots français, des plus vigoureusemenl accentués, frappent nos oreilles et nous jettent dans un profond étonnement; car sur ce point re- culé du sud, nous nous croyions bien les seuls Français à plus de vingt lieues à la ronde; après un instant de réilexion , pour nous convaincre que nos oreilles ne nous ont pas trompés, nous nous précipitons bors de la tente et nous avons l'agréable surprise de voir descendre de cbeval plusieurs officiers de Géryville qui viennent pour faire la pêche dans l'Oued Goulila. Quelques mulets les suivent, chargés de tonnes destinées à transporter vivants des barbillons qui doivent servir à l'empoissonnement d'une pièce d'eau récemment creusée à Géryville. Ces messieurs nous apprennent que M. de Colomb a tout fait préparer à Géryville pour notre réception et que nous devons y trouver, grâce à la sollicitude et à la généreuse hospi- talité du commandant supérieur, un bien-être dont nous commençons à sentir le besoin après toutes les fatigues de notre voyage, ^'ous ne pouvons résister au plaisir de passer la soirée avec nos aimables voisins, parmi les- quels M. Kralik trouve avec une vive satisfaction deux compatriotes d'Al- sace, ce qui lui permet, tout en prenant le café et en fumant la pipe, de faire échange de politesses en allemand avec les nouveaux compagnons que nous sommes si heureux de rencontrer ainsi à l'improviste. Ce n'est qu'assez tard que nous pouvons retourner à nos plantes et achever nos préparatifs pour la course du lendemain. Le 18, à 7 heures du matin, nous montons à cheval pour nous rendre au pied du Djebel INzira, montagne locheuse qui à l'ouest s'élève de quelques centaines de mètres, renonçant à visiter le Djebel Bou Noueta qui, plus éloigné, borne la plaine à l'est et atteint une plus grande élévation. Pour cette course, nous sommes accompagnés de quelques fantassins du village, auxquels nous donnons un peu de poudre pour se livrer à une fantasia qui les enchante. Les alluvions sablonneuses d'un oued qui longe la base de la montagne nous offrent à peu près les mêmes plantes que le lit de l'Oued Douis que nous avions exploré dans notre trajet de Guelta el Hammam à Arba; nous y recueillons en outre les Lotus pusilhis, Cleovie Arabica, Gym- nocarpus dccandrus, Anvillea radiata, Echinospermum Valdianuin, Atrac- tylis microcephala, etc. Le versant sud du Djebel Nzira, dont nous faisons l'ascension par un ravin qui s'étend presque jusqu'au sommet de la pente, est entièrement dépourvu de végétation arborescente, et sur ses flancs ro- cheux nous ne rencontrons d'autres arbrisseaux que quelques rares touffes du Jlhus dioicael quelques pieds rabougris des lihamnus hjcioides, Juni- perus Phœnicea, Pistacia Atlantica. Nous croyons devoir donner ici la liste SÉANCE DU 16 JANVIER 1857. ? des espèces les plus intéressantes que nous avons observées dans notre as* pension de la montagne : Carrichlcra Vcllse. Asteriscus pygmaeus. Plantago amplfxicaulis. Silène pyriformis. ColeostcpI)ns inacrotus. Caroxylon articulatum. Medicago laciniata, Artemisia Ilerba-alba. Anabasis articulata. Paronychia Cossoniana. Amberboa i rupiiioides. Ruincx vesicariiis. — nivca var. macrocalyx. Carliiia iiivolucrata. Passerina inicropbylla. Heniiaria fruticosa. Catananche cierulea. Ephcdra fragilis. Gymnocarpiis decandrus. Sonchus spinosus. Aspliodelus teiiuifolius. Scduni altissiinum. Orobaiiche cernua. Allium Cupani. Eryngiuin ilicifolinm. Phelipaea Schultzii. Asparagus borridus. Ferula sp. nov.? — lutea. Lygeum Spartum. Galium ephcdroides. Mieromeria microphylla. Stipa tcnacissima. Leyssera capillifolia. Statice Bonduellii (abon- Arthrathcrum ciliatum. Phagnalon purpurascens. dant). — obtusum. Pyrethrura fuscatum. Bubania Feei. Au sommet et dans la partie supérieure du versant nord croissent, dans les fissures des rochers ombragés par des buissons de Juniperus Phœnicea, les Umbilicus horizontalis et Arabis auriculata. — Vers deux heures nous sommes de retour à la tente, où nous trouvons M, Mares tout occupé de photographie avec un jeune sous-officier des tirailleurs indigènes, M, Va- lette, venu avec les officiers de Géryville et qui nous exprime le désir qu'il aurait de nous accompagner dans notre tournée jusqu'à Géryville, où nous ne devons nous rendre qu'après avoir visité El Ahiod Sidi Cheikh et Brézina; M. Valette, dessinateur habile, se met à notre disposition pour prendre les vues des sites les plus intéressants. Bientôt nous voyons re- venir les officiers de Géryville, avec plusieurs barriques de poissons; ces messieurs ont la bonté de nous offrir une part du produit de leur pêche, qui vient très agréablement varier la nourriture par trop arabe à laquelle nous sommes condamnés depuis quelque temps. Le reste de la soirée se passe en causeries, tout en préparant nos plantes et en organisant tout pour pouvoir le lendemain de bon matin nous mettre en route pour El Abiod Sidi Cheikh, situé à environ Ih kilomètres au sud d'Arba: les renseigne- ments que nous devons à M. de Colomb sur cette excursion, qui doit nous offrir des sites variés, nous font espérer que la journée sera utilement em- ployée pour la botanique. Le 19, à 6 heures du matin, nous levons notre tente et nous expédions en avant les chameaux chargés de notre bagage, voulant avant notre dé- part consacrer quelques instants à faire nos adieux aux officiers de Géry- ville, dont la société nous a été si agréable, et nous ne quittons pas ces messieurs sans les charger de transmettre à M. de Colomb tous nos re- raercîments pour la sollicitude avec laquelle il a tracé notre itinéraire et donné tous les ordres nécessaires pour la tournée que nous allons eu- .treprendre. Vers 7 heures du matin nous quittons Arba el Tatani accora- 8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. pagnes de M. Valette ; la route que nous suivons ne nous offre guère pendant environ une lieue que les plantes observées par nous la veille sur les coteaux qui avoisinent le ksar, et nous ne devons mentionner que le Morettia canescens, dont nous trouvons ([uelques pieds dans les rocailles du chemin. Plus loin, la roule, après avoir traversé plusieurs ravines argi- leuses presque dépourvues de végétation, s'incline vers le sud par une pente insensible et continue, cl est bordée à l'est et à l'ouest par des montagnes peu élevées et nues, les Djebel Knnemer et Mouilah. Des dunes de sable mobile s'étendent à la base du Djebel Ennemer, dont elles contournent les anfractuosités. Là nous rencontrons pour la première fois VEphedra alata {Alenda des Arabes), en parfait état de fructification; cet arbuste, dont les branches dressées et disposées en touffe atteignent jusqu'à trois mètres de hauteur, forme cà et là de vastes buissons : son tronc est Ciénéralement enfoui dans le sable et n'est mis à découvert que par des déplacements de la dune ; dans une dépression des sables, nous en découvions avec une vive satisfaction un magnifique pied dont le tronc jusqu'aux ramifications prin- cipales mesure au-dessus du sol près d'un demi-mètre, et dont la circon- férence prise au niveau du sol atteint 0'",68 ; nous nous empressons de l'attaquer avec la hache et la scie, car nous désirons offrir au Muséum de Paris ce curieux spécimen de la végétation arborescente saharienne. Nous mettons à profit les quelques instants que nous passons à attendre les cha- meaux que nous avions dépassés pour compléter un chargement, en faisant un ample abatis des GemstaSaharœ, Hetama Duriœi \aï'. phœocalyx et du Calliyonwn comosnm dont nous n'avions pas eu le loisir de recueillir d'é- chantillons de bois à Tyout. I.e Bromus tectorum est associé aux espèces caractéristiques des sables mouvants telles que les FestucaMcmphitica, Mal- colmia yEgyptiaca, Evpliorbia Guyoniana, Polycarpœa fragilis, etc. Après avoir fait charger sur les chameaux notre nouveau supplément de bagage, nous remontons à cheval et nous ne tardons pas à arrivera un redir de l'Oued Alfara,où nous trouvons avec grand plaisir de l'eau potable après la fatigue que vient de nous donner notre métier de bûcherons. Nous suivons pendant quelque temps le lit pierreux et desséchéde l'oued, dans lequel s'élèvent çà et là des buissons de Tamarix Gallica et de Zizyphus Lotus. Les terrains argilo-sablonneux de ses bords nous offrent en excessive abondance les An- villea radiata, Lygeum Spart um, Sonchus spinosus, Arthratlierum obtusum et ptutnosum , Caroxylon articulutum, Artemisia Herba-alba, Passerina microphylla , Echiocfiilon fruticosuin, Bubania Feei, Atractylis microce- phala et cœspilosa, Ilcrniaria fruticosa, Marrubium Deserti, entre lesquels croissent les Cladanthus Arabicus, Cyrtolepis Alexandrina^ Onopordon am- biguum, Statice Bonduellii, C/dami/dophoi-a pubescens, Echinospermum Vahlianum, Paronychia Cossoniana, Nonnea phanerant liera., Delphiniumpu- bescens, Reseda eremopkila et Arabica, Hussonia^giceras, Reboudia eru- SÉANCE DU 16 JANVIER 1857, 9 carioides, Cnrdunccllm eriocephalus? ^ Astrarjatus tenuifolius, Dianthus ser~ rulatus var. f/randiflonis, Convoi vu lus supiiius, Fagonia Sinaica ?, etc. A en- viron quatre kiloaiétres au sud, le clieinin s"en<^aye dans les pentes calcaires et rochcusesdu Teniat Ziar, où notre guide Osman nous fait remarquer, dans le rocher, de petits trous (lui, d'après la tradition arabe, seraient les empreintes des pas du cheval du marabout vénéré Sidi Cheikh. Arrivés au sommet du col, nous voyons se dérouler devant nous la plaine saharienne où, malgré la pureté du ciel, l'éclat de la lumière nous empêche, par sa réverbération, de distinguer nettement le ksard' El Abiod Sidi Cheikh, vers lequel nous nous dirigeons, et le Djebel Tismeurt n'apparaît dans le lointain que comme une ondulation nébuleuse. Un ravin qui du sommet du col se dirige vers la plaine, présente dans les fissures des rochers des buissons de Bhus dioica et quelques pieds rabougris de Pistacia Atlantlca et d'Olivier ; au fond du ravin croissent les Noœa spinosissima , Sedum altissimuini ^ un Beverra, etle Statice Thouiyii. Au confluent du ravin et de l'Oued Goulila, nous voyons dans les rocailles du lit desséché de l'oued le Galium ephedroides et le Pen- nisetum Orientale former d'énormes touffes. De ce point jusqu'à El Abiod Sidi Cheikh, il y a près de deux lieues ; la plaine uniforme que nous tra- versons nous offre les espèces que nous avons déjà rencontrées dans les ter- rains argilo-sabionneux près de l'Oued Alfara, et nous ne trouvons à ajouter à notre liste que les Anabasis artimlata, Carrichtera Vellœ, Echium humile, Helianthenium dlipticum, Ecldnops spinosus, Ononis angustissima, Thesium humile, Alractylis flava, Asteriscus pygniœus. Vers deux heures nous arrivons à El Abiod Sidi Cheikh ; nous établissons notre campement, près d'un redir de l'Oued Goulila qui ici prend le nom d'Oued Sidi Seliman, sur l'emplacement d'un champ d'orge moissonné. — On donne le nom d'El Abiod Sidi Cheikh (1) à une réunion de six villages qui de temps immémorial sont gouvernés par les chefs marabouts de la tribu des Ouled Sidi Cheikh. Ce groupe de villages se divise en El Biad Ghergui (de l'est) et El Biad Rharbi (de l'ouest). La division d'El Biad Chergui comprend deux villages, dont l'un, El Biad Chergui, est le plus important de tous. Au centre des villages, le dôme du vaste marabout où reposent les ancêtres des Ouled Sidi Cheikh attire les regards par sa blan- cheur éclatante. Six autres marabouts se trouvent en outre aux environs de ces villages. El Abiod Sidi Cheikh, situé à environ 85 lieues du littoral, sous 33°, 6' de lat, et à une altitude d'environ 900 mètres,; est construit dans une plaine argilo-sablonneuse, traversée, comme nous venons de le dire, par l'Oued Sidi Seliman ; cette plaine est bordée au nord par la chaîne des montagnes basses que nous avons traversée en venant d'xVrba el Tatani ; à quelques lieues au sud s'élève le Djebel Tismeurt rompant seul •" (1) Voir le Sahara algérien, par M. le général Daumas, p. 225. 10 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. la monotonie de l'immensité des plaines sahariennes qui s'étendent jusqu'au Gourara; à l'est commencent les dunes de sable mobile que nous devons traverser pour aller à Brézina. Aux environs d'El Abiod Sidi Cheikh, les cultures et les arbres fruitiers ne sont pas «groupés dans des jardins entourés de murs comme au voisinage des autres ksour que nous avons visités ; l'Orge y est cultivée sur une iïrando étendue dans la plaine elle-même, qui est di- visée en carrés rectangulaires par les canaux d'irrigation [sarjuia) ; les dat- tiers sont espacés au milieu des cultures ou plantés avec quelques arbres fruitiers au voisinage des puits qui fournissent l'eau nécessaire à l'arrose- ment des champs; les puits, peu profonds, sont entourés d'une margelle eq pierre sèche, flanquée de deux piliers en terre argileuse, réunis par deux barres transversales dans lesquelles sont emboîtées deux autres barres ver- ticales destinées à supporter une poulie ; ces puits, en raison de leur nom- bre et de leur construction, donnent au paysage un aspect tout particulier; une excavation en plan incliné est pratiquée au voisinage de chacun d'eux et sert au va-et-vient nécessaire pour tirer ou faire descendre, au moyen d'un cordage, les outres qui servent à puiser l'eau- ces outres, largement ouvertes a leur partie supérieure, se prolongent inférieurement en un tube assez long, qui est relié au cordage de traction par une corde glissant sur la margelle et dont la longueur est telle, que le tube destiné à laisser écouler l'eau est relevé tant que l'outre n'a pas atteint la margelle, et ne s'a- baisse que lorsqu'elle a dépassé ce niveau ; l'eau déversée est reçue dans un petit bassin peu profond, généralement situé à peu près à la hauteur de la margelle elle-même, et de là est dirigée dans les saguia. — Après quel- ques instants de repos, pris sous la tente des hôtes, où nous sont apportés en abondance des dattes et du lait fermenté, nous nous empressons de de- mander des chevaux pour aller visiter les dunes, à l'exploration desquelles nous devons consacrer le reste de la journée. La partie de la plaine que nous traversons pour nous y rendre ne nous offre que bien peu d'espèces à noter, car elle est entièrement cultivée et la moisson est déjà faite-, nous n'y recueillons guère, au milieu des touffes dePeyaniim Harmalu, que le Convol- vidus supinus et le Trigonella anguina. Les dunes de sable mobile très accidentées, et où, sur quelques points, de vastes excavations ont été creu- sées par les tourbillons de vent, nous offrent en excessive abondance les Saccocalyx satureioides, Rétama Duriœi var. phœocalyx , Genista Saharœ, Calligonum comosum, Anabasis articulata-, VEphedt^a alata, qui est égale- ment abondant sur quelques points, est loin d'y acquérir un aussi beau développement qu'à la première station où nous l'avons observé, car il est brouté par les chameaux, et coupé pour servir de bois de chauffage. Dans ces sables, nous retrouvons la plupart des plantes caractéristiques de ces terrains dans la région, auxquelles sont associés une espèce nouvelle (ï Arlhratherum déjà observée par M. Reboud entre Guerrara et Hadjira, le SÉANCE DU 16 JANVIER 1857. 11 Smignrja longiMyla que MM. lîoissier et Rcuter viennent de distinguer du S. yEgyptiaca et que M. IJalansa avait découvert à Saada près Biskra, et Y Asphodelus penduUnus que nous n'avions encore vu qu'à ('.liellala Daiua- nia. — La matinée du 20 est consacrée tout entière à la préparation de nos plantes, et vers midi nos préparatifs de départ sont achevés-, mais il nous faut attendre jusqu'à quatre heures les chevaux et les chameaux qui doivent nous servir pour nous rendre à Brézina. (La suite à la jjrochaine séance.) NOTES SUR QUELQUES ESPÈCES NOUVELLES D'ALGÉRIE, par MM. L'. €0;alement rapporté au sous-genre Eualyssum; il se distingue de VA. scutigcrum par le calice à sépales assez épais, accrescents après la floraison et caducs seu- lement à la maturité de la silicule et par les étamines à filets ordinairement non appendiculés. Cladanthus Cass. (charact. emend.). Cladanthus Cass. in Bull. soc. philum. 1816, p. 199, et in Did. TX, 3^2, atl. cah. m, t. 9; Less. Syn. 249; DC. Prodr. VI, 18; Kndiich. Gen. pi. n. 2646. Capitulurn multiflorum, heterogamwn, flosculis radii uniseriatis, iigu- latis, styli abortu et ovario effœto neutris, disci tubulosis hermapbroditls. Involucri bi-triseriati foliolis latissime membranaceo-scariosis. Recepta- culi conici vel hemisphœrici paleœ tôt quot flores persistentes, rarius deci- dua; , scariosse rigidee vel raembranacese, acutœ, nervo medio résina sca- tente, interdum fibrillis piliformibus intermixtis. Flosculi ligulati radii tubo compresso ; (/«'se? tubo interne plus minus incrassato ampliato infra insertionem plus minus producto et ovarii partem superiorem obtegente, limbo 5-dentato. Antherœ ccaudatœ. Stigmata disci apice truncata exappen- diculata ibique penicillata. Achœnia glabra, obovata, compressa, immargi- nata vel anguste albo-marginata. Pappus nullus. — Plantse in regione me- diterranea occidentali crescentes, plus minus ramosœ, glabrescentes vel pubescentes, foliis alternis vel inferioribus oppositis, indivisis, in lacinias 2-3-palmatifidis, vel pinnatipartitis, lobis linearibus infegris vel bi-trifidis, capitulis solitariis foliis involucrantibus bracteatis vel ebracteatis, ad dicho- tomias et apice ramorum sessilibus vel ramos superne aphyllos pedunculi- formes terminantibus, succo resinoso odoris, flosculis ligulatis croceis, lutescentibus vel lacteis, disci concoloribus vel lutescentibus. Le genre Cladanthus nous ayant offert en Algérie deux espèces nouvelles des plus caractérisées, les C. pedunculatus et Geslini, nous avons cru devoir donnernon-seulement la description de nos espèces nouvelles, mais encore celle du genre dont les caractères devaient être notablement modifiés. Seclio l. Eugladânîhus» — Capiliila foUls b»'actéata, ad dichoto- mias et apiee ramorum sessilia, flosculis ligulatis croceis. Receptaculum H SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. fibrillis piliformibus paleis immixtis prseditum.Paleœ concavae demiim su- perne subcucuilalae, dorso laiiigerae. Flosculorum disci tuhus inferne tere- tiusculiis vix incrassatus. Achœiiia immarginata. — Folia pinnatipartita, lobis lincaiibiis iterum bi-trifidis. Cladanthus Arabicus Cass. , loc. cit. — Anthémis Arabica L. Sp. 1263; Sm. Spicil. 9, t. 16. — Anthémis proliféra Pers. Syn. pi. II, Zi67. — Chamcemelum proliferum Mœnch Suppl. 257. In locishyeme hnmidis, torrentium in alluviis, in glareosis : in Hispaniâ austialiore prope J/fl/flr/rt(Boissier). In regno Marocano ad Mogad or [Evouss. ). — In provinciaB Oianensis regione littorali et interiore nec non in Sahara, Nemours et Lada Maghrnia (Bouigeau), Tlemcen (Desf.), in planitiebus excelsis supra Tlemcen ( Munby ), ad basim montis Taelbouna! prope palmetum Asla^ ad aranem Oued Al far a ! intev Arba el Tatani eiEl Abiod Sidi Cheikh, in petrosis ad amneni Oued Sadana haud procul a Brézina-^ in provincise Cirlensis parte australiore prope Biskra! (Balansa pi. Alger, exsicc. n. 775). — In regno Tunetano prope Gabes (Kralik pi. Tun. exsicc. -o. ah). — In Arabia haud obvia secundum De Caudolle. Sect. II. Mecomischus. — Capitula ebraeteata, ramos apice aphyl- los pedunculiformes terminantia, flosculis ligulatis pallide luteis vel lacteis. Receptaculum libriliis paleis immixtis destitutum. Paleee canaliculato-con- Cavee, dorso parce pubcscentes. Flosculorum disci tubus inferne plus minus incrassatus compressus. Achaenia albo-submarginata. — Folia indivisa, ,vel inferiora in lacinias 2-3-palmatifida superiora indivisa. .-., INoraen sectionis e verbis grœois fxyjxo; (lougitudo) et \>.îg/o^ ( pedunculus) conflatum, Nous avons dû renoncer au nom de Mischanthus que nous avions d'abord donné à cette section du genre Cladanthus dans l'exsiccata de M.Bourgeau, car ce même nom avait été déjà attribué par M. Anderson (in Ofvers. of K. Vet. Akad. jorh. 14 mars 1855) à un genre de la famille des Graminées voisin des Irnperata. Cladanthus pedunculatus Coss. et DR. Planta annua, sœpius pluricaulis; caulibus teretibus, inprimis in parte superiore adpresse pubescentibus, subsimplicibus virgatis, vel superne in ramos florigeros virgatos laxe corymbososdivisis ; foliis adpresse breviter- que pubescentibus, sessilibus, alternis, elongato-lincaribus, inferioribus superne in lacinias lineares 2-3 divergentes pahnatifidis, superioribus in- divisis ; cupitulis apice ramorum clongatorutn superne aphiillorwn pedun- culiforrniwn post anthesim apice plus minus incrassatorum solitariis; imolucro caaipanulato-hemisphajrico, adpresse pubescentc, foliolis pluri- SÉANCE DU 16 .lAîSVIRR 1857. 15 bus,si(htrtseriofis, exteriorihm Innceofatis norvo medio promiinilo margine scariosis, interioribus oblongis Inte seariosis; receptacalo conico ; jxileis persistent ihus, scariosis rigidis, ovato-lanceolatis acumiiiatis, supeniedorso pubescentibus; (losculoruin radii ligida elongata lutescente; flosculorum disci tubo brevi, infewie incrassato subcompresso, infra insertionem pau- lulum producto et ovarii verticem obtegente. — Maio-junio. In arenosis inter segetes prope Mostaganem ! (Balansa pi. Alger, cxsicc. n. 79). Cladanthus Geslini Coss. ap. Kralik in Bourgeaup/. Alger, exsicc. n. 190 et 190 bis. Planta perennis, basi ramosissima, dumosa cœspites raaximos efficiens; caulibus teretibiis, cinereo-albescentibus cortice rimoso infibrassœpiusso- hito, inferne saspius arena mobili \{\-\mç,\"&\?, frutescentibus, ramos florigeros virgatos plurimos emittentibiis, rarnis subsimplicibus viigatis vel superne laxe corymboso-ramosis ramulis pube brevissima subtomentosa demum detersibili obtectis ; foliis utrinque pube stellata brevissima canescentibus, sessilibus, inferioribus ramoruni oppositis, superioribus alternis, oblongo- îinearibus, obtusis, indivisis, integenimis, crassiasculis, subuninerviis nervosubtus prominulo ; capitulis apice ramoruni ramulorumve elongato- rum superne aphyllorum peditncul iformium solitariis;m?;o/i/ero hemisphae- rico, pube brevissima stellata canescente, foliolis paucis, extei'ioribus late ovatis dorso crassiusculis nervo medio prominente subcarinalis scariosb- marginatis, interioribusoblongislatissime scariosis; receptaculo bemisphae- rico; paleis deciduis, membranaceis, ovato-lanceolatis acuminatis, dorso superne tautum puberulis ; flosculorum radii ligula elongata, lactea; floscu- lorum disci tubo elongato, inferne subincrassato compresso-ancipiti, infra insertionem producto et ovarii partemsuperiorem obtegente. — Maio-junio. In aggeribus arense mobilis in Sahara Algeriensi et in planitierum excei- sarum parte Saliarœ confini : in provincia Oranensi prope Leumbahl ad septentrionem vici Arabici Ain Sefissifa ; in provincise Algeriensis ditioue Laghouat! baud infrequens (Geslin) ubi primum inventus. Pyrethrum Gayanum Coss. et DR. ap. Kralik in Bourgeau pi. Alger, exsicc. n. 226. Planta perennis, caudice lignoso sœpius tortuoso pluricipite, cortice cl- nereo-fuscescente, in radicem fusiformem abeunte; caulibus pluribus, im- îïiixtis nonnullis sterilibus, 10-35 ccntim. iongis, graciiibus, simplicibus vel subsimplicibus, basi foliatis superne aphyllis, erectis, saltem in parte inferiore dense pubescentibus -, foliis pubescentibus vel cinereo-villosis, pal- lide vireutibus, insurculis sterilibus et in parte inferiore caulium approxi- raatis, linearibus superne in lacinias 3 palrnatifidis, laciniis linearibus 16 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. elongalis divergentibusapice acutis mucronatis ssepius iterwn2-Z-furcatis, superioribus 2-3-furcatis vel iiidivisis linearibus ; capitulis apice caulium supenie longe apbyllorum pedunculiformium solitariis; imolucro subhe- mispbserico, adpresse pubescenti-villoso, foliolis omnibus acutis, margine pallide fuscescente scariosis,exterioribus lanceolatis, intcrioribus oblongo- lanceolatis; receptaculo convexo, epaleato^ flosculis iifjulads albis dorso roseo'purpurascentibus, tuho compressiiisculo, ligiila oblonga apice subin- tegra vel obtuse 3-/;-denticulata involiicro subœquiloiiga ; flosculis disci albis superne purpureis, tubo compresso ; achœniis glabris, exalatis, cou- formibus, teretiusculis, fiisco-nigrescentibus, sz/6-10-eos/!rt//s, costis acutis subccqualibus rcgiilaribus albidis, omnibus pappo coroniformi membranaceo hinc elongato-auriculœfonni achœnio et flosculis disci subœquilongo supe- i^atis. — Maio-junio. In rupestribus et petrosis iimbrosis regionis montanœ inferioris mon- tiumSaharœ confinium in provincia Oranensi: in rupestribus montis Djebel Rharnoug! inter Taoussera et Leumbah ad septentrioiiem vici Arabici Ain Sefissifa, circiterad 1200 metra-, in petrosis umbrosis montis Djebel Tael- bouna! prope palmetum Asln, circiter ad 1350 metra (P. Mares). Nous dédions cette belle plante à M. J. Gay, dont les beaux travaux sur le groupe des Antliémidées sont connus de tous les botanistes, et qui, depuis longues années, nous donne de nombreux témoignages de l'affection qu'il nous a vouée et de l'intérêt qu'il veut bien porter à nos travaux. — Le P. Gayanum se distingue des autres espèces du groupe des Leucoglossa DC. [Prodr. VI, 53) par les feuilles bipalmatifides à divisions linéaires, par l'involucre à folioles toutes aiguës, par les fleurons ligules blancs en dessus, roses-purpurins en dessous, par les fleurons du centre blancbâtres inférieu- rement et pourpres au sommet, par les akènes tous surmontés d'une cou- ronne membraneuse prolongée en forme de languette. Pyrethrum Maresii Coss. ap. Kralik in Bourgeau pi. Alger, exsicc. n.l98. Planta perennis, caudice lignoso ssepius tortuoso pluricipite, cortice cinereo-fuscescente, in radicem fusiformem abeunte ; caulibus ssepius pluribus, immixtis nonnullis sterilibus, 10-30 centim. longis, gracilibus, simplicibus vel subsimplicibus, basi folialis, superne aphyllis, erectis vel diffuso-ascendentibus, inferne dense sericeo-pubescentibus, superne pu- bescentibus; foltis sericeo-pubescentibus, in surculis sterilibus et In parte inferiore caulium subapproximatis, linearibus superne m lacinias ^ palma" tifidis, laciniis linearibus breviusculis vel clongatls divergentibus apice ncutis mucronatis vel cuspidatis sœpius indivisiÉ^ superioribus sœpius in- divisi8 linearibus; capitulis apice caulium superne longe ophyllorum pedun- culiformium solitariis ; involucro câmpanulato-bemisphacrlco, ssepius parce pubescenle vel glabrescentC) fùliolis oùtusisy morgim niyro'fuscesccnte sca* SÉANCE nu 16 JANVIER 1857. 17 riosiit, cxterioribus ovato-laiioeolatis, intorioribiis oblon^is; rcceptaculo convexo, epaleato; flosculis ligulads piimiim liiteisûein purpiiraseentibus post anthcsim atro-purpitreis, tiibo coniprcssiusciilo, liniila oblonga ampla apice sul)integra vel obtuse 3-^-(lonticulata invohiero siibaîquiloHga ; flos- culia (lisci luleis dernwn purpurascentihiis, tiiho tercti ; aclunnih glabris, exalatis, conformibus, teretiusculis, fusco-nigreseentibus, si(0-\0-ci)Slatis, costis aciitis subauiualibiis rogularibus albidis, omnibus pappo roronifonni membrenaceo liinc avrindwformi ncluPiiio et flo^cidis disci sithdhnidiobi'e- viore mperatk. — Maio-junio. Iii rupestribus et petrosis umbrosis moiUium Sabaiœ confinium in pro- vincia Orancnsi : montis Djebel lion Kascliba! ad caciimen, circitcr ad 1500 metra, haud prociil a castello Aïn Den Khelil (kralik); in parte su- periore xï\q\\W% Djebel 7)ielbouna ! pvo^c palmetum yls/fl, circiter l:?i00-1800 metr. (P. Maiès). Nous dédions cette espèce à M. le docteur Paul Mares, qui l'a découverte à l'une des localités indiquées, et (|ui nous a accompagné dans notre dernier voyage en Algérie en 1856, pendant lequel il nous a secondé dans nos re- chercbes avec autant de zèle que de dévouement. — Le P. Maresii doit être placé à côté du P. Gaijanwu, dont il diffère par les feuilles à divisions ordinairement indivises, par l'involucre ordinairement à peine pubescent ou glabrescent à folioles obtuses scarieuses noirâtres aux bords, par les fleurons ligules d'abord jaunes passant ensuite au pourpre, par la couronne mem- braneuse des akènes n'égalant qu'environ la moitié de la longueur des akènes et des fleurons tubuleux. — Par la forme de l'involucre et la couleur des fleurons après la floraison, il se rapproche beaucoup du P. Arundanum Boiss, (T'û?/. Esp. 317), qui ne nous est connu que par deux échantillons imparfaits, recueillis dans la Sierra de las Nieves, en Andalousie, et par la description de l'auteur; mais il nous parait en différer par le port plus ro- buste, par les tiges feuillées inférieurement, et non pas presque nues, par les feuilles ordinairement simplement palmatilides, et non pas bi-tripalma- tifides, par les capitules plus gros, par les fleurons ligules d'abord jaunes, et non pas d'un blanc rosé, par les akènes présentant ordinairement 10 côtes, et non pas 5-6 côtes, Pyrethbum tbifurcatum Willd. Sp. III, 2158; DC. Pvodr. VI, 61. — ChrysanthemumirifurcatumDeîiL\ Atl. Il, 281, t. 235, f. 2. Planta annua, glabra, a basi in caulcs 5-30 centim. longos simplices ve! subsimpllces basi foliatos supcrne aphyllos divisa, caule cmtrali erecto, làteralibus erectis ascendentibusve.rarius simplex ; foliis in parte inferiore caulium approximatis, subcarnosis, lincaribus in lacinias l-k supeyne pal- matifidis vel pinnatifidis laciniis linearibus sœpius elongalis patentibus apice calloso-mucronatis indivisis vel rarius iterum 2-3-furcalis, superio-» T. IV, % l8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. ribus paucis indivisis linearibus; capitulis majusculis, apice caulium ramo- rumque superne longe aphyllorum pedunculiformium solitariis; involucro subhemisphaerico foliolis obtusis exterioribiis margine pallide fiiscescente scariosis lanceolatis vel ovato-lanceolatis, interioribus oblongis margine late scariosis superne inappendicemscariosam amplamexpansis; receptaculohe- misphairico, epaleato ; flosculis ligulatis disco concoloribus luteis, tubo compresso-bialalo, ligula oblonga involucro lougiore; flosculorum disci tubo compresso-ancipiti -, uchœniis glabris, exalatis, radii compressis facie ventrali elevato-bicostatis in poppitm membranaceurn coroniformem hinc auriculœformem longiusculum productis^ disci tereti-subtriquetris, fuscis, sub-\Q-costatis, coslis promiuentibus subœqualibus albis subhyalinis^j/ws minus undulatis, pappo coroniformi crassiusculo aibo subhyalino multicos- tulato iuœqualiter inter costulas acheenii costarum processus dentato supe- ratis. — Aprili-junio. In coUibiis argilloso-arenosis, in arenosis et glareosis Sabaïae Algeriensis et desertiTunetani ; in proviucia Ciitensi in ditioue Biskru! (Jamin, Ba- lansa pi. Alger, exsicc. n. 781); in regno Tuuetano prope Kairouan (Desf.). Pyrethrum macrocephalum Coss. et DR. — Chrysanthemmn macrocepha- lum Viv. FI. Libye. 56, t. 10, f. k. Planta perennis, glabra, caudice lignoso, tortuoso, pluricipite, cortice griseo-cinerascente rimoso, in radicem fusiformem abeunte; caulibus plu- ribus, saipius immixtis non nullis abortu sterilibus vel tardiusfloriferis, 15- 35 centim. longis, simplicibus vel subsimplicibus, basi foliatis, superne aphyllis, erectis; foliis in parle inferiore caulium subapproxiuiatis, sub- carnosis, linearibus in lacinias 3 superne palmadfuiis laciniis linearibus sœ- pius abbreviatis patentibus apice albo-callosis callo mucronato indivisis vel non nunquam iterum dentato-2-'6-furca(is, superioribus paucis indivisis linearibus; capitulis magnis, apice caulium superne longe apbylloruni pe- dunculiformium solitariis; involucro subbemisphserico, foliolis obtusis exterioribus margine pallide fuscescente scariosis ovato-lanceolatis, interio- ribus oblongis mrt/'^me ssepius deraum fuscescente late scariosis superne in appendiceni scariosam amplam expansis ; receptaculo convexo, epaleato-, flosculis ligulatis disco concoloribus luteis, tubo compresso-ancipiti, ligula oblonga apice grosse irregulariterque 3-Zi-denfata dentibus obtusis invo- lucro longiore ; flosculorum disci tubo compresse; ac/iœniis g\i\bns, exala- tis, subconformibus, radii compressiusculis facie ventrali valide 3-costatis et dorso5-costulatis, à'isci. te retiusculis fuscis, sub-lO^costatis, costis pro- minentibus subicqualibus regularibus albidis, omnibus pappo coroniformi membranaceo crassiusculo margine subintegro vel iuœqualiter deutatosw^e- ratis. — Aprili-junio. In arenosis, argilloso-arenosis et glareosis planitierum excelsarum aus- SÉANCE nu 16 JANVIKU 1857. 19 traliorum et regîonisnioiitanic iiireiioris moulium Saharéc Altierieusi cnnCi- nium : in piovineicc Aljiei'iciisis ditioue Zahrcs inler Borihur et hji'lfa (Boiuluelle, Pu'hoiul) ; in provincia Draiicnsi prope castclhim Aïn lien Khclil! ad nieridioni laeus a.'slateexi3iccatiC'/(0^^f/ llharbi haud iiilVequens (Ivralik ap. Bourgeau pi. Alger, exsicc. n. i9i), ad vicum Arabicunwlm 6'e/?ss//'rt/, in parte iut'eriore inontis Djabd TaeWouna! [yvope palmetum Asla circiter ad 1200 motia, prope vicum Arabicum Macta! — In regno Tnpolitano ad Tripolim (sec. Viviani). JNous avons cru devoir donner la description comparative des P. trifur- catum et macrocephalv.m (|ni, n'étant connus que par des éclumtillons im- parfaits, avaient été confondus par plusieurs auteurs. M. Bâillon fait à la Société la communication suivante: DE QUELQUES PARTICULARITÉS QUE PRÉSENTENT LES ORGANES DE LA FÉCONDATION, par M. II. BAÎLL01\I. On peut s'attendre, en examinant les organes de la fécondation dans les végétaux, à trouver que la nature y a préparé tout ce qui pouvait faciliter l'imprégnation de l'ovule. J'expose ici quelques-uns des moyens qu'elle em- ploie pour atteindre ce but, dans un certain nombre de plantes, mais no- tamment dans un des grands groupes de la Dicotylédonie. L'inflorescence est, pour ainsi dire, un premier moyen de préparer l'ac- complissement de la fonction dans les plantes à fleurs unisexuées. On sait qu'en général, lorsque cette inflorescence est indéterminée, épi ou grappe par exemple, les fleurs mâles se trouvent au sommet, les femelles à la base. Au contraire, lorsqu'il s'agit d'une inflorescence centrifuge, une fleur femelle termine généralement l'axe principal et peut èti-e seule de son espèce, tandis que toutes les fleurs périphériques sont staminées ; ou encore, les cymes se- condaires sont aussi terminées par une fleur femelle entourée de fleurs mâles en nombre variable. Parmi les plantes que l'on cultive dans nos jar- dins, le Ricin offre, au premier abord, une exception frappante. On sait, en effet, que sur l'axe principal de son inflorescence sont disposées à droite et à gauche un assez grand nombre de petites cymes. Celles-ci sont à la partie supérieure composées de fleurs femelles, en bas de fleurs mâles. Iji un mot, les étamines sont au-dessous des pistils. Une disposition fréquem- ment observée rend, on peut le dire, cette exception incomplète et rétablit jusqu'à un certain point la règle générale dont nous avons parlé. II n'est pas rare, en effet, de trouver vers le milieu de rinflorescence des cymes mixtes; j'appelle ainsi celles où sont réunies des fleurs des deux sexes. Or, dans ces cymes mixtes, les femelles redeviennent terminales et centrales, les mâles sont périphériques. 20 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Ce fait est de quelque importance dans une plante qu'on pourrait faire servir à des expériences sur la fécondation. Dansées cymes, en effet, on pourrait croire, après avoir coupé le iiaut de l'inflorescence, n'avoir plus affaire qu'à des fleurs nulles, au milieu desquelles demeurerait cachée une fleur femelle. Il est vrai que cela n'aurait pas le même inconvénient que l'existence de fleurs staminées là où l'on ne croirait rencontrer que des pistils. Mais si je cite cet exemple, c'est surtout pour montrer qu'en géné- ral on ne saurait prendre trop de précautions pour se prémunir contre ces causes d'erreur dans les expérimentations. Les anomalies sont nombreuses; en voici quelques exemples. Je ne rappelle pas ici les fleurs de Chanvre, d'Epinard, de Mercuriale, et de plusieurs autres plantes ordinaiiement dioïques, mais où les étamines et les pistils se rencontrent fréquemment sur un même pied. Ces faits doivent être maintenant regardés comme hors de toute contestation. Mais je vais plus loin, en montrant que des fleurs naturellement unisexuées peuvent de- venir exceptionnellement hermaphrodites ou que les organes d'un sexe peuvent porter une portion de ceux du sexe contraire, qu'un filet staminal peut porter des ovules et des anthères, qu'un pistil peut porter des loges pleines de pollen et des stigmates ; et cela, dans des fleurs de grande taille, où cette promiscuité ne saurait être soupçonnée sans un examen attentif et pourrait faire révoquer en doute les résultats des expériences les plus importantes. Ainsi, il se trouva, cet été, dans l'Ecole de botanique du Muséum, un pied de Iticirius rutilans dont presque toutes les fleurs inférieures, au lieu d'être réduites aux étamines, étaient hermaphrodites. T/androcée était par- faitement développé ; le gynécée l'était également. Au centre de la fleur s'élevait un ovaire à trois loges superposées aux trois sépales 1, 2 et 3 ; un style à papilles stigmatiques bien développées surmontait ces loges, dans lesquelles des ovules parlaits avaient déjà été fécondés et grossissaient chaque jour. J'ai plusieurs fois observé d'ailleurs que, dans ces cas d'ano- malies, les fleurs qui réunissaient les deux sexes étaient nombreuses sur un même pied. Il n'est pas douteux que la présence anormale d'un androcée dans le même périanthe que l'organe femelle n'aurait ici échappé à aucun observa- teur. Mais il n'en est pas de même pour le fait suivant : une fleur femelle de Ricin avait les styles très longs, tout garnis de papilles stigmatiques ruti- lantes. Du milieu d'elles se détachaient (|uelques filets blanchâtres portés par le même style et chargés d'anthères. D'autres anthères sessiles se cachaient en même temps à moitié entre les papilles. Ici l'erreur eût été très facile. 11 en eût été à peu près de même dans un Croton Tiglium que j'ai observé. Une fleur mâle avait son réceptacle prolongé en cône. Sur le sommet de celui-ci s'épanouissait une fleur femelle incluse, qui s'était pédi- SÉANCE DU 16 JANVIER 1857. 2f culée à son tour et s'élevait au-dessus du périanthe de la fleur d'où elle était issue. On a pu citer uu graud nombre de laits où celte confusion anormale des sexes est telle, que l'un d'eux n'existe qu'incomplètement. On voit, par exemple, dans la planche 38 du Imité d'Organogénie florale de M. Payer, une étamine de Dionœa dont le (ilet porte latéialement au-dessous de l'an- thère un ovule également bien développé. J'ai rencontré une Courge où certains appendices charnus entourant l'androcée s'élevaient chargés l'un d'un ovule, les autres de plusieurs. (Chacun de ces ovules semblait bien développé; il avait subi un mouvement anatropique complet et portait un raphé saillant dans toute sa longueur, (tétaient donc là des placentas anor- maux se dressant en liberté dans l'intérieur du périanthe. Je me borneàciter ces faits, dans lesquels il semble que la nature multi- plie, en vue de la conservation de l'espèce et en violant ses propres lois, les moyens de reproduction. J'arrive maintenant à l'evamen de quelques organes qui semblent destinés à assurer le même résultat en favorisant le rapprochement du pollen et de l'ovule. Chacun connaît le beau dessin que M. de Mirbel a donné de l'ovule de l'Epurgeet en même temps de ce petit corps celluleux qui vient le coiffer au moment de l'anthèse, en envoyant un petit prolongement danslemicro- pyle. Depuis, le nombre des plantes chez lesquelles on a observé un corps analogue est devenu considérable. Les Statice sont remarquables par l'élé- gance de ce petit chapeau qui dépince le funicule pour pénétrer dans le micropyle. Les Urticées possèdent un petit corps analogue, représenté plu- sieurs fois par M. Weddell dans les planches de sa belle monographie. M. Payer Ta montré très nettement coiffant l'ovule des Lins. Les Polyga- lées en ont un semblable, et M. Moquin-Tandon l'a vu présentant de grandes variations dans sa forme et ses dimensions. Je l'examinerai ici spécialement dans les Euphorbiacées. Il apparaît, dans ces plantes, un peu après l'ovule, porté comme lui sur l'axe du pistil, qui s'arrête dès qu'il l'a produit. D'abord, ce n'est qu'un petit mamelon celluleux; puis il s'étend de plus en plus, prenant la forme d'une cloche ou d'un bonnet dans les Euphorbes, d'un auvent dans les Ricins, d'un casque dans les Sapium, d'un long cylindre infléchi dans certains Janipha. Entre ces types, tous les intermédiaires de forme se rencontrent. Toujours à la face inférieure est un prolongement conique aigu, qui pénètre dans l'exostome de l'ovule. Le moment où celui-ci est complètement bou- ché correspond au développement maximum de ce petit chapeau ; dès lors il cesse de s'accroître; il diminue même de volume, mais il ne disparait pas complètement et prend part à la formation d'un oigane plus complexe qu'on ne l'a pensé jusqu'ici, la caroncule. Plusieurs auteurs de traités dogmatiques, Ach. Richard entre autres, le 22 SOCIÉTÉ BOTAMQUK DK FRANCE. regnrdaient, théoriquement sans doute, comntie devant former la caroncule. Il n'en est pas ainsi; la caroncule vient de la graine elle-même, de sa pi'imine; mais quand le gonilement de i'exostome a formé cette caroncule, le petit chapeau persistant en partie demeure appliqué sur celle-ci. Le liicinus inermis .lacq. permet d'observer facilement ce fait. Sa caroncule blanche est formée de deux lobes distiucls. Entre ces deux lobes s'en pro- duit un troisième, tranchant sur les précédents par sa couleur rutilante. C'est !(' petit chapeau, dont les cellules allongées sont pleines de matière colorante. Quand la graine est mûre, ce petit chapeau se détache de l'axe, séparé peut-être de lui par la pression de la caroncule, et demeure attaché à elle. C'est qu'en effet la caroncule grossit et se déplace pendant que le reste delaprimiue disparaît: l'accroissement extrême de I'exostome est balancé par la destruction du reste de l'enveloppe ovulaire externe. Mem- brane mince, transparente, chatoyante, la primine va tomber désormais en poussière, tandis que le testa si dur qui recouvre la plupart des graines de ces plantes devra son origine à une portion de la seeondine. Probablement le chapeau du tissu conducteur est destiné à mettre le pollen en communication avec lenucelle. Toujours il marche à sa rencontre. J'ajoute ici que la réciproque est vraie. Le chapeau va vers le nucelle, mais, en même temps, le nucelle s'étend vers le chapeau. Quelques exemples, pris parmi les plus saillants, vont mettre ce fait en lumière. Examinons un jeune ovule de PIvjllanthus. Le chapeau vient de recou- vrir son micropj'le-, alors le nucelle, obtus jusque-là, s'allonge et s'effile, son sommet sort de i'exostome; il le dépasse et va se mettre en contact avec le chapeau. Ce développement du nucelle n'est qu'un état transitoire. Quel- ques jours après l'anthèse, il est devenu de nouveau court et obtus, les enveloppes de l'ovule couvrent son sommet. Celui dQsJatrop/ia, des d^oton, présente le même développement, mais poussé plus loin. ÎNulle part je ne l'ai vu plus considérable que chez le Codiœum pictum. Ce prolongement uucellaire y atteint la longueur de l'ovule lui-même, sinon davantage, et forme une longue colonne qui va s'insinuer entre les deux lobes du chapeau de tissu conducteur. Mais c'est surtout celui du Crozopliora tinctoria qu'on ne peut voir sans admiration. A mesure que le nucelle se prolonge en de- hors du micropyle, son sommet s'évase, se dilate; bientôt il a pris la forme d'une petite raquette ou, si l'on veut, d'un battoir. Il e-t positif qu'alors ce battoir se coude sur son manche et, se rabattant en dedans sur les deux lobes du chapeau, lesapplique contre I'exostome. En présence de ces phénomènes, on ne peut s'empêcher de penser que ces plantes doivent offrir i)eaucoup de ressources à l'étude des mystères de la fécondation. C'e>t un point sur lequel nous aurons naturellement à appeler l'attention de la Société. SÉANCK DU 30 JANVIER 1857. ^ M. Cosson (lil qu'il a eu occasion de conslaler, chez les Eu[)horl)es d'Algérie, que la forme de la caroncule l'ournit des caractères spécili- ques très tranchés et très constants. M. Bâillon ajoute qu'on efl'et la caroncule des Euphorhiacées pré- sente des formes très variées, mais fixes dans chaque espèce. M. Duchartrc demande à M. Bâillon s'il a ohservé ce qui se passe dans l'intérieur du chapeau et quelle est la route suivie par le hoyau pollinique.. Ce dernier pénètre-t-il dans le nucelle par le sommet ou par un |)oint latéral? M. Bâillon répond qu'il n'a pas eu occasion d'examiner suffisam- ment ces faits pour émettre une opinion précise à leur égard. M. Duchartre fait observer que M. Bâillon n'a pas parlé du rôle du nucelle, qui d'ordinaire prend part à la formation des téguments. Si la primine devient extrêmement mince, la secondine formerait le premier tégument et le nucelle le second. M. Bâillon est d'avis que c'est la secondine qui forme les deux téguments. 31. Weddell demande comment s'opère le mouvement de la caron- cule vers le funicule pour opérer comme un coin et détacher la graine. RI. Bâillon dit que le chapeau est réduit à très peu de chose, et que la caroncule voyage sur le reste delà graine; le micropyle se trouve ainsi plus ou moins éloigné de la caroncule. SEANCE DU 30 JANVIER 1857. PRÉSIDENCE DE M. MOQUIN-TANDON. M. Duchartre, secrétaire, donne lecture du procès-verhal de la séance du 19 janvier, dont la rédaction est adoptée. Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, M. le Président proclame l'admission de: M. BoiTARD (Emmanuel), docteur en médecine à Martigny (Indre), présenté par M3I. Comar et L. Soubeiran. M. le Président annonce, en outre, une nouvelle présentation. 2A SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Dons faits à la Société : 1» Par M. le comte Jaubert : Glossaire du Centre de la France, tome II. Paris, 1856. 2» Par M. Ed. Prillieux : De la stinœture anatotnigue et du mode de végétation du Neottia Nidus avis. 3° En échange du Bidletin de la Société : Journal de la Société impériale et centrale d'horticulture de Paris^ numéro de décembre 1856. L'Institut, janvier 1857, deux numéros. M. le Président annonce à la Société que, iM. de Schœnefeld ayant été appelé par elle aux fonctions de vice-secrétaire et étant devenu ainsi membre de droit de la Commission du Bulletin, le Conseil a dû, dans sa séance de ce jour, pourvoir à son remplacement comme membre électif de ladite Commission. Le choix du Conseil est tombé sur 31. T. Puel. En conséquence, conformément à l'art. 28 du règle- ment, M. T. Puel est proclamé membre de la Commission du Bulletin pour l'année 1857. Lecture est donnée d'une lettre de M. Gavino-Gulia, qui remercie la Société de l'avoir admis au nombre de ses membres. M. Montagne donne lecture de la communication suivante adressée à la Société: OBSERVATIONS MICROSGOl'IQUES SUR L'ORGANISATION, LA FRUCTIFICATION ET LA DISSÉMINATION DE PLUSIEURS GENRES D'ALGUES APPARTENANT A LA FAMILLE DES DIGTYOTÉES, par M.W. CROL'AX frères, pharmaciens. {Suite.) (Brest, 24 décembre 1850.) Dans nos deux précédenles notices (voyez le Bidletin de la Société, t. II, p, 639 et f)hk), nous avons analysé les genres Punctaria, Asperococcus, Striaria, Halyseris, Dictijosiphon, Stilopliora, Culleria et Giraudia ; au- jourd'hui nous sommes heureux de pouvoir faire connaître les observations que nous avons faites sur les genres Zanardinia, Agtaozonia, Dictyota et Zonaria, et d'en entretenir la Société. Genre Zanardinia Nardo, Crouan, raser, Zanardinia collaris Cr., niscr, — Zonaria collarisAg. Crouan, Alg. mar. Finisl., vol. I,n° 75. Eu sectionnant la fronde en lames ou tranches très minces, nous avons SÉANCE DU 30 JANVIER 1857. 25 observé que tout rintcrieur ct;iit formé par un tissu cellulaire à cellules hcxa"onak'S irrégulières, toutes pourvues d'un imcleus chromulaire au centre, plus larges vers la partie inférieure de la fronde, et diminuant de volume jusqu'au stratum externe supérieur, qui est épais, très dense et formé par trois rangées superposées de très petites cellules hexagonales qui ne peuvent être bien appréciées qu'à un fort grossissement. La fructification forme, à la surface de la fronde, des sores plus ou moins étendus, épais, irréguliers, ressemblant un peu, à l'extérieur, à ceux de VAfjlaozonia. Elle consiste en sporanges nombreux, longuement pédicellés, analogues à ceux du Cutleria-^ mais à pédicellés simples, implantés immédiatement sur le stratum externe, tandis que, dans les Cutleria laciniata et Culleriaadspersa^ ils sont sessiles et fixés sur des filaments rameux articulés -, on observe de plus, à la base des sporanges, des anthéridies à pédicellés courts, simples aussi, nombreuses, peu colorées, très étroites, cylindriques, dressées, nive- lées, à articles très rapprochés, formant une zone sous les sporanges et n'atteignant que la hauteur des pédicellés de ceux-ci. D'après la diagnose générique que nous venons de présenter, nous sommes naturellement portés à séparer cette Algue du genre Zonaria, où l'avait laissée M. J. Agardh qui n'en connaissait pas la fructification ; nous ne pouvons non plus la réunir au genre Cutleria avec lequel elle a beaucoup d'affinité par son fruit, mais pas assez pour l'y incorporer; elle s'en éloigne encore par ses anthéridies à pé- dicellés simples entremêlés aux sporanges (c'est un fait singulier dans la fa- mille qui nous occupe que cette réunion des sporanges aux anthéridies); enfin par l'organisation tissulaire de sa fronde qui n'offre pas à sa surface, comme dans le Cutleria adspersa, des stries rayonnant vers la périphérie, où elles s'épanouissent en filaments articulés, colorés, et libres entre eux; et par une coloration jaunâtre. Le Zanardinia collaris, au contraire, jeune ou adulte, ne nous a jamais offert de lignes rayonnantes sur la surface de son tissu qui, à l'état vivant, est d'un brun noirâtre, ni des poils hyalins ou colorés à son pourtour ; sa surface est lisse. Il est probable, et tout nous porte à le croire, que les jeunes individus qui croissent sur les vieilles frondes du Zanardinia et que l'on a décrits comme étant entourés d'une couronne de poils colorés, ne sont que de jeunes Cutleria adspersa^ que nous avons trouvés quelquefois parasites sur ces vieilles frondes. Le 8 août, nous récoltâmes des échantillons couverts de sporanges qui avaient presque totalement disséminé leurs sporidies^ cependant il y eut ' encore une nouvelle dissémination de celles-ci qui nous ont paru identiques avec celles du Cutleria laciniata et de VAglaozonia ; elles se sont compor- tées, dans leurs mouvements et leur développement, comme celles des deux genres précités. D'après nos études, nous croyons que ce genre doit prendre place immédiatement après le Cutleria. 26 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGÉ. Genre Aglaozonia Zanard. Aglaozonia reptans Kùtz. sp. — Zmiaria reptans Crouan, Alg. mar, Finist., vol. I, n' 74. En faisant des sections perpendicnlaires et très minces de la fronde de V Aglaozonia ., on y remarque, au microscope, que le centre ou stratum In- terne est formé par deux ou trois rangées de grandes cellules hyalines hexagonales ; et le stratum externe par une seule rangée de cellules de même forme, mais beaucoup plus petites et très colorées par la cbromule. La fructification consiste en petits sores irréguliers, noirâtres, comme veloutés, isolés ou rapprochés, quelquefois confluents, dételle sorte qu'alors ils cou- vrent presque toute la surface de la fronde. Ces sores sont formés par des sporanges subcylindriques, inarticulés, légèrement épaissis à leurs sommets qui, à cette partie, offrent un espace hyalin bien accusé ; ils sont nombreux, très serrés, et renferment chacun huit sporidies superposées; ils ne sotlt point accompagnés par des némathèques, ni par des poils. Le 5 avril 1856, après un fort coup de vent du sud, nous trouvâmes sur la plagede Poulic-an-toul, rade de Brest, une grande quantité à'Ascidia intestinalis sur lesquels croissait V Aglaozonia reptans Kùtz. , qui couvrait quelquefois toute la surface de ce mollusque ; nous eûmes le plaisir de voir la dissémination des sporidies de cette espèce : elle fut assez abondante pour former, autour de l'assiette où était déposée la plante, un cercle de couleur jaune. Ces sporidies, examinées au microscope, nous ont offert un mouvement assez vif et semblable à celui que nous avions observé sur celles des genres Cutleriaet Zanardinia'^ lasporidie, pendant sa locomotion, a la forme ovoïde ou pyrique; la matière chromulaire qu'elle renferme occupe seulement les deux tieris de sa capacité et laisse la partie supérieure hyaline. Ces sporidies sont un peu plus grosses que celles qui s'observent générale- ment sur la plus grande partie des genres de la famille des Dictyotées, elles ont une grande similitude, relativement à leur diamètre etcà la disposition de la cbromule, avec celles observées par nous sur les Cxitleria et Zanardinia. Il règne encore un peu d'obscurité sur quelques espèces composant le genre Zonaria J. Ag.; la cause en est, nous le croyons, que la fructi- fication de ces espèces n'a pas été suffisamment analysée ; c'est afin de cher- cher à la faire disparaître, que nous les avons étudiées avec soin. Nous croyons que M. Ji Agardh n'aurait pas réuni au Zonaria V Aglaozonia, si M. Areschoug, qui le premier en a décrit la fructification, avait mieux connu la nature des sporanges et leur contenu, et ne les avait pas considé- rés comme ne renfermant qu'une spore. Le caractère remarquable des spo- ranges dans ce genre, de renfermer huit grosses sporidies superposées, nous montre une affinité, sous ce rapport, avec ceux des Zanardinia ti Ciitleria, qui n'en contiennent aussi que huit ; mais dans ceux-ci elles sont disposées SÉANCE ini 30 JANVIKH 1857. 27 sur deux rangs, le sporange est cloisonné longitudinaicmcnt et transversa- lement; ce qui n'existe pas dans VAglaozonia. Genre Dictyota Lamour. On voit sur la coupe mince et perpendiculaire de la fronde du Dirtyota dichotoma, une seule rangée de grandes cellules incolores, presque carrées (stratuni interne); puis dans les parties qui forment les surfaces.^une ran- gée de petites cellules remplies de chromule d'un jaune brun (stratura ex- terne). Ces cellules corticales donnent naissance, en se transformant, à deux sortes de fruits, tantôt à des sphérospores ou tétraspores, difficiles à apercevoir à l'œil nu, espacés ou rapprochés, tantôt à des cystocarpes ayant l'aspect de sores oblongs irréguliers, très visibles à l'œil nu; mais ces deux sortes de fruits ne sont Jamais l'éunissur le même individu. Les sphérospores nous ont montré un fait intéressant et particulier : c'est que leurs spores, de couleur jaunâtre, offraient, immédiatement après leur dissémination, une forme ovoïde allongée, et présentaient quatre divisions transversales dans la chromule, de telle sorte que l'on aurait cru avoii-^ffaire à un tétraspore zone plutôt qu'à une seule spore ; elles ne jouissaient pas d'une action vitale sufiisante pour revenir sur elles-mêmes, se contracter et former une sphère, comme cela se voit généi-alement sur les spores qui, au moment de la dissé- minalion, sont ovoïdes ou pyriques, et prennent ensuite la forme tout à fait sphérique. Nos spores se sont développées au bout de huit jours, en donnant naissance à un système inférieur formé par des filaments incolores, articu- lés, simples ou rameux • quant au système supérieur, il représentait la spore un peu plus allongée offrant encore ses quatre divisions zonées dans la chromule. Les cystocarpes, dont chaque cellule pyrique ne contient qu'une spore, ainsi que le dit M. Thuret (1), et non un tétraspore, comme l'a repré- senté i\L Harvey (2) dans sa superbe Phycologie britannique, sont bien re- marquables; nous avons été assez heureux pour voir la dissémination des spores qu'ils renferment; ces cystocarpes, formés par quinze à vingt-quatre cellules de la couche corticale, qui sont devenues pyriques par leur déve- loppement, disséminent leurs spores assez lentement ; les spores en sortant de leurs cellules s'étranglent, ce qui nous fait voir que l'ouverture par où se fait leur sortie est plus étroite qu'elles ; puis, disséminées, elles prennent la forme sphérique. On observe aussi sur les dichotomies supérieures du Dictyota dichotoma, mais sur des individus qui n'ont ni l'une ni l'autre fructification dont nous venons déparier, des espèces de petits sores elliptiques ou arrondis, faisant (1) Recherches sur la fécondation des Fucacées {Ann, des se. nat.^ h' série, t. 111, p. 26). (2) Phycologiabritannica, planche 103. '• • ' 28 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. saillie sur les deux faces de la fronde et formés par la cuticule de celle-ci qui se tuméiie. Vus par leur surface, à un faible grossissement du micros- cope, ces sores nous présentent des points noirs dus aux sommets des fila- ments qu'ils contiennent, car leur position verticale ne permet de voir que leurs sommets qui ont l'aspect de petites sphères; la cuticule, à mesure de l'accroissement des filaments qu'elle renferme, se dilate, et les petites émi- nences qu'elle forme ressemblent bien à une fructification; enfin elle se déchire pour leur donner issue, et finit souvent par disparaître entièrement; quelquefois cependant il reste encore, à la base des filaments, des fragments incurvés de cette cuticule; les filaments, continuant à croître, nous mon- trent des articles moins longs ou aussi longs que larges, devenant, dans leurs sommets qui sont obtus, une et demie ou deux fois aussi longs que larges et remplis par un nucleus de sporidies ; ces filaments se détachent avec facilité de la base sur laquelle ils sont fixés, quand on fait pour l'analyse des coupes minces de ces faux sores que l'on prendrait facilement, à la coupe, pour des groupes de sphérospores, si, par l'analyse, on ne s'assurait pas de leur organisation réelle. Ces filaments ou fructification sporidiaire, que nous venons de décrire, ont beaucoup d'analogie avec ceux qui constituent V Elachistea stellulata Griff., très petite Algue qui pullule sur la fronde du Dictyota dichotoma. Nous croyons, d'après nos études et nos analyses, que les poils jeunes, figurés par M. Thuret (1), pourraient bien être les filaments de V Elachistea stellulata dans leur pi'cmier développement; ils ne sont point les poils qui se développent çà et là sur toute la fronde de ce Dictyota, car ceux-ci ont, même à l'état jeune, des articles vers la base plus larges que longs et remplis de granules grisâtres, les autres parties de ces poils ont des articles quatre à six fois plus longs que larges et sans chromule ; ils sont toujours presque incolores. Genre Zonaria J. Ag. En sectionnant en lames minces la partie inférieure de la fronde du Zo- naria lobata Ag., pour en étudier l'organisation, nous avons vu au micros- cope qu'elle est formée, à l'intérieur, de quatre rangs de cellules presque rondes, comme cela se voit aussi dans le bas de la fronde du Padinapavonia, et de trois séries seulement dans la partie supérieure où elles ont une forme rectangulaire; nous avons éprouvé un bien vif plaisir en découvrant dans ce Zonaria une fructification bien curieuse, qui nous donne un caractère générique de plus pour ce beau genre ; elle est formée par de petits cylindres presque droits ou incurvés, articulés, à articles aussi longs que larges, con- tenant chacun une sporidie ; ces petits cylindres, par leur réunion, forment (1) Recherches sur la fécondation des Fucacées {Ann. des se, nat,, k* série, t. III, pi. 2.) SÉANCE DU 30 JANVIER 1857. 29 à la surface de la partie supcrieure de la fronde des zones conccntiiques d'une couleur brun noiriitre ; cette fructification, à un faible grossissement, offre l'apparence des anlhéridies du Cutleria laciniata. La grande similitude du tissu cellulaire du genre Zonnria avec celui du Padina nous fait penser que ce dernier genre doit avoir aussi des sporidies dans des organes analogues; nous sommes d'autant plus fondés à le croire, qne les filaments décrits avec doute par M. J. Agardb, comme étant des anthéridies, seraient la fructification sporidiairedu genre Padina. M. Gaillard fait à la Société la communicalion suivaiile : IDÉE GÉNÉRALE DE L'INFLORESCENCE, par M, A€H. CiUILLJtRD. I. Définition. — Linné a créé le mot m/?o?-escen^/a pour désigner, comme il le dit lui-même, ce que Ton appelait modus florendi. Il en donne deux ou trois définitions, dont la plus générale est celle-ci : Inflot^escentia e.tf dans lequel se succèdent lesfleurssur les groupes et les groupes sur la plante. Cet ordre d'évolution n'est pas moins constant que la production des organes eux-mêmes : il parait donc avoir beaucoup plus d'importance que les considérations qui ne s'appliquent qu'à la forme des groupes, à la disposition et à la longueur de leurs supports. C'est pour- quoi , dès que je commençai , il y a plus de vingt ans, mes recherches sur . (i) Phphia bot., n. 163, Xf, p. ll/i, 1" édit., et n. 279. (2) Op. cit., n"' 82, llG-il8. L'inflorescence est un mode, ce n'est pas un être. înflorescere, entrer en fleur, devenir fleur, comme inardescere, entrer en flammes, inalbescere, devenir blanc. Linné a employé aussi le mot florescentia [Clav. clas- Sîum en tcie du Gênera) pour signifier fleuraison ou groupe floral. On a fait con- fusion de ces deux termes, dont le sens est pourtant bien difl'érent : on a pris trop souvent injlorescentia pour groupe floral. Groupe floral est aussi court qu'inflo- rescence ; il n'y a donc pas de raison suftisante pour détourner infurrescentia du sens que lui a donné Linné, son auteur. Si l'on ne veut pas groupe floral, on peut adopter anthémie, mot élégant qui a été employé par plusieurs, ftO SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. l'inflorescence, à l'instigation de mon excellent maître C.-N. Seringe, je pensai qne la question d'ordre primait toutes les autres en ce sujet, et que le buta poursuivre devait être de découvrir les lois à^ ]a successiondes fleurs [l) . C'est sous cette forme plus claire et plus complète que m'apparut alors la pensée implicitement contenue dans les définitions du lén;islateur de la botanique. Si j'ai consumé de longuesannées dans cette poursuite, j'en ai été dédommagé par une abondante moisson de phénomènes intéressants et variés, peu observés jusqu'à présent, surtout peu décrits ou vaguement exprimés, quoique leur défaut laisse dans la science une très grande et incontestable lacune. R. Brown est le premier, à notre connaissance, qui ait éveillé l'alten- tioudes botanistes sur cette branche si importante de la physique végétale. Il y fut conduit par l'exception apparente que présente un genre de Com- posées, chez lequel les capitules semblent s'ouvrir du dedans au dehors, contre l'analogie bien comme de cette famille. Il remarqua que si, dans les Composées ordinaires, les fleurs de cha(|ue capitule s'épanouissent du dehors au dedans, lasuccession des capitules suit un ordre inverse, puisque, après le capitule terminal et central qui s'épanouit le premier, les capitules axil- laires évolvent l'un après l'autre, sur les ailes, précisément dans l'ordre où ils s'éloignent du primordial. De cette seule remarque il induisit que les capitules d'Fchinops sont uniflores, et que cette tète serrée que l'on prenait chez eux pour un capitule simple et hétérodoxe, est un ensemble de capitules s'ouvrant selon la loi commune. Ainsi disparut l'apparente exception, et le genre qui faisait la difficulté rentra dans l'analogie invaria- ble de sa famille (2). Huit ans après, Rœper releva l'idée émise par Brown et qui semblait n'avoir point germé. Il y ajouta de nombreux exemples, desquels il conclut que toutes les plantes pouvaient être rangées en deux grandes classes, selon que leur inflorescence se rapportait à l'une ou à l'autre des deux marches contraires qui avaient été signalées. Son mémoire {Mél. bot. de Seringe, 1826), important pour l'histoire de la science, ne doit être consulté qu'avec précaution, parce que l'idée de \a position des fleurs y est partout mêlée à celle de leur succession : ce qui a laissé dans cet écrit une confusion pénible, et l'a rendu impropre à fixer la nomenclature, MiM. Bravais qui, à l'occasion de leurs études sur la phyllotaxie, ont fait de nombreuses observations sur l'inflorescence, se sont mieux inspirés de l'idée jetée en avant par B. Brown. Leur travail, qui est considérable sans être complet, semblait devoir exciter le zèle et l'émulation des amis de la science, eu leur faisant sentir l'immense lacune qui existe en cette partie (1) Formules botaniques, thèse inaugurale, 1835. Vocabulaire oryanoyraphi- que, p. 65, (2) Linn. Trans., 1817, XII, p. 98, SÉANCE DU 30 JANVIEU 1857. 31; (lelal)otanique. Comment se fait-il qu'il soit resté vingt anssans continuation et sans fruit apparent? Comment se fait-il que plusieurs ouvrages impor- tants de botanique systématique et descriptive (ouvrages très recomman- dables sous tous les autres rapports) aient paru depuis cette épo(iue et pa- raissent tous les jours, sans que l'on y remarque un soin suffisant de déterminer l'intlorescence par des expressions claires et précises, et de lui donner le rang que l'on ne peut plus lui refuser parmi les caractères dis- tiuctifs des espèces, des genres et des familles, et parmi les grands traits révélateurs de leurs affinités? Je hasarderai deux explications de ce fait triste et singulier. Je crois, avec Adr. de Jussieu(l), qu'il faut l'attribuer d'abord à l'absence de termes techniques clairement définis, et propres à représenter avec concision les observations qui constituent cette nouvelle branche de la science. Rœper ne s'est pas occupé assez longtemps de l'inflorescence pour sentir le besoin d'en compléter le langage et d'en préciser les expressions. MM. Bravais, qui l'ont tenté, n'ont pas fourni aux botanistes, il faut bien le reconnaître, ce qui était nécessaire pour que l'inflorescence entrât d'em- blée et de plain-pied dans les ouvrages descriptifs. Leur terminologie n'a pas été ordonnée sur une vue d'ensemble, sur une théorie assez large. Ils ont forgé uu certain nombre de mots qui ne répondent pas assez, pour la plu- part, aux idées générales qu'ils devaient représenter; et ils ont en outre dé- tourné arbitrairement les termes les plus usuels, épi, grappe, cyme^de leur sens généralement accepté. C'était heurter de front et sans nécessité les ha- bitudes, et mettre un obstacle presque volontaire au résultat pratique de leurs travaux. La seconde cause à laquelle j'attribue l'inflorescence négligée, je la dis avec plaisir devant vous, Messieurs, parce que je crois que vous y avez porté remède : c'est l'isolement dans lequel les botanistes vivaient et exé- cutaient leurs travaux avant l'institution de votre Société. Sans doute on peut observer avec fruit dans le silence de la solitude 5 on peut décrire con- venablement ce que l'on a observé, sans autre aide que la collation des échantillons et des descriptions antérieures. Mais les idées générales ne mûrissent qu'au soleil de la discussion : elles n'ont de prix que par l'assen- timent qui leur est donné. Voilà pourquoi, en rapprochant les hommes qui cultivent la botanique , en leur créant des communications périodiques et fréquentes, en leur donnant la facilité de se connaître, de s'écouter et de s'entendre, les fondateurs de notre Société ont rendu un important et in- contestable service à l'histoire naturelle, ont bien mérité de notre chère et , aimable science, et en ont assuré les progrès plus sûrement encore par cette seule idée de réunion, réalisée au moyen de leur activité, que par les excel- ■ (1) Mém.i|/ws., 1830, XIX. 32 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. lents ouvrages dont la botanique est redevable à la plupart d'entre eux. II. Progression et récurrence. — Lorsque l'on commence à étudier les lois de l'inflorescence, on remarque d'abord deux marches opposées dans la succession des fleurs. Si l'on a sous les yeux un rameau de Tropœolum, on voit que les fleurs s'y produisent et s'y épanouissent dans le même ordre que les Feuilles, de bas en baut, la fleur aînée étant à l'une des aisselles in- férieures, et les autres se suivant à cbacune des aisselles qui viennent au dessus, par rang d'âge, en sorte que la plus jeune, la dernière épanouie ou la dernière produite, est au sommet du rameau, ou le plus près de ce som- met. Ainsi, la première loi d'inflorescence, qui est la loi de progression, est en même temps une loi de pbyllotaxie. Elle appartient en quelque sorte moins aux fleurs qu'aux Feuilles. On sait, en effet, que les Feuilles se for- ment l'une à la suite de l'autre, par une série régulière et ascendante, les plus jeunes étant invariablement les plus éloignées du point de départ. Seu- lement le point de départ de l'inflorescence se trouve presque toujours au dessus do celui de la pbyllotaxie, qui est dans l'embryon pour la tige, et au bas du bourgeon pour la branche. Si l'on passe de là à un Aquilegia^ on trouve qu'au contraire la fleur aînée occupe le sommet de la branche et de la plante, et que les autres fleurs se produisent dans l'ordre inverse de la production des Feuilles, de haut en bas, les plus Jeunes étant les plus voisines de la racine. Et, comme il n'y a sur cette plante aucune trace de la progression florale observée sur Ib précédente, on est porté à admettre que l'empire des fleurs est partagé en deux grandes provinces, dont l'une comprendrait les plantes à inflorescence progressive, et l'autre les plantes à inflorescence rétrograde. Mais, si l'on pousse plus loin ses observations en revenant au Tropœolum d'abord étudié, on s'aperçoit qu'il est soumis, lui aussi, à la loi de rétrogra- dation, puisque la fleuraison, après avoir commencé sur la branche princi- pale, paraît ensuite sur les branches secondaires et dans le même ordre que l'on vient de trouver sur Aquilegia, ordre inverse de la progression; c'est-à-dire que la branche qui fleurit la première après la branche princi- pale est celle qui est immédiatement au-dessous de la fleur primordiale, et que les autres branches florifères s'épanouissent d'autant plus tard qu'elles en sont plus éloignées. Chacune des branches secondaires du Tropœolum répète, à son tour, ce qui s'est passé sur la principale, développant en bon ordre la double progression des Feuilles et des fleurs. La répétition a lieu aussi et dans le même ordre sur Aquilegia ; seulement au lieu d'une grappe ou progression de fleurs, il n'y a qu'une fleura répéter. II y a donc ici une seconde loi d'inflorescence, qui consiste en ce que l'évolution quelconque, soit de plusieurs fleurs, soit d'une fleur unique, qui a lieu d'abord sur une branche, s'opère ensuite de la même manière et dans un ordre constant sur les autres branches de la plante. sÉxNfir: nu 30 janvier 1857. 33 Celte loi, que l'on pont Dommcr loi de n'-pcUilion ou loi de rkcurrknce, a pour clïot griiéral l'unili' de coinposition vc'gt'talc. INullo autre ne la sur- passe en étendue : elle embrasse le règne végétal tout entier. Elle agit sur les Monoeotylées de la même manière (jue sur les Dicolylées-, et, sous ce rapport, il n'y a aucune différence entre un Croci/fi et un CIténe. Elle s'ap- plique à toutes les plantes sans exception, puis(|ue celles dont l'extrême simplicité s'arrête <à la production d'une seule fleur ou d'une seule progres- sion, peuvent être regardées comme manquant du développement normal, et que, pour constituer une exception formelle, il faudrait une plante se développant constamment en opposition avec la loi qui nous occupe, ce qui n'a pas été observé. Il parait donc rationnel, attendu la simplicité reconnue des grandes vues delanatuie, d'admettrequelinflorescence est réglée d'après un plan unique dont les deux ordonnées principales sont : progression et récurrence. La très grande majorité des familles végétales offrira la réalisation de ces deux termes, tantôt d'une manière simple et laissant à chacun d'eux son in- dépendance (Crucifères, Polygalées, Trémondrées, Tropéolées, etc.), tantôt à divers degrés de complication et d'interférence, qui mériteront d'être exposés pour chaque famille. Dans un petit nombre de plantes, le déve- loppement semble appartenir tout entier à la progression, (primitive ou conti- nuée), et la régression s'efface: Palmiers. Dans certaines familles, au con- traire, la progression est comme supprimée, ou résumée en la seule fleur terminale, et toute répétition appartient à la récurrence: Hypéricées, Rutées, Géraniacées, Caryophyllées, ctc Dans quelques plantes enfin, la vie s'épuise sur une fleur, et progression et récurrence sont condensées et confondues en un seul point : quel(|ues Renonculacées, Ranuncuhis Krapfia DC. (Deless. ic. T, 35), Oxi/graphis :, Orithyia uniflora (Brit. fl. gard. mai 1836) ; PtC' rostylis (Guill. austral.). On peut même regarder théoriquement la progression et la récurrence comme perpétuellement entrelacées et se pénétrant en quelque sorte l'une l'autre: car, si toute fleur terminale peut être considérée comme résumant une progression, toute fleur axillaire peut être regardée comme préparant une récurrence. Cette dernière considération est fondée sur ce fait, qu'il est peu de pédicelles axillaires qui ne portent 2 bracféoles indiquant qu'il peut venir à leur aisselle 2 boutons plus jeunes, par conséquent récurrents; ce que l'on vérifie dans une foule de familles (Berbéridées, Celtidées, San- guisorbées, Ternstrœmiacées, Balsaminées, Éricaeées, Scrofulariées), et même dans celles qui jouissent le plus notoirement du développement pro- gressif: Ribésiacées, Malpighiacées, Orobanchées, Protéacées, Papiliona- cées, etc. 11 importe peu que le développement se fasse au large, sans parcimonie, él eu donnant a chaque fleur une Feuille aisselliéi'c formelle et complètement T. IV, . p 3â SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. constituée (F(?ro«?Vrt agrestis, Capparis spinosa, Celtis australis), ou qu'au contraire il se contracte, rapproclie les fleurs en groupe, et, par l'effort de la production florale, amoindrisse ou transforme les Feuilles, les fasse Brac- tées, les efface même tout à fait, comme on le voit à divers degrés sur tous les pédoncules raultiflores : l'ordre des successions n'est pas troublé, les lois établies sont respectées (sauf de très rares exceptions); la grappe des Groseilliers, le capitule des Composées, la tète ovée des Protéacées, le demi- globe de Jasione^ des Globulaires, le cylindre de Pkyteuina, le cbaton du Coudrier, l'épillet des Graminées, des Cypéracées, restent progressifs, la Cyme capitée des Salsolacées, celle des Polemoniacées, des Laurinées, conservent leur rétros'adation. Par l'effet des deux lois que nous venons de reconnaître, la tige d'un végétal phanérogame bien développé et en pleine fleuraison se distribue en deux zones ordinairement très distinctes: la zone supérieure, qui se com- pose de la fleuraison primordiale, progressive et ascendante, et la zone in- férieure qui comprend tout ce qui se produit par récurrence au-dessous de la première. Prenons par exemple Scrofulariu [cauina ^ nodosa, aqua- tica, etc.). Ces plantes fleurissent en une grappe composée terminale qui se développe progressivement a partir du plan où apparaît la première fleur, et qui forme la zone supérieure. Au-dessous de ce plan se produisent les rameaux axillaires récurrents dont l'ensemble forme ce que nous appelons la zone inférieure; ils portent une fleuraison semblable à la primordiale, la répétant l'une après l'autre dans l'ordre rétrogressif et descendant. Ainsi, il y a, dans la hauteur de la tige, un plan de partage au-dessus et au-dessous duquel le développement général relatif à l'inflorescence suit deux cours diamétralement opposés : ce plan est celui où s'épanouit la fleur aînée. Chaque branche est, sous ce lapport, l'image de la plante entière, ou plutôt la plante elle-même n'est qu'un ensemble résultant de l'associa- tion régulière d'êtres semblables entre eux et semblables au tout. Car la même marche ascendante et descendante s'observe à tous les degrés du développement et pendant toute la vie du végétal. Cette double marche est représentée aussi par le développement en sens contraire de la tige et de la lacine. Ce sont toujours des effets de la loi gé- nérale d'expansion que j'ai signalée dans d'autres circonstances (1), et qui pourrait s'appeler ici loi d'expansion bipolaire. III. Loi d'affaiblissement. — Sur un pied de ]'erbascum, le plan de par- tage est ordinairement vers le milieu de la plante. C'est là que s'épanouit la première fleur du premier groupe latéral. La fleuraison parcourt succes- sivement toute la légion supérieure à ce plan, sur lequel elle élève une ma- gniflque pyramide. Dans le même temps la récurrence développe les (1) Observations sui- la moelle des plantes ligneuses {Ann. des se. nat., 1847). SÉANCi: nu 30 janvii.r 1857. 35 rameaux inlV'iicurs selon leur iiuniéco il'ordre, et chacun, dans celte région descendante, reproduit à son tour, mais avec moins de grandeur, la pyra- mide primordiale. Car la répétition affaiblit ordinairement les groupes qu'elle reproduit, soit par progression, soit pai- récurrence (1). On voit sur les branches récur- rentes de Verbascum que les Cymes sont beaucoup moins complexes que sur la tige principale; et sur cette tige elle-même, qui n'est autre chose qu'un opulent pédoncule terminal, les Cymes inférieures sont beaucoup plus complètes que les autres, qui vont en s'amoindrissant à mesure ([u'elles sont plus élevées, perdant successivement leurs rameaux, leurs pédicelles suppléants, jusqu'à devenir en beaucoup de cas Cymes uniflores. Leptomeria Billardieri R. Br., qui porte grappe (spiciforme) axillaire, a les grappes supérieures réduites à une fleur. Cette loi d'affaiblissement (qui a bien quelques exceptions) est néanmoins très générale, et mérite fort d'être observée, parce qu'elle est très efficace pour fixer le jugement sur certains cas obscurs de l'inflorescence. Elle sert aussi à faire disparaître d'apparentes exceptions, à ramener à l'unité de plan des phénomènes que l'on aurait crus dissemblables, à rétablir la con- stance des vues de la nature là où elle semblait défaillir, et aussi à préciser le sens de quelques expressions vagues employées dans les descriptions, telles que /jerft) aussi de rejetons [Nebcnschossen] ([ui naissent de la racine en nombre tel, » qu'on peut en compter jusqu'à mille sur un seul pied ; beaucoup de ces re- » jetons lleurissent en même temps quela plante-mère. » L'auteur donne de ce phénomène une ligure ou l'on distingue sur un des côtés cinq rejetons en fleur qui n'ont point affaibli la vigueur de la grande inflorescence. Au Mexique, M. de Humboldt a reconnu l'importance des rejetons: « I.a » tige, dit-il, périt après la fleuraison. Une infinité de diageons naissent » alors de la racine du pied qui vient de périr, car il n'y a pas de plante » qui se multiplie plus facilement (3). » M. de Martius compare V Agave à la Pomme de terre, au Palmier qui pro- duit le sagou [Metroxylon] et à la Canne à sucre, dont les tiges-mères péris- sent après la fleuraison, mais dont les rejetons persistent et se développent sous la terre {h). M. Ch. Martins mentionne aussi expressément la reproduction de V Agave par drageons {Bull, de la Soc. bot. de Fr., t. II, p. 8). Dans les pays où \' Agave est cultivé en pleine terre, celte plante est tou- jours traitée comme vivace : à Nice comme au Mexique, et partout sans doute, on le propage non de semences, mais de lejetons. Quant à l'espace de temps nécessaire pour qu'un rejeton arrive à fleuraison, M. Mentoléro m'a assuré qu'à Nice il faut sept an?. M. de Martius compte dix ans à Li- vourne, à Valence de huit à dix, à Palerme quatre ou cinq, à Alger de quatre à six. Les indications sur l'âge des Agave qui ont fleuri après avoir passé leur vie dans les serres, se rapportent sans doute à peu près toutes à des sujets propagés de rejetons, et non à des plantes venues de graines. (1) Clusius, Rarior. pi. Hist., 1601, pi. CLX, fig. dextr. {Aloë americana). (!2) Siricius, Deschreibimg derer im hochfurstUchen gottorpischen prœchtigen Gartensehv rar bluhenden Aloen, ivorunter zivo grosse amerikanische. Schleswig, 1705. (o) IJumboldt, Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, t. III, p. 158. (/i) Martius, Beitrag zur Natur iind tJterargefickichte der Agaven {Bullet.de VAcad. des se. de Munich) . A6 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Nous venons de voir que V Agave americanu est une plante vivace. II reste à signaler quelques plantes qui présentent des faits plus ou moins analogues. Le bourgeon terminal de V Agave périt après la fleuiaison, tandis que per- sistent les bourgeons latéraux. La même chose a lieu dans un très grand nombre de plantes, et d'abord dans les arbres, par exemple dans le Marron- nier (y^scw/ws) et le Lilas [Syringa], dont la pousse terminale périt après la flegraison, tandis que les bourgeons latéraux subsistent. Mais c'est parmi les plantes herbacées vivaces (pourvues de rhizome) qu'il faut surtout cher^ cher les analogues de V Agave, par exemple le Polygonatum anceps , dont le bourgeon terminal se développe eu inflorescence an printemps et meurt ensuite, bientôt remplacé par des bourgeons latéraux, nés pendant la fleu- raison et qui fleuriront l'année suivante, après avoir pris le développement de la tige florale précédente. Mais la grande différence de cette plante, rela- tivement à V Agave ^ c'est que sa tige est persistante, tandis que celle de l'A^aye périt tout entière. Le Crocus vernus , la Pomme de terre et VEpilo- bium palustre ov\\.^\\\?, d'analogie avec notre plante, car ils perdent leur tige ?iprès la fleuraison , conservant leurs bourgeons latéraux, sous la forme de tubercules ou de stolons, pour fleurir l'année suivante. Toutefois, les rap- ports physiologiques ne sont pas tout à fait les mêmes : car les bourgeons, dans les plantes que nous \enons de nommer , ont la faculté de fleurir dès l'annéesuivante, tandisque ceux de iVl^ayeeiviploient à cela plusieurs auuée^; ils appartiennent donc à une autre classe de bourgeons. Indépendamment de la faculté de fleurir, nous pouvons, chez beaucoup de plantes, distinguer deux sortes de bourgeons. Dans la Jacinthe, par exemple [Hyacintlius orientalis) , outre le bourgeon principal [Hauptknospe Irmisch Zwiebelgewaechse, p. 78) , qui est latéral et placé à côté de la hampe, nous avons plus bas et à l'aisselle des écailles inférieures, d'autres bourgeons plus petits (bulbilles , Nebenzwiebeln (X\vm\^ch) , ùiHéYinxA du premier en ceci qu'ils ne peuvent pas, comme lui, fleurir dès l'année sui- vante.' Ces bulbilles ne représentent néanmoins pas encore les rejetons de XAgave^ car ce n'est pas eux qui arriveront directement à fleuraison, mais leur descendance, et cela après trois ou quatre générations; tandis que, dans V Agave, c'est le même bourgeon qui , fortifié d'année en année, se déve- loppe tout à coup en inflorescence, après avoir végété, sans s'allonger beau- coup, de quatre à dix ans dans le midi de l'Europe, et jusqu'à soixante ans, ou même davantage dans les serres des pays tempérés. Cette dernière circonstance établit aussi un lapport entre V Agave et les arbres de nos climats, dont les bourgeons adventifs, nés sur les racines, exigent pour leur développement un temps beaucoup plus long que les bour- geons normaux sur les branche^. Mais V Agave a-t-il, comme les arbres, des bourgeons principaux, autres que le bourgeon terminal destiné à l'inflores- cence? Ou ne saurait en douter, lorsqu'on voit ce qui se passe alors qu'un SKANCR DU 30 .lANVIKU 1857. l\7 accident a prive de son bourgeon terminal un Agave prêta fleurir. Plusieurs rameaux terminés par une inflorescence naissent alors de l'aisselledcs feuilles extérieures et se développent , soit simultanément, soit l'un après l'autre. Ce fait a été ol)servé pour la première fois par Munting , à Groningue, en 1680. Il montre assez, suivant nous, que l'Agave n'est pas dépourvu de bourgeons principaux, quoique ces bourgeons, dans l'état normal de la plante, soient destinés à rester latents. Nous croyons donc, d'après ce qui vient d'être dit, ([ueV Agave ainericana produit, outre le bourgeon terminal, deux sortes de bourgeons latéraux : 1" les bourgeons principaux, qui avortent régulièrement; 2° les bourgeons adventifs, qui se développent pendant la vie de la plante-mère et persistent après sa mort pour vivre de leur vie propre, M. J. Gay fail quelques observations au sujet de cette communi- cation. Je n'ai, dit-il, rien à dire sur l'ensemble de cette note, qui renferme assu- rément des aperçus ingénieux et des observations très propres à dissiper l'erreur de V Agave monoearpique, mourant tout entier après sa floraison. Je ne voudrais y contester qu'une seule chose: c'est la qualité de bourgeons adventifs que l'auteur attribue aux stolons de V Agave. Ce point ne pourrait être établi avec certitude qu'après des observations directes, lesquelles doivent être très difficiles , lorsqu'il s'agit d'une plante adulte dont la tige a non-seulement perdu ses feuilles inférieures , mais où la trace même de leurs cicatrices a probablement disparu (1). M. Vaupell ne dit point avoir fait ces observations, et j'en conclus qu'à cet égard il n'y a dans son esprit qu'une simple supposition. Or , cette supposition n'est nullement vraisem- blable si j'enjuge, non d'aprèslesarbres de nos climats, auxquels M. Vaupell compare V Agave, mais d'après une plante vivace qui appartient à la famille des Asphodélées, c'est-à-dire à une famille voisine des Amaryllidées, dans laquelle rentre V Agave. Je veux parler de VAsphodelus luteus qui produit, comme Y Agave, des stolons souterrains destinés à remplacer la plante-mère et à la propager. Au premier printemps, ces stolons naissent en grand nombre du collet de la racine, ils s'allongent graduellement sous la terre, et viennent enfin s'épanouir à la surface du sol en une rosette de feuilles, longs alors de plusieurs pouces, jusqu'à sept pouces dans la terre meuble de nos jardins. Pendant que s'accomplit cette évolution des bourgeons, la tige- mère s'allopge, elle fleurit et meurt après avoir porté fruit. A partir de ce (1) Les rosettes qui terminent les stolons et qui, sans doute, sont organisées comme la souche-mère, offriraient indubitablement plus de facilité pour cette recherche. /i8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. moment, les stolons, détachés de la planlo-mère, vivront de leur propre vie, et suivant leur force ils arriverontà fleuraison, les uns l'année suivante, les autres dans deux ans, si ce n'est plus tard encore. Sauf les formes, c'est exactement l'histoire des bourgeons de la Jacinthe, dont M. Vaupell parle dans sa note, car il me reste à dire que les stolons de l'Asphodèle ne provien- nent point de bourgeons adventifs. Ce sont des rameaux nés , comme les bulbilles de la Jacinthe, à l'aisselle des feuilles radicales. Kn est-il de même des stolons de VAgavel L'analogie des deux plantes ne permet guère d'en douter, et c'est pour cela que la supposition contraire de M. Vaupell me paraît mal fondée. Si telle est, en effet, la vérité, V Asphodelus luteus est certainement de toutes les plantes connues de moi celle dont la végétation se rapproche le plus de V Agave americana. J'en ai fait, l'année dernière, une étude particulière. M. Germain de Saint-Pierre l'avait reconnue avant moi ; mais il est à remarquer que, lui et moi, nous avons été devancés par un auteur du xvii* siècle qui, en 1651, décrivait et figurait les stolons de V Asphodelus luteus de la manière la plus précise (J. Bauhin, Hist. u, p. 632, cum ic). Puisque j'ai la parole, ajoute M. Gay, j'en proliterai pour annoncer que les Pyrénées viennent de s'enrichir d'un cinquième Andrœa, découvert tout récemment par M. Durieu (lettre du 15 janvier 1857), parmi ses récoltes muscologiques du mois de septembre dernier (Voir le Bulletin^ t. III, p. 565). C'est V Andrœa falcata Schimp,, reconnu tel par M. Zetterstedt, le monographe tout récent des Andrœa de la Scandinavie. Cette espèce n'a- vait jusqu'ici été observée qu'en Suisse, où elle parait être fort rare. Le 26 septembre 1856, M. Durieu l'a trouvée, en petite quantité et en mauvais état, sur un rocher de schiste granitique, auprès duquel passe le sentier qui conduit au lac de Seculejo, un peu avant le lac et avant d'arriver à un ro- cher voisin où croissait V Andrœa «/pes^ris Schimp. {A, petrophila, forma (5. Zetterst.) M. Balansa dit qu'en Algérie ï Agave ne fleurit pas après ù ou 5 ans, mais seulement après 10 ou 12 ans. M. Cosson met sous les yeux de la Société plusieurs espèces nou- velles d'Algérie, et fait les communications suivantes : ITINÉRAIRE D'UN VOYAGE BOTANIQUE EN ALGÉRIE, ENTREPRIS EN I85G SOUS LE PATRONAGE DU MINISTÈRE DE LA GUERRE , par M. E. COSSOIV. (Septième partie.) El Abiod Sidi Cheikh est séparé de lîrézina par une dislance d'environ 18 lieues. Après avoir quitté notre campement, nous traversons les cultures SÉANCK DU 30 JANVIER 1857. Û9 (le la pliiiiio, qui ne nous offrent ^uèrc d'autres espèces que celles obser- vées par nous aux enviions immédiats du ksar; nous y retrouvons en outre le Centuurea, voisin du C. Calcitrapa, que nous avons rencontré à An» 15en Kiielil et dans plusieurs autres stations du sud ; la nous voyons également, dans dts dépressions argileuses, les Sisynibriwa runcinatwn , Spitze- lia lijruta , PUuitufjo ciliatn , Cldcmiijdophova pubescens , Euphorbia cabjp- tnita, etc. Bientôt nous arrivons aux vastes dunes de sable mobile (|ui , au sud, à l'est et au >iord, circonscrivent la plaine d'Ki AbiodSidi CJicikb et dont, la veille, nous avions exploré (juelques points situés au sud du ksar ; la partie des dunes (jue nous traversons nous otfie la vé^fétation des stations analogues sous ces latitudes; ainsi nous y observons les Mattltiola Iwida, Malcolmia yEgypliaca, Savifjnya longistyla, Hussonia^Egiceras, Silène vil- losa, var. nncropetala, Itetoma Dunœi var. phipocali/x, Genista Sahurœ, Ononis serrata, Uippocrepis biconlorla^ Deverra cidorantita, Scabiosa semi- papposa, Ifloga Fontanesii, Nolletia chrysocomoidcs, Senecio coronopifolius, Rhanteviurnadprei^mm, Onopordon aiiibigimm, Atractylis proliféra, Zolli- kofcria resedifolia, Marrubium Deserti^ Passerina microphylla, Euphorbia liuyoniana.Festuca Meinphidca, etc. Au delà des dunes, des terrains argilo- sablonneux ou pierreux nous offrent réunis les Helianthenum ellipticum et hirtïtmxav.Beserti, Reseda Arabica eleremop/iila, Fagorda Sinaica? , Ar- gyrolobiwa uniflorum, Uippocrepis scabra.Herniaria fruticosa, Paronychia Cossoniana, Daucus pubescens, Rlietinole pi s lonadioides, Artendsia Hcrba- alba , Atractylis (lava, Echium humile^ Echinospermwn Va/dianum, Oro- banchecernua, Phelipœaviolacea, Teucrium Polium, Lygeum Spartum, Stipa tenacissima, gigantea et parviflora, etc. — Vers dix beures du soir nous installons notre campement au pied de coteaux pierreux, nus, et notre fatigue est telle que nous nous endormons sans attendre la di/fa. I.e lende- main, 21 mai, vers trois beures du matin, nous i^ommes léveillés par la faim et la soif; nous nous empressons de tirer de l'eau des outres dont nous avons eu soin de nous munir en nombre a Kl Abiod Sidi Cheikb, car jusqu'à Brézina nous ne devons trouver sur notre route ni source ni redirpournous fournir d'eau potable; et bientôt, avec des touffes d'Artemisia Herba-alba, nous faisons du feu pour préparer une marmite pleine de cbocolat et une vaste cafetière de café qui, avec le mouton rôti pendant la nuit par les Ara- bes, doivent faire les frais de notre déjeuner matinal et nous faire oublier les privations de la veille. Vers quatre beures nous nous mettons en route , et après avoir traversé une plaine assez étendue, et dont quelques lentisques [Pistacia Atlantica) viennent seuls rompre l'uniformité, nous arrivons à des coteaux pierreux qui se continuent avec les pentes rocbeuses de la partie occidentale de la cbaine du Gour Seggueur. De la sommité de l'un des points culminants du gour, nous voyons se déi'ouler à nos yeux un vaste pano- rama de la région désertique, dont la grandeur et l'austère majesté nous T. IV. /| 50 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, impressionnent vivement, au sud-est, de nombreux ravins très accidentés se jettent dans !e Khraiieg Macheria, dont le lit, actuellement à sec, est l'un des affluents de rOued Seggueiir 5 a l'est se dessinent des montagnes basses et nues, au sud s'étend la plaine saharienne dans toute son immensité etappa- raissentdaus le lointain des coteaux abruptes, connus sous le nom de gour, et qui, à cette distance, ressemblent à des murailles gigantesques coupées de brèches régulières comme des portes; la position de Brézina n'est indi- quée que par la couleur blanche des rochers calcaires qui avoisinent le ksar. Les pentes du Gour Seggueur nous offrent réunies des plantes de la région montagneuse inférieure et de la région saharienne : ainsi nous y observons les Sedum nltissimnm, Centaureapubescens et Sonchus spinosxs, associés aux Helionthemun Cahiricum, Atractylis microcephala, Gymnocarpus decandrus, Herniaria fruticosa , Fagonia Sinaica?, Bubania Feei, Arthratherum ob- tusum et plwnosum, Farsetia linearis,elc. Un ravin assez large, bordé par des coteaux pierreux et se jetant dans le Khraneg Macheria, nous présente, sur sesalluvions argilo-sablonneuses et rocailleuses, \esPi/ret/irum fuscatum, Medicago laciniata, Rhetinolepis lonadioides. Asteriscuspygmœus, Echino- spermum Vahlinnum, Reseda eremophilu, Dianthus serrulatus var. grnndi- floj'us, Plantago albicnns, ovata el cillata, Rhanterium adpressum. Rétama Dimœi\av.p/ui'ocalyx, Calligonum comosum, Cyrtolepis Alexandrina.Fes- tuca divaricata, Cynodon Dactylon, Statice Bonduellii, Atractylis [lava, Ifloga Fontanesii, Delphinium pubescens, Anvillea radiata, etc. LeFœni- culum officinale {Besbass des Arabes) croit en abondance dans ce ravin, et nos chameliers en recueillent les sommités, qui ne sont pas encore fleuries, pour en mettre des morceaux dans leur bouche et tromper ainsi leur soif; à leur exemple, non-seulement nous en mâchons les tiges, mais, en en faisant ma- cérer des fragments triturés dans de l'eau, nous en composons une espèce de boisson. Quehiues Oliviers rabougris et des touffes espacées de Zizyphus Lotus se montrent sur les flancs rocailleux des coteaux. Nous taisons une halte à l'ombre d'un magnilique Lentisque, qui, par son feuillage touffu, nous abrite avec nos bétes, chevaux et chameaux, des ardeurs du soleil ; d'autres piedsde ce bel arbre se présentent çà et la. Un défilé étroit nous con- duit bientôt au pied d'immenses rochers de poudingue, où est creusée par les eaux une vaste grotte, et nous sommes heureux d'y trouver pour nos chevaux l'eau sauraâtre qui s'est conservée dans un redir du Khraneg Macheria. Quelques instants de repos dans cette grotte naturelle nous sont fort utiles pour reparer nos forces et celles de nos chevaux. Nous suivons pendant quelque temps le lit même du Ivhraneg, qui ne nous offre pas d'au- tres espèces que celles que nous avons déjà signalées dans la vallée qui y aboutit, et nous ne tardons pas ta arriver au pied d'un coteau au sommet duquel existent les ruines d'un petit ksar abandonné ; quelques Dattiers stériles, croissant par touffes compactes au voisinage d'une source peu SÉANCE nu 30 JAINVIER 1857. 51 ahoiidanto, indiquent seuls romplaccincnt dos anciens jardins. A partir de ce point, nous suivons le cours de l'Oued Seggueur, dont le lit, en partie desséche, est bordé de coteaux rocailleux, assez élevés et nus ; les atterris- setneuts et le lit argileux de l'oued, excepté dans les endroits déprimés (re- dii's),où l'eau dos pluies récentes s'est maintenue, forment une croule com- pacte, qui, sous l'inlluence de la chaleur, se fendille en tout sons, et dont la couche supérieure se soulève sous forme de lames minces (lui finissent par s'enrouler sur eiles-mcmes. Plus loin, de vastes dunes de sable mobile (|ui s'est amoncelé au pied des coteaux , s'étendent piuallèlement au cours de l'oued; nous en remettons l'exploration au lemlemain, car nous savons que ces dunes, où l\r. le capitaine Segrétain a observé V Asp/iodelus pendvlimis, sont une des herborisations les plus intéressantes des environs de Brézina ; nous avons hâte d'airiver à l'oasis, où nous devons installer notre campe- ment et où nous conduisent des cavaliers que Si Hamza Ben Abou Becker, khalifat des Ouled Sidi Cheikh, actuellement à Brézina pour percevoir les impôtset prévenu de notre arrivée par M. de Colomb, a envoyés au-devant de nous. Vers trois heures, nous installons notre campement à l'ombre des dattiers de l'oasis, au-dessous du \illage, et après quelques instants de repos nous visitons les jardins avec Si Hamza, tout en faisant la chasse aux nom- breux pigeons qui viennent, dans les cliamps récomment moissonnés, manger les grains détachés des épis. L'oasis de Brézina ou Berzina (jolie terre) , située sur la rive gauche de l'Oued Seggueur, à près de ùUO kilomètres du littoral, environ sous la latitude de 33° 18', et à une altitude d'environ 850 mètres, s'étend sur une grande longueur parallèlementà l'oued. Des Dattiers, au nombre de plusieurs milliers, constituent la culture principale des jardins; mais la plupart de ces arbres croissent en touffes, car on a négligé d'en éliminer les rejets, et ils sont loin d'être dans d'aussi bonnes conditions que ceux d'El Abiod Sidi Cheikh. Indépendamment du Dattier, mais en moins grande abondance, sont plantés dans les jardins le Figuier, l'Abricotier et le Pécher; çà et là on y rencoiitre quelques ]}\edsd' Opuntia. Les seuls légumes que nous y ayons observéssont, dans cette saison , l'Oignon et la Carotte; diverses variétés de Courges et d'autres Cucurbitacées (1) viennent d'être semées et ne font que commencer à lever à l'ombre des Dattiers; dans les vides des plantations et dans les endroits arrosés près de l'oued , l'Orge est cultivée en champs peu étendus, et la moisson en est déjà faite depuis quelques jours. Les jardins de l'oasis sont ari'osés par des dérivations de l'Oued Seggueur et par des puits. Nous faisons remarquer à Si Hamza qu'en établissant un barrage du (1) D'après les graines que nous en avons rapportées, et que MM. Decaisnc et Naudia ont bien voulu examiner, les Cucurbitacées cullivéos à Brézina sont les Lagenaria vulgaris, Cucumis Melo et Citrullus, Cmurbila moschataQt Pepo. 52 SOCIÉTÉ BOTANIQLE DE FRANCE, cours d'eau, qui pourrait être exécuté à peu de frais, il serait facile de fertiliser une étendue de terrain l)eaucoiip phis considérable que celle qui est actuellement en culture. — Le ksar de Brézina est construit sur une colline rocheuse qui borde l'oasis au nord-ouest; ce village, ou comntiande Si Hamza, propriétaire d'une grande partie de l'oasis, se compose d'environ 150 maisons bâties en pierres réunies par de la terre argileuse; comme dans les autres ksour, les murs extérieurs des maisons situées à la périphérie sont dépourvus d'ouvertures sur la campagne et forment, par leur réunion, l'enceinte même du ksar, ai l'on ne pénètre que par une seule entrée. Une petite mosquée et la maison de commandement de Si Harazase font remarquer par la blancheur de leurs nuirs badigeonnés à la chaux. Au nord du village et à la base du coteau sur lequel il est construit, de nombreux ravins à terrain rougeàtre, très accidente, aboutissent à l'Oued Seggueur, dont le lit longe des montagnes basses, pierreuses et nues qui se dessinent à quel- ques kilomètres au nord ; à l'est et au sud s'étend la plaine saharienne, qui, comme nous l'avons déjà dit, présente des coteaux abruptes d'argile rou- geàtre et brunâtre, coimus sous le nom de (jour et dont le plus remarqua- ble, désigné sous le nom de Gour Sidi el Hadj Ed Din, apparaît à une assez grande distance au sud, comme une immense muraille ; a l'ouest s'étendent, à la base des coteaux qui dominent l'Oued Seggueur, les dunes que nous avons déjà traversées. — Après la visite faite aux jardins , nous mettons à profit les quelques instants de jour qui nous restent pour faire une course rapide sur les coteaux calcaires et siliceux situés à l'ouest du ksai-, qui se continuent à l'est avec la colline sur laquelle est construit le village. Les sables rocailleux de ce coteau nous offrent un assez grand nombre déplantes intéressantes parmi les(|uelles nous citerons les Notoceras Canuriense,Far- setia linearis, Cleome Arabica, Helianthemum ellipticum, lîeseda eremo- phila, ErotUum glaucopJnjllum et guttatum, Fagonia Sinaica?, Argy- rolobium uniflorian, Ononisserrata, Tclephiuiit/mperati, Paronychia Cosso- niana , Hernioria fruticom, Lœflingia Hispauica, Ggmnocarpas decandrus , Eryngium ilicifolium, Danois pubescens , l'hagnalon purpurascens, Ifloga Fontanesii, Bhelinolepis lonadioides, (' Idamijdophora pidjcscens, Asteriscus pygmœus, îSoUetia chrysocouinides, Atractylis ftava, microcephala et can- cellata, Catananche arenaria, Spitzelia lyrala, Sonchus divaricatus, Coîi' volvulus svpinus, Echium hiimile , Anchusa hispida, Echinospermum Vah- lianum, Buhnnia Feei, Plantogo ciliata, Anabasis articidata, Passerina microphylla^ Allium Cupani, Arthratherum obtusitm, plumosum et ci- liatum, Triticum Orientale, etc. Les Sdpa (enacissima, Lygeum Spartum et Helianthemum hirlum var. Deserti, constituent le fond de la végétation du coteau, ou le Calendula platycarpa t%\. egalcincnt abondant. Le 23, après avoir mis en ordre nos récoltes de la veille, nous partons pour explorer lesenvirons de loasis, et surtout les bords de l'Oued Seggueur et la SÉANCK DU 30 .lAN'MKli 1857. 53 partit" de la plaine saharienne au voisinage des premiers fjoiirs, ainsi que les dunes de sable mobile au sud-ouest de l'oasis. Les atterrissements sablon- neux de la rive gauche de l'oued, à l'extrémité méridionale de l'oasis, nous présentent de nombreuses touffes de Tamarix Gallica, el nous y rencontrons dans un espace restreint un faraud nombre des espèces caractéristiques de la région saharienne, entre autres les Mnlcolmia yEgyptiaca, Enarthrocarpus clamtus, JJussonia ^Egiceras, licsedu Arabica et eremophila, Silène villosa var. micropetala, Medicago Inciniata^ Astragalifs Gombo, Pohimrpœa fra- gilis, Nnllctia chrysocomoides, Cijrtolepis Alexombnna, Ifloga Fontancsii, Onopordon ambiguurn , Centaurea polyacantUa , Kœ/pinia linearis, Statice JJonduellii, Echinopsilonmuricatiiî^, etc. L Arf/irat/icrum piingcns es,[ d'une excessive abondance dans les parties sablonneuses, et les fleurs détachées de la plante sont agglomérées et roulées en boule par le vent au pied des touffes; \' Eitp/torbia Guyoniana et le Festuca Mempldtica y sont également des plantes dominantes avec YAstragalus corrugatus var., dont les tiges en partie enfouies dans le sable ont été broutées par les bestiaux. Quelques tertres argileux qui s'élèvent au milieu des sables sont dépassés par les branches de Tamarix Gallica et de Hetama Dui'iccivav.p/iœocalyx, dont les souches et les tiges constituent le cenire de ces tumulus. Nous laissons dans le lointain sur notre gauche le coteau que surmonte le fort ruiné de Sidi el Arbi, et nous continuons pendant quelques instants à suivre la rive gauche de l'oued, dont les berges argileuses, rougeâtres et abruptes forment, sur quelques points, de véritables falaises. Ces terrains argileux ne nous offrant qu'une végétation sans intérêt, nous traversons l'Oued Seggueur,dont la rive droite est bordée de petites dunes de sable mobile, coniques ou arrondies, avec des espaces aigileux circonscrits pai' les sables. La nous trouvons en abondance, avec les autres plantes des sables de la rive gauche, le Danthonia Forskalii et le Carduncelbis eriocephahis?. Au debà de ces dunes, une plaine argilo-sablonneuse et pierreuse nous offre les Mattlnola livida, Buba- niaFeei, Gymnocarfjus decandrm, W't, Arthratherimi(\e la région, lesAfmc- tylis proliféra et microcephala, Rhanterium adpressum, Lotus pusillus, Farsetia linearis, Passerina microphylla, Telephium Imperati, Hippocrcpis bicontorta, Herniaria fruticosa, Marrubium Deserti, Catananche arenaria, Convolvulus siipinus , Echinospermun Va/ilianum , Chluntydophora pm- ùescens. Le Rétama Duriœi vai. pJui'ocalyx est très abondant dans cette plaine, où il a été brouté par les chameaux. Là nous trouvons pour la pre- mière fois le ISeuradaprocumbens, dont les calices fructifères varient de la forme orbiculaire à la forme étoilée. Dans les ravines argileuses, nous trou- vons en abondance V Andropogon laniger, et nous rencontrons quelques pieds de Phagnalon purpurascens. Après avoir constaté les caractères gé.iéraux de la végétation de cette plaine, nous franchissons un coteau pour nous rapprocher de l'oasis et travers'^r les dunes de sable mobile, où nous trou- m bfi SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. VOUS, entreautres, Iti^Asphodehts pendulinus, Silène villosa var. micropetala, Nolletia c/ir>/socomoides, Euphorbia cnlyptratn, Echiochilon frutieosus, Neu- rada procumbem, Ononis serrata. Nous nous empressons de regagner notre campement, dont nous sommes séparés par une distance de plus d'une lieue, car nous avons à supporter une clialeui- accaljlante au milieu de ces sables échauffés par les rayons du soleil et où, malgré l'heure peu avancée (10 heures du matin), le thermomètre indique comme température du sol /i6 degrés. Nous retrouvons sous la tente M .Al. Mares et Valette, tout occupés de prendre des vues photographiques et des dessins de l'oasis et des groupes de Dattiers ({ui ombragent notre tente. A 6 heures, après avoir terminé la préparation de nos récoltes, nous allons remercier Si Hamza.qui était venu nous visiter plusieurs fois, pour s'assurer par lui-même que le caid ne nous laissait manquer de rien, et qui avait réuni les lettrés du village pour nous donner les noms arabes des plantes caractéristiques de la région saharienne. Nous parcourons avec lui le village, et nous demandons à être conduits à la maison du caïd, qu'avait habitée pendant plusieurs mois un Fran- çais, i\l. Couturier, venu à Brézina pour apprendre la langue arabe et se préparer, par la connaissance des liabitudes et des mœurs du pays, à un voj^age qu'il avait projeté dans l'intéiieur, et qu'il espérait pouvoir pour- suivre jusqu'à Tombouctou. Ce malheureux voyageur, abandonné de son compagnon de route, n'avait pas tardé, étant réduit au régime purement arabe et n'ayant pour demeure que deux misérables chambres au fond d'une cour mal aérée, à tomber dans un état de prostration complète qui bientôt devint une maladie grave par suite de privations de tout genre, conséquences de son isolement. Sans un Arabe qui lui donna les soins les plus indispensables et qui prévint M. de Colomb de l'état presque désespéré du malade, M. Couturier eût succombé dès lors à l'affection dont la gravité ne put malheureusement pas être conjurée plus tard par les soins qui lui furent prodigués à Géryville, où il fut transporté par les ordres de M. de Colomb, et ensuite à Saida, où il mourut victime d'un dévouement au-dessus de ses forces. Si ïlamza, auquel nous annonçons notre départ pour le lende- main, nous convie à une diffa, à laquelle nous faisons largement honneur, quoique nous eussions préféré retourner à notre tente, où nous attendait une nourriture plus convenable pour des Européens. Si Hamza ne nous laisse pas partir sans nous donnei-, comme souvenir, quelques œufs et por- tions de dépouilles d'autiuche, ainsi {|ue des cérastes et des lézards du pays qu'il avait fait prendre à notre intention. — Le 24, à 6 heures et demie du matin, nous avons terminé nos préparatifs de départ : car bien que, plus heureux (jue M. Couturier, nous soyons tous bien portants, nous avons hâte d'aller nous retremper à Géryville, où la cordiale hospitalité que veut bien nous accorder M. de Colomb doit nous faire oublier les fa- tigues et les privations inévitables d'un voyage dans le sud de l'Algérie. {La suite à la prochaine séance.) SÉANCE DU 30 JANVIER 1857. 55 NOTES SUR QUELQUES PLANTES RARES OU NOUVELLES DE LA RÉGENCE DE TUNIS , pni' Iflin. E. COSSOIW cl L. KKAI.IK (1). Adonis microcarpa !)(>. Si/fif. I, 223, etProdr. I, 2i?i; Boiss. Voj/. Esp. 5. — A. intermedia Webb ! Phyt. Can. 1,12. — A. Cupaniana Guss. ! Syn. fl. Sic. II, 37. Var. dentata (A. dentnta Delile /Eg. 17, t. 53, f. 1 ; DC. Syst. I, 224, et Prodr. I, 1h [exclue!, var. j3. proviiicialis qiiœ forma A. aestivalis]). Carpellis minoribiis, in spicam (lensissimam arcte confertis, tuberculis ina;qualibiis valde proioiiientibns stollatim circiimcirca ciiictis. In cultis incullisque prope ^S'/'rtA'(Espiiia) et in ditione 6'f//>i?.'? (Kralik pi. Tun. cxsicc. n. 3 et n. 3r/). — In Sahara Alger'uMisi ! bauci infrequens (Balansa pi. Alger, exsicc. d. 978). — lu agro Tripolitano (Dickson). In j^gypto inferiore (Odile). Nous avons pu nous convaincre, par l'examen d'une nombreuse série d'échantillons, du peu d'importance des caractères sur lesquels est fondée la distinction des A. microcarpa et dentata, et nous n'hésitons pas à les rap- porter au même type spécifique: en effet l'A. dentata ne se distingue de VA. microcarpa que par les carpelles plus petits, ordinairement plus nom- breux, rapprochés en épi très compacte et entourés de tubercules inégaux plus ou moins saillants dont l'ensemble forme une espèce de bordure étoilée. — L'A. œstivalis présente assez fréquemment une variation analogue dans la forme des carpelles, et cette variation a été à tort rapportée à l'A. dentata par De Candolle (A. dentata var. j3. provincialis DC). FuMARTA DENSiFLORA DC. Cof. Monsp. 113 (1813), et FI . Fr. V, 588; Greu. et Godr. FI. Fr. 1, 68. — F. micrantha Lagasc. Nov. yen. et sp. 21, n. 281 (1816); Koch Sjjn. fl. Germ. éd. 2, 1018; Parlât. Fum. 60; Coss. et Germ. FL Par. 78, et Illustr. fl. Par. t. 3, f. 9-10. In palmetis et in agris prope Cflèes (Kralik pi. Tun. exsicc. n. 5). — ïn Algeria littoral! et interiore haud infrequens. — In Aîlgypto infeviore ad Alexandriam et superiore ad Girgeh (Kralik). Syria prope Sai'da (Gaillar- dot). Lydia prope Smyrnam (Balansa). Palaestina ad Jericj^Q r^e Saulcy). Scotia (Syme). Hybernia (Balfour). In Gallia fera tota ^ inprimis in centrali et australi haud infrequens. In Germania rarior, ';,^ Hercynia (Hampe), et ad Hamburgum (Sonder). In Hispania (Lagase;,^ Bourgeau). Italia (Guss.). Attica (Heldreich). Provinciis Caucasicis /'.g(, ^ Mey). (1) Les plantes mentionnées ou déc- '.j^^g ^^^^^ ^^^ y^jes font partie des collec- tions recueillies par M. Kralik ^' ^^^^ ^^ ^^^^„^ exécuté par lui, en 185Ù, dans la régence de Tunis (voy. r^-^^^^ ,; ^^^^^^^ .^^ ^_ ^^ p^ 23 et 116, et t. II , p. :2l, les Lettres de M. kralik ^'- ^. ^^ ^■^^^^i,,, a, i^ Régence de Tunis). 5<3 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Certains échantillons, recueillis dans des eliamps arides, aux environs de Gabès, diffèrent un peu de la plante de France par les sépales moins larges et moins dentés, et sont identiques avec ceux que nous avons observés en Algérie, à Oran et à Djelfa; mais nous avons été à même, sur le terrain, de nous convaincre que cette différence, due surtout à la localité, est trop peu importante et trop variable pour permettre d'établir même une variété. Matthtola oxyceras DC. Sfjst. II, 173, et Prodr. I, IS/i. Var. basiceras. — Silicjua inferne subsatiittata valvis basi gibbosis vel gib- boso-cornutis; cietera, ut videtur, eadem ac in planta typica. In argilloso-arenosis deserti Tunetani prope Sfax et Gabes (Kralik pi. ïun. exsicc, n. 159 sub nomine M. livida). Cette variété remarquable du M. oxyceras rappelle la disposition analogue de la base de la silique signalée dans une seule plante de la famille, le Lon- chophora Capiomontiana DK. — Par la forme et la largeur assez variable des pétales, notre plante lient le milieu entre les sections Pinaria ei Aci- notnin DC. [Prodr. I, 13^) qui, en raison du peu de constance des carac- tères par lesquels on les a distinguées, devraient être l'éunies, et. il ne serait pas imposîiible (]ue les M. oxyceras vi lunata DC. ne fussent que des varié- tés d'une seule et même espèce. Bkassica Gravin.î: Tenore ! FI. Nap. prodr. 39, et Fi. Nop. II, 88, t. 62, et Sijll. fl. Nap. 328. — Sinapis recurvata Desf.! Atl. Il, 97 (non Ail. quœ Sinapis Cbeiranthus Kocli). — Brassica Atkmtica Coss. et DR. in herb. olim. — B. Boissieri Munby ! in Bull. Soc. bot. II, 283. In ifipestribus umbrosis montis Djebel Zaghouan (Kralik). — In regione raontana infeiiore et média in Algeria! haud inlVe(|uens. — In Italia, in montibus Samnii et Api'utii (Tenore). în Sicilia ad Termini (Guss.). Celte plante, qui est liés répandue en Algérie dans les lieux rocailleux et dans les rochers de la région montagneuse inférieure et moyenne, nous a préseiîtê de nombreuses variations dans la loriiie et la largeur des feuilles, dans la grjuideur desfleui-s, dans la direction et la forme dessiliques, indif- féremment asc^"^^'^"^^'^' étalées ou étalées-réflécbies, plus ou moins allon- gées, presque eylii'^'^l'*'!"^'^' "^ nervure dorsale des valves peu saillante ou presque tétra^ones pa." '^^ saillie de la nervure dorsale; en raison de la variabilité de ces caractère.' "^'^'^ ^'^^'O"^ ^^" rapporter, comme simples syno- nymes, au //. Graviruf les /? ^ ^(lanticact Boissieri, qui n'en sont que des formes extrêmes. Mukicariapeostbata Desv. Joarn. bot. '^^' ^^^' *' '^^ ' ^^- ^^^^^ ^^' 647, el Prodr. I, 225. - Bunias prostrata b>^- ^^^- "' '^^' ^- ^^O' In ruderalis et incultis argilloso-arenosis prope Gul^^^ ^^"^ infrequeus SÉANCE DU 30 JANVIKIl 1857. 67 (Kralik pl.Tuu. cxsicc.n. 12), inaieiiosis prope rfl/srt(l)esf.). — In Al^criac nianitiehus excH'Isis auslralioiibus el in Sahara in piovincia Oraiiensi! et Algériens! ! late diffusa, in provincia Cirtensi rarior indilione Oulcd Djcllul (Hénon) luicusque tantum nota. Cette plante, qui n'a encore été observée que dans la partie méridionale de la Régence de Tunis et de l'Algérie, n'était, jusqu'à ces derniers temps, connue que par les échantillons recueillis par Dosfontaines en un état de développement incomplet. De Candolle, à défaut de graines qui lui permis- sent de voir la forme de l'embryon, n'avait rapporté le genre Muricaria à la section des Zilleœ que par une véritable intuition qui se trouve con- firmée par les faits; les graines subglobuleuses présentent, conmie dans les autres genres des Zilleœ, un embryon à cotylédons condupliqués. Rapistrum bipinnatum Coss. et Kralik ap. Kralik p/. Tun. exsicc.ïï. 40iet UOha. — Smapis bipmnataJ)es{. Atl. II, 97. — Didesmus bipinnatus DG. Syst. veg. II, 659, et Prodr. I, 227. In arenosis incultis, in fruticetis et in pascuis deserti Tunelani nec non inruderatis, ad Cafsa (Desf.) , Sfax (Kralik) et prope G ahes {KvaUk pi. Tun. exsicc. florens fructiferumque a martio ad junium 185&). Nous avons cru devoir rapporter le Smapis hipinnata Desf. au genre Rapis- tr'um, car la graine de l'article supérieur de la silicule est dressée et non pas pendante comme on l'attribue au genre Didesmus. — Nous devons ajouter que le Didesmus A^gyptius Desv. devrait, selon nous, être aussi rapporté au genre Rapistrum, car nous y avons vu également, par l'examen d'un assez grand nombre desilicules, la graine dressée dans l'article supérieur. Knarthrocarpus clavatos Delile in Godr. FI. Juv. éd. 1, p. k, et éd. 2, p. 51. — Brassica lyrata Desf. ! Atl. II, 96, t. 166 quoad fructum raanca (in herb. Mus. Par. spécimen junius). — Enarthrocarpus lyratus Lois. ISov. not. 30, et FI. Gall. II, 68 (non DC). In ruderatis, pascuis et collibus argiIJoso-gypsaceis deserti Tuuetani (Desf.), prope Sfax et Gabes (Kralik pi. Tun. exsicc. n. 186 et 186 a). — In Sahara Algeriensi et in planitierum excelsarum parte austra- liore, in provincia Oranensi et Algeriensi frequentissima prsecipue ad pagos et diversoria, nempe hominis pecorumque comes, in provincia Cirtensi in- frequentior, ut videtur, nempe hucusque ad amnem Oued Djedi, in ditione Ouled Djellal tantum obvia (Hénon). — Prope Monspelium loco dicto Port-Juvénal cum lanis advecta (Delile, Godron). A VF. clavatus, comme nous l'avons déjà dit ailleurs, doit être rapporté, comme synonyme, le Brassica lyrata Desf. (Voir Cosson Itinéraire d'un voyage botanique in Bull. Soc. Bot. III, 562.) — L'F. clavatus a été décrit, d'après les échantillons trouvés au Port-Juvénal, alors que sa véritable 58 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. patrie était inconnue et qu'il était considéré comme distinct du B. lyrata Desf. — Au Port-Juvénal ont été également observées un grand nombre d'autres espèces du sud de l'Algérie, qui y ont été introduites par des cir- constancesanalogues, et dont le lieu d'origine était inconnu, telles quele Cos- sonia Africana DR., le Cbjpeola cijclodontea Delile, etc. HussoNiA JÎGicERAs Coss. et DR. np. Balansa pi. Alger, cxsicc. n. 994 (1853). — Erucaria /Egiceras L Gay mss. (1826), et in Steud. Nom. bot. éd. 2, 590 (IS/iO). — E. uncata Boiss. ap. Pinard yj/. exsicc. — Hussonia uncata Boiss. Diagn.pl. Or. ser. 1, fasc. viii, hl (1849). In pascuis arenosis et inter frutices deserti Tunetani, in ditione Béni Zid haudprocul a Gabes (Kralik pi. Tun. exsicc. n. 188), 28=» aprilis jam fructifora. — In Sahara Algeriensi trium proviuciarum diffusa, nempe in provincia Oranensi australiore ad Aïn Sefra!, Tyout!, Arba el TatanU, Brézina!, etc. anobisvisa ; in provincia Algeriensi in d'ûlone Laghouat! ïmuà infrequens (Geslin, l>eboud) ; in provincia Cirtensi in ditione ^/sZ'm (Ba- lansa pi. Alger, exsicc. n. 994). — In toto deserto Arabiœ petrœœ Paleestiuae contermino inter Nuckl et Gaza frequens, nec non in Palaîstinee desertis (Pinard sec. Boiss. loc. cit.), in Arabiae petrœse Wadi jFemm (Scbiraper pi. Arab. petr. exsicc. n. 453). Helianthemum Cahiricum Delile FI. jEg. 93, t. 31, f. 2; Dunal in DC. Prodr. I, 274. In collibus apricis deserti ad Sidi Boni Baba prope Gabes (Kralik pi. Tun. exsicc. n. 13). — In Sahara Algeriensi tota diffusa nempe in pro- vincia Oranensi australiore prope Tjont!, Chellala Dahranial, Brézina! etc. ; in provincia Algeriensi ad Lagliouat !; nec non in Cirtensi prope Biskra (Balansa pi. Alger, exsicc. n. 865), et ad amneni Oued Betem prope Bzïoua (Hénon). — In iEgypto (Delile, Olivier). In Syria (Aucher-Éloy pi. Or. n. 1996). Ad Sinum Persicum (Aucher-Éloy sub. n. 959 catal. in Ilerb. Mus.). HELIA^THEMUM TuNETANUM Coss. ct Kralik. — Cistus glaucus Desf. I Afl. I, 418(1798), non Cav. le. (1794). Planta perenuis, glaberrinia, glaucescem, a basi raniosa ; caudice fruti- coso, multicipite, sœpius tortuoso, in radicem fusiformem abeunte ; caulibus havhdiCQO-frutescentibus , 1-2 deciu). longis, dilïusis, simplicibus vel inferne ramosis:, foliis sw6camo.s/s , planis vel arefactione tantum subrevolutis , nervo média vixprominulo, utrinque glabris glaucescentibus sub lente punc- tulatis, inferioribus oppositis, stipulatis, 8-15 millim. longis, linearibus acutiusculis, inferne atténuât is, breviter petiolatis, superioribus bracteisque confornflibus, alternis, estipulalis, brevioribus, oblougo vel ovato-liuearibus SÉANCE DU 30 JANVIKU 1857. 69 obtiisiusculis; stipidh petiolnm longe exredentibus, foliis subconformihus; raccniis tcrmiiialibus sa-pius (lemum clon^atis, Iaxis, remoUnoris, simpli- cibus, subsecuiidis, /4-()-lloris; bracteis podiocllis 2-/i-pl() brevioribus ; pedicellis calyce longioribus, fj;labris, (iciiiuin arcuato-dedexis ; adi/ce {^la- berriino, 6-8 millim. longo, juniore et IVuctifeio ovato superne paulum allé- niuito, sepnlis extcrioribus 2 niinimis obloiigis obtusis interioribus sub-Zi-plo brevioribus, «■n)fmor/6wsmcmbranaceis, scarioso-marginatis,ovato-oblongis, superne rotundato-obtusis, 3-ncrviis nervis interne prominulis sa3pe violas- ccntil)us superne non nuncpiam evanescontibus; petcdis ladeis, calyce sub- duplo lonpioribus ; staminibus numerosis, filnmenfis capillaribus, omnibus antheriferis ; ovario subgloboso, pnbescenti-tomcntoso; stylo ovario lon- ciore. inferne arcuato-ascendente; ovuiis rec^/s, pyriformibus, funiculis de- mum tumido-iiicrassatis; capsula calycem suhœquante, cbartacea, subuni- loculari, 3-valvi, sœpius Zi-lO-sperma; sem/nzT'/^s ovato-subglobosis, papil- loso-asperulis, rapheorbalis, ad cbalazani micropyiae diametro oppositam inseitis;6w6r?/one intra albnmen/)/MS minus arcuato sigmatoideo, radicula supera, cotyledonibus ovato-suborbiculatis p\an\s. — Fiorensetjam fructi- ferum, martio-apiili 1854 lectum. Incollibus apricis argilioso-calcareisdeseiii Tunetani,propeCr/fsa(Desf.), propeGflèes(Kralikpl. Tun. exsicc. n. 405 sub nomineH. glaucum Coss, et Kralik non Pers.). VH. Tunetanum, par la souche ligneuse, les tiges frutescentes, les feuil- les inférieures opposées munies de stipules, les pétales dépassant longuement le calice, le style arqué-ascendant , les ovules à funicule épaissi, la capsule subuniloculaire, les graines dépourvues de raphé, et par l'embryon plus ou moins arqué, appartient au genre Helianthemimi sect. Euhelianthemum (Dunal, Spach). — VH. Tunetanum, par la glabréité de toutes ses parties, parles feuilles un peu épaisses-charnues à nervure moyenne peu prononcée, se distingue de toutes les autres espèces de la section, à l'exception de VH. piliferum Boiss. (Foy. Fsp. 69 , t. 17). 11 diffère de cette dernière plante, qui n'a encore été observée que dans les montagnes du royaume de Gre- nade, par les feuilles planes ou enroulées seulement par la dessiccation, par les sépales intérieurs ovales-oblongs arrondis-obtus à nervures peu sail- lantes, disparaissant souvent au-dessous du sommet et non pas ovales-lan- céolés fortement nerviés, par les fleurs blanches et non pas jaunes. — Nous avions cru devoir donner à la plante de Gabes, identique à celle recueillie par Desfontaines à Sfax, le nom d'H. glaucum ; mais nous devons renon- cer à ce nom, car VH. glaucum Pers. est fondé sur le Cisttis glaucus Cav. public antérieurement au C. ^/fa und des* Illaetter mit N«ilt.*itauzvei'lust aiifdiel^iitM'ieS^ltBiiS'derltlaetteriiiid i);\K\v M. W. Lascli. Botan. Zcit., ISjuiq 1856, n" 2/;, col. ^09-^il5). Il y a vingt-cinq ans environ que M. Lasch trouva, sur les rives sablon- neuses de la Netze, un Ximthium qu'il reconnut comme nouveau et qu'il nomma X ripnrinm. Depuis cette époque, il a continué de s'occuper des espèces indigènes de ce genre, et il communique aujourd'hui dans sa note les résultats de toutes ses observations. Il expose d'abord fort en détail les caractères du genre Xanthium\i\o?>c. Il décrit ensuite les espèces et les formes hybrides suivantes: 1. X. Struma- rtum, Lin., dans lequel il existe deux variétés: è. minorée, major. — 2 X. arenarium Lasch, avec U variétés : b. minor, c. major, d. microcar- pum, e. macrocarpum. — 3. X. arenarium-Strumarium. — k. X. Stru- mainum-arenarium. — 5. X. riparium Lasch, avec U variétés : b. minor, c. major, d. microcarpnm , e. macrocarpum. — 6. X. riparium-arenarium. — 7. X. arenarium-riparium. —8. X. riparium-Strumarium. — 9. X. Stru- marium-riparium. Catalogue «les plautes observées dans 3e «léparteinewt tle l'Oise; par M. Graves. — 1 in-8° de xv et 302 pages. Beauvais, 1857. Le volume intéressant dans lequel M. Graves vient de présenter les résultats de ses longues recherches sur la flore du département de l'Oise est indiqué comme extrait de \' Annuaire de ce département pour 1857. Dans sa préface, l'auteur fait observer que, malgré son voisinage de Paris, et bien que toutes les contrées qui l'avoisinent possèdent déjà des flores ou des catalogues, le département de l'Oise parait avoir été négligé par les auteurs d'ouvrages sur la botanique française. Les indications anciennes se réduisent, dit-il, a un trèspelit nombre d'espèces desenvirons de Chantilly etdeCompiègne, mentionnées par ïournefort et par le Botanicon parisiense. Cambry a joint a sa Descriptiondu département de l'Oise^ publiée en 1803, une liste d'environ 800 plantes plus ou moins vulgaires , dont les noms ne sont accompagnés d'aucune autorité ni d'indications de localités précises. M. Thiébaut de Berneaud a inséré dans son Voyage à Ermenonville, im- 76 SOCIÉTÉ BOTANIQUE 1)K FRANCE. primé en 1826, un recensement de 812 espèces, aussi défectneux que celui de Cambry. Il a même admis dans sa liste des plantes qui n'ont jamais existé dans le pays. M. Graves a commencé ses recherches sur la végétation de l'Oise en 1817, et il les a continuées jusqu'en 18^3. Pendantces vingt -six années ila visité successivement toutes les communes du département, F.es résultats de ces recherches suivies avaient été consignés partiellement dans les publi- cations locales sous la forme de listes des plantes les plus remarquables trouvées danslacirconscriptiondechaquecommune. Aujourd'hui, cesdonnées éparses sont réunies en un travail d'ensemble dans lequel ont trouvé place de nombreuses indications entièrement inédites et pour lequel , d'ailleurs, l'auteur a profité des publications récentes ainsi que des communications qui lui ont été faites par différents botanistes. L'ouvrage de M. Graves porte sur 3,527 espèces, réparties de la manière suivante : Vasculalres 1333 Calycillores Zi83 Cellulaires 2i9/i Corolliflores 205 Dicotylédones 1011 Monocotylédones-Phanérogames . 290 Monocotylédones 322 — Cryptogames. . 32 Thalaminores 227 Monochlamydées 96 Ce tableau, que nous avons emprunté à l'ouvrage, montre que l'ordre adopté par M. Graves dans la série des familles est celui de De Candolle. Les espèces sont indiquées par leur nom suivi de la désignation détaillée des localités, de l'indication des noms vulgaires et de l'énumératinn des variétés. Au total, le Catalofjue des plantes du département de l'Oise est un relevé fait avec soin , aussi complet qu'il lût possible de l'espérer, et tel qu'il serait àdésirer, pour la statistique botanique de la France, que chacun de nos départements en possédât un pareil. (ïcucra plantariiin flortv seniiantcte îconibus et descrl- ptionihus ilIustrata.OpusaTh. Fr. Lud. PseesabKsenbeck inchoa- tum, deinde a Frid. Carol. Leop. SpenneretAloysio Putterlick, adjuvante Stephano Endiicher, dum vixerunt, et nunc conjunctis studiis plurium auctorumcontinuatum. FasciculusXXÏX. Papilionacea;. AuctoreDiterico Brandis. ln-8°; Bonnœ, 1856, Sumptibus Henry et Cohen. Après une longue interruption dans la publication de cet ouvrage, un nouveau fascicule de planches et de texte vient de paraître tout récemment, 11 renferme 20 planches de Papilionacées, dues, ainsi que le texte qui les accompagne, au D' Dietr, Brandis, — Ces planches illustrent les 18 genres suivants: 1. Spartium Lin.— 2. Genista Lin.— 3. Syspone Griseb. (Genistae specics). — k. Cytisus Lin. — 5. Luplnus Lin. —6. Ononis Lin. — 7 et 8. REVUE BIBLIOGRAI'IUQL'E. 77 Trifoliiim Lin. — 9. Doryt'iiiinn Tourn. — 10. [.otiis Un. — 11. Tetraf,'o- iiolobiis Scop. — 12. Psoraloa Lin. — 13. Glycynhiza Lin. — U. Gaiega Lj„. 15. Colutt'a Lin. — K). Oxytropis Lin. — 17etl8. .\stra<;alus Lin. — 19. Coronilla Lin. — '20. Ornitliopus Lin. Chacune d'elkvspiésente unefiguie (le porl aussi complète qu'a permis de la faire le format in-octavo, et à côté de celle-ci, les nombreux détails de la Heur et du fruit, analysés avec beau- coup de soin. Ces figures sont gravées sur pierre de manière très satisfaisante. Il est à désirer, dans l'intérêt de la science, que cette grande entreprise, déjà plusieurs fois ou retardée ou interrompue par suite de la mort des quatre botanistes qui, successivement, en avaient accepté la tâche, arrive maintenant à sa fin sans nouvelle n>alencontre. Synopsisi of tlie Cactacea; of tlie territory of tlie IJuited Jetâtes and adjacent région». [Si/nopsis des Cactacées du ter- ritoire des États-Unis et des pays adjacents); par M. George Kngelmann {Proceedings oftlie American Academy ofarts and sciences, vol. III, 1856. Tirage a part en broch. in- 8° de 59 pages.) Le seul Cactus connu de Linné qui provînt des pays situés au nord du Mexique était son Cactus Opuntia [Opuntia vulgaris). Longtemps après, il y a déjà plus de quarante ans, Nuttall découvrit deux Mamillaria et deux Opuntia ûixn^ le Haut-Missouri, et vingt ans plus tard, en Californie, un nouvel Echinocactus. Plus récemment M. F. Lindheimer a trouvé dans le Texas nombre de plantes de lu même famille, et plusieurs autres ont été découvertes dans le Nouveau-Mexique par le D"" A. Wislizenus, dans le nord du Mexique par le même voyageur et par le D' J. Gregg ; quelques autres entêté indiquées dans le pays de Gila par M. W.-G. Emory. Peu après ces explorateurs, M. A. Fendlerena recueilli plusieurs nouvelles espèces près de Santa-Fé; et, en 18W, M. Ch. Wright a fait encore des découvertes de plantes de la même famille dans le Texas occidental et le midi du Nouveau- Mexique. Maisleplusgrand nombre de Cactacées du midi des Etats-Unis a été observé, dans l'expédition chargée de déterminer les limites de cet Etat et du Mexique, commandée d'abord par le colonel Graham, etensuite par le major Emory, particulièrement par le D'C.-C. Parry, M. Ch. Wright, le D'J.-M. Bigelow.M. G. Thurberet M. A.SchotL Versie même temps, M. A. Trécul et après lui le Prussien D' Poselger ont également recueilli beaucoup de Cactacées dans le sud du Texas et dans le nord du ^lexique. Les expéditions faites en vue du chemin de fer depuis 1853 ont amené encore de nouvelles explorations, et M. Bigelow, botaniste et médecin de l'expédition du capi- taine A.-W. Wipple au 35° parallèle, en a prolité de la manière la plus heureuse, tandis que M. P.-V. Hayden a beaucoup ajouté à nos connais- sances pour les Cactacées les plus avancées vers le Nord, Enfin en 185^ et ^8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 1855, M. Arthur Schott, pendant rexploratioii du pays situe au sud de la rivière Gila, sous le major Kmory,a pu encore ajouter de nombreuses décou- vertes à celles de ses devanciers. La plupart des matériaux recueillis par ces nombreux explorateurs sont passés entre les mains de M. Engelmann ; mais diverses circonstances ont fait que seulement un petit nombre d'entre les découvertes faites depuis dix ans ont été publiées. M. Kngeimann a donc rendu service à la science en rédigeant un synopsis de ces nombreuses espèces , en attendant que les rapports sur les différentes expéditions qui en ont amené la découverte soient imprimés; ce qui ne pourra certainement avoir lieu avant quelques années, à cause des belles plancbes qui doivent accompagner ces importantes publi- cations. Voici, genre par genre, le relevé des espèces qui figurent dans le sy- nopsis de M. Engelmann: CACTACEJÎ. Tribus I. Tulmlosa? Miquel. Sous-tribu I. Paballel^. Cotyledones margine liilum versus spectautes, lateribus seminis parallelae. 1, Mamillaria Haw.: 30 espèces, dont 13 appartiennent au sous-genre Eumamillaria , 16 au sous-genre Cortjphanthu, 1 au sous-genre AnJialo- Hium^ qui n'est que le genre proposé sous le même nom, par M. Lemaire. — 2. EcHiNOCACTUs Link et Otto: 19 espèces dont 8 rentrent dans la section des hamati, 9 dans celle des corniyeri^ 1 dans chacune des deux sections thelo'idei et inteiHexti. Subtribus H. Contraki.*. Cotyledoiies facie hilum versus spectautes, lateribus seminis parallelae. 3. Cereus Haw. : 31 espèces, dont 25 pour le sous-genre Echinocereus, 3 pour le sous-genre Eucereiis, 2 pour le sous-gonre Lepidocereus, 1 pour le sous-genre Pilocereus. Tribus II. — Rotatac Miquel. h. Opuntia Tourn. : 50 espèces distribuées de la manière suivante entre les di\ers sous-genres: Stenopuntia Eng., 1 ; Platopuntia id. , 27 5 Cijlin- dropuntia id. , 22. Le synopsis de M. Engelmann comprend donc 130 espèces de Cactacées qui rentrent dans quatre genres. Mais comme les matériaux sur lesquels ce travail a été exécuté ne permettaient pas toujours de décider avec une en- tière certitude si les plantes qu'ils représentaient devaient être regardées comnrt; des espèces bien distinctes ou comme de simples formes, l'auteur indique celles de ses espèces qu'il faudrait probablement réunir. Par l'effet de ces réunions, les 30 espèces de Mamillaria se réduiraient à 22, les 19 Echi- nocnctus à 15, les 31 Cereiis à 18, les 50 Opuntia à 31, dont 2 sont simple- ment cultivés. On aurait ainsi un total de 86 espèces. Dans un chapitre qui termine son mémoire, M. Engelmann présente le tableau de la distribution géographique de ses Cactacées. Le territoire des RRVUK BIBLIOGHAPHIQUR. 79 États-Unis pouf, dit-il, être divisé en huit rôttions de la manière suivante: 1" La région Atlantique. Kllc ne possède qu'un Opuntia, mais il lui est propre ; 2" La rë"ion du IMississipi, comprenant les États occidentaux, a un autre Opuntia qui se retrouve, sous dos formes différentes, dans les 3% /i* et 5' régions ; 3° La région du Missouri, savoir la partie N.-O. ou supérieure du Missouri jusqu'aux montagnes Roclieuses. lîllle a donné 2 Mamillaria du sous-genre Cory pliant ha, qui s'étendent aux k^ et 5" régions, ainsi que 3 Opuntia, dont 1 lui est propre; 6° La région du Texas, savoir les parties orientales et inhal)ilées du Texas. Elle produit 5 Mamillaires, dont 2 lui sont propres; 3 Echinocactes qui ne se retrouvent pas dans les autres régions; 6 Cereus également pro- pres à elle; 6 Opuntia, dont 3 lui appartiennent exclusivement, c'est-à-dire 20 espèces, dont \k spéciales ; 5" La région du Nouveau-Mexique. C'est la plus riche de toutes : elle a fourni 65 espèces, dont 55 lui sont particulières, savoir : 19 Mamillaires, dont 16 spéciales; 9 Echinocactes, tous à elle propres; 16 Ccreus^ dont 2 seulement se retrouvent dans les autres régions; 22 Opuntia, dont 17 lui appartiennent exclusivement ; 6» La région du Gila, comprenant toute la vallée du Colorado, au sud du 36' degré de latitude et la contrée du Gila , son grand tributaire méridio- nal. Elle a fourni 36 Cactacées, savoir: 5 Mamillaires, dont 3 à elle propres; 6 Echinocactes, qui n'ont pas été rencontrés ailleurs; 7 Cereus, dont 5 spéciaux: 18 Opuntia, tous limités à elle; 7° La région Californienne, savoir la Californie à l'ouest de la Sierra-Ne- vada, avec la portion sud-ouest de l'État actuel de la Californie. On y a trouvé 6 espèces, dont 5 lui sont propres:! Mamillaire;! Échinocacte; 1 Cereus; 3 Opuntia, dont un n'est probablement qu'une forme d'une espèce plus orientale ; 8° La région Nord-Ouest, qui comprend les parties nord de l'État de Californie, les territoires de l'Utah, de l'Orégon et dé Washington. On n'y connaît qu'un Opuntia, qui se trouve aussi dans le Missouri. BryoIog;ia «lauica ellci* «le daiiske Itlaclniosser {Bryologie danoise ou les Mousses du Danemark)-^ par M. Thomas Jenseu. 1 vol. in-S" de IV et 216 pages, avec 9 planches gravées sur cuivre. Copenhague; 1856, chez C. G. Iversen. Cet ouvrage, écrit entièrement en danois, comprend d'abord une préface de deux pages, dans laquelle M. .Tensen expose le but de son travail ; en- suite une introduction (pp. 1-35) consacrée l'a une étude détaillée de tous 80 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. les organes des Mousses examinés en entier et dans leur structure auato- mique, 2° à deux tableaux synoptiques, le premier pour les groupes de di- vers ordres, le second pour les genres de Mousses. Celui-ci est une vérita- ble clef analytique. Quant au coips même de l'ouvrage de M. Jensen, il com- prend l'énuméralion méthodique des Mousses du Danemark. Les espèces y sont rangées d'après la méthode suivie par M. Cari Mueller, dans son Synopsis Muscorum frondosorum. Chacune d'elle est accompagnée d'une diag- uose en danois, dune courte synonymie, de l'indication détaillée des locali- tés. Des observations imprimées en petit caractère suivent généralement l'exposé des caractères des genres et des groupes supérieurs. Les 9 planches gravées sur cuivre sont consacrées à l'illustration de 50 genres. lutrofliictioii to cryptog:ainic Botaiiy [Introduction à la botani- que cryptogamique) , par M. M.-.l Berkeley. 1 vol. in 8° de viii et 604 pag., avec 127 figures gravées sur bois d'après les dessins de l'auteur; 1857, Londres, chez L. Baillière, Regent-Street, 219, et Paris, chez MM. Baillière et fils, rue Hautefeuille. Cet ouvrage, dû à l'un des cryptogamistes les plus justement renommés de notre époque, fait partie d'une collection de traités sur diverses scien- ces que publie à Londres M. H. Baillière, sous le titre de Library of illus- trated standard scientific works. II forme le 12'' volume de cette collection. En présentant dans un cadre suffisamment étendu, et en même temps sous une forme qui le rend abordable atout le monde, un résumé de l'état ac- tuel de la science, relativement à l'organisation et à la classification des Cryptogames, il comble une lacune qu'on ne pouvait trop regretter. En effet, l'absence d'ouvrages généraux sur les plantes cryptogames complets ou suffisants obligeait, jusqu'à ce jour, les personnes qui voulaient s'occuper de ce vaste embranchement du règne végétal à chercher les éléments de leurs études dans une multitude de mémoires et de travaux partiels qui n'étaient guère à la portée que d'un petit nombre d'entre elles II y a lieu de penser que, grâce à M. Berkeley, cet inconvénient n'existera plus désormais. Il est cependant nécessaire de faire observer que le savant cryptogamiste an- glais ne destine pas son livre aux personnes qui ne possèdent encore au- cune notion de botanique; mais il pense que, pour en comprendre toutes les parties, il suffira d'avoir déjà les connaissances (|ue peut donner la lec- ture des traités élémentaires sur l'ensemble de la science. Après unepréface de deux pages, dans laquelle l'nulrur exprime sur quel- ques traités généraux de cryplogamic son opinion, un peu sévère, relative- ment au plus récent et nu seul compU^t d'entre eux, l'auteur expose d'a- bord, avec détail, dçs considérations générales sur les Cryptogames et les niîVL'E BIBLIOGRAPHIQUE. 81 faits principaux que révèle leur élude à grands traits. Cette première partie de son ouvrage ne comprend pas moins de 70 pages. Dans sa définition de ces végétaux nous remar((uoiis (ju'il regarde les spores, soit simples, soit composées, comme « contenant larement un embryon. » Il termine ce cha- pitre par la division, conforme à celle de M. fj'ndiey, de l'ensemble de ces végétaux en T/iallof/hies et Acrogènes et par la définition qu'il donne de ces deux sous-embranchements. Les premiers sont caractérisés par lui de la manière suivante: Raiemenl ils sont herbaci's ou pourvus d'appendices foliacés, et quand ceux-ci existent, ils ne portent pas de stomates; leurs spores produisent rarement un prothallus, et, quand il en est ainsi, ils don- nent naissance à un second ordre de spores qui germent par des points dé- terminés; enfin, leurs spermatozoïdes, comme les nomme l'auteur, ne sont pas spiraux. Quant aux Acrogènes, ils sont le plus souvent heri)acés ou pourvus d'appendices foliacés, souvent avec stomates. Leurs spores, dans la plupart d'entre eux, produisent un prothallus, ou si non, elles donnent un fruit compliqué, grâce à la fécondation d'une cellule embryonaire. Leurs spermatozoïdes sont spiraux. Abordant ensuite en particulier l'étude de ces deux divisions, M. Ber- keley en présente d'abord les généralités, à la fin desquelles il en donne la division dichotomique en groupes qui sont examinés chacun en particulier d'après la même méthode. L'intelligence des détails est facilitée à un haut degré par les figures gravées sur bois qui sont intercalées dans le texte. Comme il serait absolument impossible de suivre l'auteur dans cette por- tion de son ouvrage, nous nous contenterons de donner quelques indications sur la subdivision adoptée par lui pour l'ensemble des végétaux dont il s'occupe. M. Berkeley adopte une division des Cryptogames en grands groupes ou Alliances, conformément à ce qui a été fait déjà par M. Lindley dans son Vegetable kingdom (18^6). Il admet pour les Thallogènes 2 alliances seule- ment, nommées Algales pour les Algues, Mycetales pour les Champignons et les Lichens réunis, confondant ainsi dans cette dernière les deux que for- mait séparément M. Lindley sous les noms de Fungales et Lichenales. Quant aux Acrogènes, il en forme 3 alliances : Churaceales pour les Chara- cées, Muscales pour les Mousses et les Hépatiques, Filicales pour les Fou- gères, les Ophioglossacées considérées comme une famille distincte et sépa- rée, les Équisétacées, Marsiléacées et Lycopodiacées. M. Lindley établissait pour cette dernière famille une alliance séparée, sous le nom de Lycopoda- les, et il rangeait les Characées à la suite des Algues. Comme il est facile de le sentir d'avance, les Thallogènes occupent une grande partie de l'ouvrage de M. Berkeley. Les Champignons en particu- lier, objet favori des études de l'auteur, n'occupent pas moins de \7il pages de texte, et de leur côté, les Algues ont une part pHis large encore, puisque ï. tv. 6 82 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 150 pages sont consacrées à leur histoire. Les Acrogèoes toutes ensemble n'occupent que 1^3 pages. A la lin de l'ouvrage on trouve : 1° trois pages d'additions, 2" une liste des ouvrages et mémoires les plus utiles, se rapportant plus ou moins à la botanique cryptogamique en général et à ses diverses branches: l'auteur les divise d'après les groupes de ces plantes auxquels ils se rapportent ; 3° une table alphabétique des noms d'espèces, de genres, de familles, etc., mentionnés dans l'ouvrage. Le livre de M. Berlieley est sans doute appelé à rendre de grands servi- ces à la botanique cryptogamique ; malheureusement son prix élevé empê- chera peut-être qu'il ne se répande autant qu'il mériterait de le faire. Populnerc Itotauik. otlci* g^eiiicinfasslieltc Anlcituns ziini ^tiKliiiiu dei* Pflauzc uud des Pflauzeureiches [Botanique populaire ou introduction générale à l^ étude de la plante et du règne végétal); par M. Edouard Schmidlin. (1 vol. in-8° de vi et 712 pages, avec plus de 1600 figures coloriées. Stuttgard, 1857. Chez Krais et Hoffmann. Cet ouvrage destiné, comme l'indique sou titre, à rendre l'étude des plantes facile pour tout le monde, se divise en deux parties. La première partie est un traité élénj^ntaire de botanique. L'auteur y jette d'abord un coup d'oeil général sur la vie de lu plante et ses conditions, sur les différen- ces par lesquelles un végétal se distingue d'un minéral et d'un ani- mal. Il passe ensuite a l'étude des organes en les suivant dans l'ordre du développement à partir de la germination; il les considère non-seulement en eux-mêmes, mais dans leurs fonctions. Il expose aussi l'histoire abré- gée des éléments analomiques qui constituent ces organes et celle des sub- stances chimiques qui concourent à former les végétaux. Il termine en con- sacrant quelques pages à un tableau des monstruosités les plus remarqua- bles, des principales maladies et altérations que peuvent subir les plantes, enfin, en exposant la subordination des groupes sur l'établissement desquels repose toute classification : espèce, genre, fainille, ordre et classe. Cette première partie est la moins étendue des deux ipp. 3-226), et elle est divisée en deux chapitres dont le second on forme la presque totalité. La seconde partie, intitulée Partie spéciale, est divisée en trois chapitres. Le premier (pp. 227-290^ traite successivement,!" de la manièrededessécber les plantes et de disposer un herbier; 2° des herborisations et de la récolte des plantes pour l'herbier ; 3° de l'étude et de la détermination des plantes. Le second chapitre (pp. 290-54^) est intitulé : Clef pour la détermination des plantes à fleurs visibles, ou énumération des plantes phanérogames sponta- nées en Allemagne, d'après une méthode qui facilite cette détermination aux REVUE BlHLIOGRAI'IIIQLi:. |^^ commençants. M. Schmidiin y donne d'abord un tableau des genres de la flore d'Allemagne avec une analyse destinée à en rendre la détermination facile. Il présente ensuite l'énumération des espèces en indiquant pour cha- cune d'elles quelques caractères distinct! fs. Danscetteénumération, les plantes sont partagées en 3 divisions : 1" arbres et arbrisseaux; 2" glumacées; S'herbes.Unedivisionqui vient à la suite de celles-ci est spécialement consa- crée aux Cryptogames de l'Allemagne. Le troisième chapitre (pp. 571-687) est relatif a l'étude de la méthode naturelle en général. L'auteur y pré- sente les caractères des familles rangées d'après l'ordre proposé par M. Reichenbach. L'ouvrage se termine par deux tables alphabétiques, l'une pour les noms latins, l'autre pour les noms allemands des plantes. Quant aux planches qui suivent le texte de cet ouvrage, elles sont au nombre de 62, et elles renferment, non pas 1600, comme l'indique le titre général, mais 931 figures gravées sur pierre et coloriées de plantes destinées à fournir des exemples pour toutes les familles. Ce sont des figures de ports, sans détails, dessinées avec une netteté satisfaisante, mais extrêmement petites, puisque chaque planche in-8" en réunit, eu moyenne, une quinzaine. BOTANIQUE GÉOGRAPHIQUE ET GÉOLOGIQUE. Crchocrt clic Pnauzcu^velt dei* fiiïeg;cuvrart xu ciuct* uu«l tlersclbcu ><[»clioc|»f'uug-!it|ici'io«lc ? [Le monde végétal actuel appartient-il à une seule et unique période de création?); par M. Karl Mueller {Botan. Zeit., n°= 22 et 23, 30 mai et 6 juin 1856, col. 377-386, 393-iOO). Dans son mémoire, M. Karl Mueller se propose d'établir deux points : le premier, que les périodes géologiques, distinguées par des végétations diffé- rentes, ne sont pas brusquement séparées l'une de l'autre, mais plutôt que les derniers produits d'une création s'étindont jusqu'à la création nouvelle, et que, par suite, il en a été de même , bi^n plus qu'il peut en être encore de même pour la création actuelle 5 le second, que les causes de la destruc- tion des organismes éteints résultaient de la nature même de ceux-ci et peuvent être reconnues encore aujourd'hui. Relativement an premier point, on sait, dit-il, que les botanisleshabituésà travailler surdegrands herbiers, et même les jardiniers quicullivent ungrand nombre de plantes vivantes, reconnaissent au premier coup d'œil de quels pays proviennent les collections de végétaux qui leur arrivent. Il y a donc- dans ceux-ci quelque chose qui les distingue sans qu'on puisse préciser ce que c'est. C'est une affaire de coup d'œil et de tact. Les naturalistes doivent apçtliquer le même coup d'œil à la comparaison des types perdus et de 84 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. ceux qui vivent encore, et c'est, en effet, ce qu'ils font depuis longtemps. Or, il existe encore de nos jours des types tout au moins l)izarres ou qui semblent appartenir à des créations antérieures. Tels sont, dans le règne végétal, hsSp/mgnum et quelques Conifères de l'archipel antarctique. Les premiers s'écartent à tel point des autres Mousses, qu'on en ferait volontiers une famille à part, à côté de celles-ci. i/auteur a déjà exprimé sa manière de voir à leur sujet, il y a plus de trois ans, dans son livre sur les Mousses del'Allemague. Quant aux Conifères, le genre P/iyllocladus, de la Nouvelle- Zélande, ne peut être comparé à aucun genre vivant, et le Salisburia forme comme un intermédiaire entre lui et les (Conifères fossiles. Parmi celles-ci, lesSphénophyllitesou Rolulaires rappellent, par leur fruit, le cône des Coni- fères, par leur épi de fleurs les Cosuarina et par leurs feuilles les Phyllo- cladus; ce dernier genre l'orme ainsi le trait d'union entre le Salisburia et les Sphenophyllum, et ceux-ci doivent dès lors être i-angés parmi les Coni- fères. — Une autre forme de Conifères tout aussi bizarre est le Cupressus columnaris de Forster, (lu'Endlicher a reconnu comme un véritable Arau- caria. D'après un échantillon recueilli par I^'orster, chacjue rameau est pro- prement une reproduction d'un cône de Sapin, allongé seulement en cylindre grêle. Cette forme des Araxcai'ia et ceWe des Dacrydium semblent avoir une analogie suffisante avec celle des Lépidodendrées pour que ces fossiles puissent être regardés comme des Conifères. — Une conséquence nécessaire de ce rapprochement, c'est que les Conifères dont il vient d'être question appartiennent à une période de création antérieure à la période actuelle. Or, c'était précisément, dit M. M. Mueller, ce que j'ai voulu montrer. La dif- fusion de ces végétaux concorde aussi parfaitement avec l'idée qu'on se fait du climat de l'ancien monde, particulièrement de la période carbonifère, pendant laquelle toute la terre était en forme d'iles perdues au milieu de l'Océan et possédant; des climats marins, à peu près comme il en est encore pour les terres antarctiques. Aussi l'auteur pense-t-il que celles-ci ont con- servé le cachet des périodes antéiieures beaucoup plus qu'on ne l'a dit jus- qu'à ce jour. Ainsi, les tapis de Fougères de la A'ouvelle-Zehinde,oùil n'existe pasdeGraminées sociales, rappellent l'ancien monde où les Fougèresjouaient aussi un rôle très important dans le tapis végétal. A l'appui de sa manière de voir que la iNouvelIe-Hollande pourrait être le plus vieux continent, il cite deux passages: l'un du docteur Leichardt, écrit sur les lieux en 18Zi2 ; l'autre du docteur Ferdinand Mueller, l'actif explorateur de l'Australie. — Au total, M. Mueller croit être fondé ;: admettre que la végétation actuelle ne doit pas être regardée comme dérivant d'une seule période. On doit renoncer à déterminer la période de laquelle sont venus les types conservés, bien qu'il ne soit pas douteux qu'ils ne proviennent de la période où ils ont été les plus abondants. Aux Sphagnum, Phyllocladus, Ducrydium^ Araucaria^ Casuarina, Exocarpus, réprésentaots à notre époque d'une REVfE BmUOr.RAPHIQUR. 85 flore antôriouro, on peut ajouter les Foncières de la Nouvelle-Zélande et de la Noiivclle-HollaiHle, c\ même le Salhhuria et les Cycadôcs. De cette premicM-e portion de son mémoire, M. K. M uollcr conclut qu'il existe aujour- d'hui des types végétaux communs à l'époque actuelle et à l'ancien monde, et que ce fait s'explique beaucoup plus simplement par leur conservation que par une nouvelle création. Quant au second point, quelle est , se demande M. K. Mueller, la cause intérieure delà destruction des types de création? La seule diversité de durée de l'espèce et de la famille explique la destruction des uns et la couserviition des autres. Il admet, en effet, que l'individu végétal a une limite dans la durée de son existence. Pour établir ce principe, il cite plu- sieurs exemples de substitutions d'une essence à une autre qui s'opèrent habituellement après des périodes d'un ou plusieurs siècles dans le nord de l'Kurope. Des faits pareils ont pu avoir lieu pendant les milliers d'années des périodes géologiques. Or, dit-il , comme la vie de l'espèce et de la famille repose sur celle de l'individu , la disparition des types de l'ancien monde s'explique de la manière la plus simple sans révolution extraordi- naire, et de môme la conservation des types persistants s'explique par des différences de durée dans la vie des individus et des espèces. Ces destructions peuvent tenir aussi à des cbaugeraents dans le climat et dans la diffusion par les vents, les eaux, les animaux, de certains types végétaux, qui ont dominé et fait disparaître les autres. Gomme exemples de ces plantes qui amènent ladisparition de toutes les autres, M. K. Mueller cite VAndroporjon caricosum L., les parasites, soit l.oranthacées, soit Figuiers {Cipo matador des Brésiliens) , le Cynara Cardunculus dans les pampas de la Plata. Il montre ensuite que des faits analogues se sont passés et se passent encore dans le règne animal. L'auteur cherche ensuite à reconnaître comment peuvent s'expliquer l'enfouissement des plantes et leur succession à diverses périodes. Sûrement, pense-t-il, il a été rare que des forêts entières aient été détruites, et jamais elles ne l'ont été subitement. Comme dans toutes les forêts primitives, il s'est formé, dans le cours de milliers d'années, une énorme couche d'humus due aux débris des végétaux morts et dans laquelle ont pu être enfouis çà et là des troncs de grandeur colossale. Il cite comme exemple ce qu'on observe dans plusieurs tourbières du nord de l'Europe. Mais jamais toute la végétation qui couvrait la terre pendant une période n'a été ainsi détruite en totalité. En résumé, d'après M. K. Mueller, la végétation actuelle est le produit de toutes les périodes de création ; elle a conservé et conserve encore quel- ques types qui appartiennent à des périodes très anciennes. L'étude des végétaux fossiles a besoin d'arriver a un degré de certitude tout autre que celui qu'on peut lui reconnaître, et ce sera seulement par la connaissance la plus exacte des types vivants qu'elle pou-ra devenir une science dans laquelle il sera permis d'avoir plus de confiance qu'on n'eu a aujourd'hui. èl SOCIÉTÉ BOTANIQUE UE FRANCE. BOTANIQUE APPLIQUÉE. IVotc sur une couleur verte connue eu f lilne sous le uout de Lio-Kao, renfermant la description des procédés des fabriques de Azé, dans le Tché-Kiang ; par le P. Hélot, niissloiinaire {Annal, de ' la propagation de la foi, cahier de mars 1857, p. 1^2-1 57). Les reaseimiements contenus dans cette note ont été recueillis dans l'une des principales fabriques de la couleur verte employée en Chine, à Azé, gros bourg situé à six ou huit lieues de Kia-hin-fou, dans le Tché--Kiang. M. Hélot a dû faire un voyage dans le but spécial de les obtenir, et lés thinois ne se sont écartés en sa faveur de leurs habitudes peu communica- tives qu'en raison des rapports de religion qu'il avait avec plusieurs d'entre eux. Vers 18/i8-1850, on envo3'a au ministère du commerce, entre autres produits de l'industrie chinoise, une pièce de toile colorée en vert d'eau, dans laquelle l'analyse fit reconnaître l'absence de toute couleur jaune et bleue. On fut conduit ainsi à penser que la matière tinctoriale qui avait servi à la préparation de cette toile était un vert inconnu en Europe. Plus tard oii réussit à se procurer une petite quantité de cette substance tinctoriale, dont l'examen confirma les premières suppositions. Enfin, vers 1854, M. de iMontigny, consul à Shang-Haï, lit parvenir en France des graines et deux ou trois cents pieds vivants des végétaux qui fournissent cette matière. Ces végétaux sont de deux sortes (|ui pourraient bien n'être, dit M. Hélot, que deux variétés de la même espèce : l'une est un buisson qui vient sur les montagnes stériles du sud-ouest du Tché-Kiang et du Chang-Tong et qu'on nomme Pa-bi-lo-za (à blanche peau vert-sarment); l'autre est Un buisson qui vient sans culture dans les fertiles plaines des environs de Azé, dans 'le Tché-Kiang, et qu'on nomme Hom~bi-lo-za (à rouge peau vert-sarment). A la chute des feuilles, les paysans font, avec les menues blanches de ces arbrisseaux, des fagots appelés Lo-za, qu'ils portent ensuite aux fabriques. 100 livres du premier se vendent 1,000 sapèqucs (environ 5 francs); le second se vend trois fois plus cher, la distance à parcourir pour le porter à Azé étant beaucoup plus considérable (plus de ^0 lieues). Aux fabriques on enlève avec un couteau l'écorce de ces fagots encore frais (l'écorce sèche ne donnant plus de couleur), et on écrase au marteau les plus petits rameaux. On met 12 livies de cette écorce dans 150 livres d'eau, et l'on fait bouillir dans une chaudière. Use forme une écume blanche ' qui passe plus tard au rose pour le hom-bi, qui reste blanche pour \e pa-bi. On verse ensuite le tout dans un grand vase, où on laisse macérer US heures pour \c/ia)n-bi, au muins dix jours pour W pa-bi. Après ce temps la teinture est prête. Au moment de s'en servir on y ajoute un peu d'eau de chaux. On HKVllE HlltLIOGRAPIIIQUi;. 87 teint les toiles vn les plongeant 7 à 10 fois dans la teinture du hom-bi, et on iinit l'opération par 3 immersions dans la teinture du pa-bi, en faisant sécher après chaque immersion. La décoction du premier donne une teinte plus prononcée, mais sans lustre ni reflet-, celle du second donne mie teinte plus faible, mais d'un reflet magnifique. L'excès de couleur dont ces toiles se sont chargées dans leurs nombreuses immersions est enlevé par 5 ou 6 lavages successifs dans de l'eau claire et froide, lorsqu'on veut obtenir la matière colorante verte ou le lo-kao. On fait bouillir ensuite les eaux de lavage dans une grande marmite, en recouvrant leur surface d'un lit assez épais de filaments de coton qui retiennent cette matière. En lavant ce coton dans de l'eau claire, on en détache une pous- sière verte, très fine, qui se précipite au fond du vase. On décante, on fait enfin sécher la bouillie ainsi obtenue, d'abord en l'étendant en couche mince sur une feuille de papier buvard posée sur de la cendre, ensuite en l'expo- sant au soleil. La matière sèche forme de petites lames nunces qui constituent le lo-kao. La proportion de cette substance que donne cette fabrication est très peu considérable. Ainsi les cinq fabriques de Azé n'ont pu arriver ensemble a en livrei- 30 à ZjO livres en un an. Le lo-kao se vend en paquets de 10 onces. Son prix moyen est de 8 ou 9 francs l'once. Mais déjà les demandes des Luropéens en ont fait hausser le prix. Cette couleur nepeutêtre falsifiée, la moindre addition de matières étrangères en viciant fortement la teinte. L'humidité l'altérant promptement, on la conserve bien enveloppée dans une peau et enfermée dans un vase, où l'on met des morceaux de chaux vive, qu'on a le soin de renouveler quand ils sont délités. Note on thc Afrîcan specîes of Copal [Note sur les sortes de Copal d'Afrique); par M. T.-C. Archer. (Voy. Gardeners'Chronicie du 13 décembre 1856, p. 822.) Cette note a été présentée à la Société linnéenne de Londres, dans la séance du 2 décembre 1856. Nous en trouvons un i-ésumédans le Gardeners' Ch?^o- nicle du 13 décembre. Elle a pour sujet la gomme-résine produite par l'arbre nommé Robo à Sierra- Leone ((jw/6oMr^/a Bennett). Selon INI. Aicher, cette gomme-résine est probablement l'une des trois sortes qu'on apporte en grand à Liverpool sous les noms de Copal d'Afrique, gomme-jaune d'Afrique , gomme-rouge d'Afrique [African Yellow-gum, African Red-gum). La première de ces trois sortes de copal forme de grosses larmes arrondies, transparentes, d'un jaune paille clair. Les deux autres sont en masses qui paraissent cassées. La jaune est souvent demi-opaline. On en a vu des morceaux du poids de près de trois livres, qui pourtant n'étaient évidemment que des portions de masses 88 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. encore beaucoup plusgrosses. La grosseur moyenne des morceaux est celle d'un œuf de poule. Il arrive au port de I.iverpool des quantités énormes de ces gommes-résines. L'importation s'est élevée à plus de 150 tonnes en 1855. Toutes servent à la fabrication des vernis, sous la dénomination com- mune de copal. Cruidc pratique du .lardinier niulfiplicatcnr, ou Art depro- pager les végétaux par semis, boutures, greffes, etc-^ ipar M. E. A. Car- rière. Un vol. in-12 de xiv et 272 pages. Paris, 1856. Chez l'auteur, rue de Buffon, 53. La multiplication des plantes est évidemment l'opération la plus impor- tantede la culture; aussi tous les livres publiés sur la culture des jardins et des champs renferment-ils nécessairement un chapitre sur les divers moyens à l'aide desquels on peut multiplier les espèces cultivées. De là, une multi- tude de petits traités presque perdus au milieu de traités plus généraux. M. Carrière a eu l'heureuse idée de réunir en un seul volume, commode pour le format et peu coûteux, sous une forme d'ailleurs et en des termes qui les rendissent facilement intelligibles à tout le monde ces nombreuses données éparses, et d'y joindre ce qu'a pu lui apprendre une longue expérience ac- quise dans les différents services qu'il a dirigés ou qu'il dirige encore au Jar- din des Plantes. C'est ce volume dont nous allons donner rapidement une idée aux lecteurs de ce Bulletin. L'ouvrage est divisé en cinq parties suivies d'une division qui a pour titre : « Observations générales.» La première partie est relative aux semis. L'auteur y examine d'abord : le sol dans ce qu'il peut avoir d'avantageux ou de désavantageux pour les semis; les conditions qui distinguent les bon- nes graines, la manière de les stratifier, la profondeur à laquelle on doit les semer, la préparation qu'il est souvent avantageux de leur faire subir avant de les confier à la terre, les soins dont elles doivent être l'objet après le semis, et l'époque a laquelle celui-ci doit être fait. Il passe ensuite à l'exécution même des semis, soit en grand, soit en petit, et il termine par des considérations générales sui' les graines et sur les divers modes de semis. La deuxième partie a pour objet les soins que doivent recevoir les plantes provenant des semis, savoir l'éclaircissage, le repiquage, l'empotage, le pincement, etc. Les plantes y sont considérées séparément selon qu'elles sont de pleine terre ou deserre, annuelles, bisannuelles, vivaces ou ligneu- ses. La section relative aux plantes de serre se termine par l'indication des moyens propres à la destruction des insectes qui s'y multiplient trop sou- vent au point de devenir funestes. La troisième partie traite des couchages ou marcottages. Elle en expose successivement la théorie et la pratique. La quatrième partie, relative aux REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 89 boutures, a reçu plus de développemenls. M. Carrière présente d'abord la théorie de cette opération ; il on indique le but et les avantages, ainsi que les conditions diverses qui sont nécessaires pour qu'elle réussisse. Tl passe ensuite à la pratique des boutures, et il examine successivement celles qu'on fait sans feuilles et celles qu'on laisse plus ou moins feuillées. 11 con- sacre quelques pages aux plantes vivipares, et il ajoute des détails sur le moyen de faciliter le bouturage de quelques espèces rebelles, sur le rempo- tage des boutures, les arrosements, etc.; enfin sur les soins à donner aux boutures pendant et après leur reprise. La cinquième partie traite de la greffe. Après avoir fait connaître le but, les avantages et les inconvénients de cette opération importante, l'auteur en développe d'abord la théorie, et ensuite la pratique. Il examine séparé- ment la greffe des végétaux ligneux et celle des plantes herbacées. Il divise la première en greffe par rameaux détachés, comprenant les greffes en fente, de côté, en couronne, en placage, anglaises, etc., et greffes dépour- vues de rameaux, c'est-à-dire en écussou et en flûte. Il ajoute des considé- rations générales sur les soins à donner aux greffes, sur le temps où il est avantageux de les pratiquer, sur le choix des rameaux qui les fournissent, etc. Il termine par l'indication des outils et des accessoires divers nécessai- res pour greffer. Les observations générales qui terminent l'ouvrage de M. Carrière portent sur les mères destinées à fournir des boutures, des marcottes, des greffes et des graines, sur les abris, sur l'enterrage des pots, enfin sur les différents modes d'ombrager les serres et les châssis. Comme conclusion générale, l'au- teur insiste sur la nécessité d'unir la pratique à la théorie. Ce petit ouvrage est de nature à rendre service aux cultivateurs par la clarté et la netteté de son style, par la précision de sa méthode, par l'exac- titude et la simplicité des données dont il présente l'exposé. SOCIÉTÉS SAVANTES. Société lilnnéeiiiie de Londres. Séance du 20 janvier 1857. (Voy. Gard. Chron. du 24 janvier 1857, p. 55.) l. Note on Spirauthes gemmipara [Note sur le Spiranthes gemmipara) ; par M. Liudley. Cette espèce rare d'Orchidée irlandaise fut découverte en 1810 , près de Cork. Elle fut publiée par J.-E, Smith sous le nom de Neottia gemmipara et figurée sous ce nom dans le supplément à V English Botany. Dans son Gênera and Species of Orchid. Plants, M. Lindiey la rapporta au genre Spiranthes, en faisant observer qu'elle ressemblait au 5'. Romanzoffiana , de l'Unalaschka, au point qu'on ne pouvait guère douter de l'identité des ^^ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. deux. Plus tard, M. Babington en fit, sans hésiter, un synonyme du Spi- rnnthes cernna A' kmérique. Dansuneétude récente des Néottiées, M. Lindley a été conduit à rechercher la valeur de ces différenles manières de Voir, et Il est arrivé à reconnaître ainsi que la plante irlandaise constitue une espèce parfaitement distincte et séparée, limitée à un petit canton de l'Irlande. Il a vu que cette espèce a beaucoup plus de ressemblance avec le S. autufn- nalïs qu'avec le 5'. cernua, et qu'elle se distingue de la preiiiière de ces plantes par son épi serré, à trois rangs de fleurs, par sa tige feuillée, à peiiië plus longue que les feuilles radicales, par sou ovaire court, pyriforrae, enfîù par la base très large de son labclle. IL Contributions to the Orchidology of India , n° 1 . {Premier mémoire sur les Orchidées de l'Inde), par M. Lindley, Ce mémoire commence une série de travaux que M. Lindley se propose d'écrire sur les Orchidées de l'Inde. Le fait le plus remarquable et inattendu qui s'y trouve consigné consiste en ce que le savaut auteur a reconnu pour plusieurs espèces une diffusion géographique très étendue. Jusqu'ici ou avait pensé que les Orchidées étaient extrêmement locales. Il est probable qu'il en est ainsi, en effet, pourles espèces épiphytes; mais il en est tout autrement pour les espèces terrestres, dont certaines sont aussi largement disséminées que les plantes les plus ubiquistes, appartenant à d'autres familles, dont on ait encore connaissance. Ainsi VOrckis lotifolia , qu'on savait se retrouver dans le nord-ouest de l'Inde, a été découvert]aussi dans le Thibet occidental. L' Herminiwn i/onorc/»'s, identique à la plante anglaise, a été rencontré dans le N.-O. de l'Inde, et parait exister aussi dans le Sylhet; tandis que, d'Un autre côté, VH. unalaschkense, des îles Aléoutiennes, s'est trouvé identique Sl\2cV II. congestum, dès Alpes du Sikkim. Le Gyrnnadenia cucullata, Triante de l'est de l'Europe et de la Sibérie, a paru à M. Lindley être le mêtne qu'une Orchidée récoltée par le D' Hooker sur le Sikkim, à une altitude de 14,000 pieds anglais (4270™), Le Goodyera repens est commun dans le Sikkim, tandis que le G. procera s'étend aux INeilgherries, à Ceyian, à Java et à la Chine. Le Zeiixine sidcata , trouvé à Hong-Kong, ftUx Philip- pines et à Ceyian, s'est montré aussi dans les plaines de l'Inde jusqu'à Peshawur. Une plante que AL Lindley croit être le Spiranthes autumnalis se trouve dans le N.-O. de l'Inde. Le Sp. australis parait croître partout, de la Sibérie, de Peshawur et du N.-O. de l'Inde en général, des Neil- gherries, de Ceyian et Java, jusqu'à la Chine, la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Zélande. M, Lindley fait observer que cette plante variable n'est probablement pas autre chose que notre Sp. œstivalis. VEpipactis veM- trifolia, plante remarquable de la Perse, a été trouvé à Peshawur, et l'auteur ne doute pas que les espèces communes de l'Inde, décrites sous les noms de Epipactis consimilis, macrostachya, herbacea et Dalhousiœ ue soient HlîVUK BlHLlOGnAPHlOIK. 91 de simples formes de notre ^. Intifolia. \.e Cephaiœithern acuminata, qui a été trouvé dans tout le nord de l'Inde, est identique au C. e/îsî/b/zfl d'Europe. \' Epipofjinm Gmeiini, rencontré récemment en Angleterre, a été trouvé danS'le Sirmur. Une découverte plus remarquable encore est celle qui a été faite dans le Sikkim d'une espèce du genre 'l'ijmlarin qu'on croyait propre aux États-Unis. L'espèce indienne, ((uoique différente à certains és^ards de Celle d'Amérique, n'est probablement pas autre chose qu'une forme de celle- ci. Des faits de cet ordre sont, dit M. fjndley, d'autant plus importants, qu'ils montrent que les modes ordinaires de dispersion des plantes par les oiseaux, les vents et l'homme, n'ont pu agir dans ces cas, ou que du moins ils sont insuffisants pour expliquer une distribution géographique si remar- quable. — Le reste du mémoire est consacré principalement à l'énumération de 70 espèces d'Orchidées de l'Inde. 'Il se termine par quelques remarques critiques sur les genres du groupe des Physuridées , et par un tableau ana- lytique qui montre plus nettement les différences entre ces genres. MÉLANGES. £lo|;;io di Filippo Barker fVebb {Eloge de Philippe Barker Webb); par M. Parlatore. Brochure in-i" de 113 pages, avec un portrait lithog. Florence, 1856. Typog. Le Monnier. Cet éloge de Ph. Barker Webb a été prononcé par M. Parlatore, à Flo- rence, le 1" décembre 1855, dans la séance solennelle qui eut lieu à l'ou- verture du cours de botanique, en présence d'un auditoire aussi nombreux que choisi. Nous n'essayerons pas de résumer ici, d'après cet écrit remar- quable, les détails de la vie seientiliquê de ce botaniste distingué, dont les ouvrages ont puissamment contribué aux progrès de la science, de cet homme excellent dont le souvenir vit dans le cœur de tous ceux qui l'ont connu. Ce résumé serait maintenant superflu dans ce Bulletin, où M. .T. Gay a déjà consigné ( Voy. Bulletin de lo Société botanique de France , III , 1856, pp. 37-52) le récit de la vie de Webb et une appréciation éclairée de ses œuvres. Nous nous contenterons de dire que M. Parlatoi-e n'a pas Seulement publié l'éloge de Ph. Barker Webb, mais qu'il y a joint plusieurs appendices qui augmentent encore l'intérêt de sa publication. L'une de ces additions (pp. 39-50) comprend la description des magnifiques collections que Webb avait formées à Paris et qu'il a léguées au grand -duc de Tos- cane. Ces collections sont : 1° sa bibliothèque botanique, composée, d'a- près le relevé de [M. Parlatore, d'environ 5000 volumes ou brochures; 1° son herbier, qui ne comprend pas moins de 1110 paquets, et dans lequel se trouvent, outre les plantes recueillies par lui-même, /lOOO espèces don- nées par Pavou, les précieux herbiers de Labillardière et de Desfontaincs, 92 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, ainsi que plusieurs autres plus OU moins considérables. D'après M. Parla- tore, cette riche collection contieiulrait environ 80,000 espèces de plantes. Un autre appendice (pp. 51-70) est consacré à la description de l'herbier central italien, et plus gonëralementdes herbiers qui existent dans le musée de physique et d'histoire naturelle de Florence, parmi lesquels on doit citer surtout ceux de Césalpin, de Micheli, et une collection venue de Linné lui- même. L'énumération seule de ces collections réunies à Florence n'occupe pas moins de onze pages à deux colonnes. Elle est présentée d'après l'ordre géographique. Enfin, pensant avec juste raison qu'un homme se peint tout entier dans sa correspondance intime, M. Parlatore a publié, à la suite des parties que nous venons d'indiquer, un choix de lettres écrites par Webb à quelques-uns de ses amis pi y en a joint un certain nombre d'autres choi- sies parmi celles que Webb avait reçues des savants les plus distingués de notre époque. rn très vieux pied d'Aubépine. [Gardeners Chronicle du h oc- tobre 1856, p. 660). A Hethel Hall, dans le comté de Norfolk, en Angleterre, existe le pied d'Aubépine le plus vieux peut-être de toute l'Europe. Comme le dit le rédac- teur du journal anglais, c'est peut-être un témoin de la conquête romaine, et des cérémonies du culte druidique. Il est mentionné sous le nom devieille Aubépine dans un acte qui date du commencement du xiii' siècle, et il est dit, dans une vieille chronique, qu'il servit à préciser le lieu où se tint une assemblée pendant une insurrection des paysans, sous le règne du roi Jean. D'après M. Grigor, qui l'a décrit et figuré en 18ai, il présente les dimen- sions suivantes : à 30 centimètres de sa base son tronc a une circonférence de 3'",675 (12 pieds 1 pouce angl.), et à 1"',525 de hauteur il a a'",3Zi5 de tour (l/i pieds 3 pouces angl.). La circonférence de l'espace qu'il couvre de ses branches est de 28"', 33^ (31 yards). Le tronc de cet arbre est réduit à une simple lame; néanmoins il n"a pas cet air de décrépitude que présentent quelquefois les vieux Chênes. Quant à sa cime, elle est fort singulière d'aspect, a cause du curieux entrelacement de ses branches. Son écorce est très dure et très dense. La particularité la plus singulière que présente cet arbre consiste en ce que toutes ses branches forment un tube par suite de la destruction delà plus grande partie de leur bois et qu'en outre plusieurs sont fendues d'un côté de manière à ressembler à une planche enroulée. On dirait que le tronc lui-même a été divisé en lanières longitudinales qui se sont ensuite recourbées en tube. Cette singulière manière d'être se retrouve dans d'autres vieilles Aubépines qui existent dans le voisinage. C'est à l'écar- tement de ces divisions que le tronc de l'arbre doit d'être plus gros à 1 mètre et demi du soi qu'à sa base. — >Lalgré sa vétusté la vieille Aubépine de REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 98 Helhel est eu bomio végétation. Le propriétaire du sol sur lequel elle se trouve veille avec soin à sa conservation. NOUVELLES. Une nouvelle chaire vient d'être créée au .lardin des Plantes de Paris, avec la quali(icatioii de Chaire de Plajsique végétale. Le chimiste, M. G, Ville, à qui l'on doit des expériences ayant pour but de démontrer l'absorp- tion directe de l'azote de l'air par les végétaux, a été appelé à la remplir. Les Botanistes auraient applaudi à cette création, si elle avait dû donner ce qu'indiquait le mot de Physique végétale , employé autrefois et même jusqu'à nos jours pour désigner la portion de la science qui étudie les plantes au point de vue de leurs organes et de leurs fonctions. Ils auraient vu avec bonheur ce premier pas dans un retour vers l'état normal, qui a cessé, pour l'ensei- gnement de la Botanique à Paris, par la suppression récente des deux chaires restées vacantes à la mort de Ad. de .lussieu. Malheureusement le choix du nouveau professeur ne laisse aucune illusion à cet égard, ses connaissances toutes spéciales devant nécessairement donner à ses leçons une direction purement chimique et physique, mais nullement botanique. — Un acte de noble désintéressement vient d'être accompli au profit du Jardin des Plantes de Paris. La famille de Jussieu a donné à cet établisse- ment la portion la plus précieuse des collections dont elle avait hérité à la mort de notre illustre Ad. de Jussieu. Cet éminent botaniste, n'ayant eu que deux filles , a mis fin en sa personne à cette longue suite de générations d'hommes justement célèbres qui, pendant plus d'un siècle, ont maintenu au premier rang en Europe la Botanicjue française, et qui ont élevé d'abord , affermi ensuite, l'impérissable monument de la Méthode naturelle. L'her- bier formé par Bernard, Antoine Laurent et Adrien de Jussieu, dans lequel ils avaient trouvé les éléments de leurs immortels travaux, était dès lors, pour notre pays, un de ces trésors dont les nations sont justement fières et qu'elles conservent comme de véritables titres de gloire. C'est ce qu'avait très bien senti l'administration du Jardin des Plantes ; aussi avait-elle demandéque leGouvernement voulût bien fairel'acquisitiondeces précieuses collections. Cette demande est devenue superflue , grâce à la généreuse dé- termination qui a été prise par la famille de Jussieu. ÎNous croyons devoir faire connaître aux lecteurs de ce Bulletin la lettre par laquelle MM. A. Ramond et H. Fizeau, les deux gendres de Ad. de Jussieu, ont annoncé à l'administration du Jardin des Plantes le don important qui lui était fait: « Paris, 25 mars 1857. » Messieurs , » Vous avez bien voulu exprimer le désir que les herbiers des Jussieu fussent achetés par l'État, pour être conservés au Muséum. 94 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. • 1) Notre famille a pensé, comme nous, qu'il serait plus lionorable encore pour elle que le Jardin des Plantes reçût ces herbiers à titre de don. INous vous prions de vouloir bien les accepter. Ils se composent : » 1° De l'herbier de Bernard et d'Autoine-Laurent de Jussieu ; » 2° De l'herbier de notre beau-père, M. Adrien de .Tussieu, à la seule exception de l'herbier de France, qui n'aurait que peu d'intérêt scientifique ; ' » 3° De divers anciens herbiers. » Nous aurons aussi l'honneur de vous remettre , dès que nous les aurons nous-mêmes réunis, les manuscrits imprimés et inédits des Jussieu, ainsi que dès catalogues du Jardin des Plantes et des papiers relatifs à l'histoire de cet établissement. » Nous osons espérer, Messieurs, que l'administration du Muséum vou- drabien affecter un local spécial à l'herbier de Bernard et d'Antoine-Laurent de Jussieu, et faire conserver à part les manuscrits de la famille. Si l'herbier d'Adrien de Jussieu devait être réparti dans l'herbier général du Muséum, nous attacherions beaucoup de prix à ce que chaque échantillon reçût une étiquette indiquant son origine. » Agréez, etc. A. Ramond, H. Fizeau. » — Depuis le commencement de l'année 1857, il paraît à Paris un nou- veau journal d'horticulture, sous le titre de y Horticulteur praticien. Le directeui- de cette publication est M. Galleotti, de Bruxelles. Le format de ce nouveau journal est grand in-S". Il parait par livraisons mensuelles contenant chacune deux planches coloriées. BIBLIOGRAPHIE. Flora oder allgciiieiuc botauischc Zeitiiug;. Articles originaux publiés en 1856. Buchenau (Franz). — Bemerkungul)er Sorhus hybrida L. (Remarque sur le Soibas Iiybridu L.) ; n" 1, 7 janv. , pp. \-h. Hoclistetter. — Kritische Bemerkungen iiber einige exotische Grasgat- tungen und dahin gehoerige Arten (Remarques critiques sur quelques genres exotiques de Graminées et sur les espèces qui y rentrent) ; n° 2, , lajanv., pp. 17-29i n" 6, U fév., pp. 81-95; n° 7, 21 févr., pp, 97-112. Dans ce travail, qui fait suite à un premier article publié dans le Flora en 1855 (n° 27), M. Hochstetter examine successivement les genres Trisetaria Forsk. , Anotnalutis St ud. , Crinipcs Hochst, , //a;*- pachne Id., Hcterantkelium Id., Amblijachirwn Id., JJcte?'opugon Pers. , Elionurus ^^'illd., Ischœnnan L. Wydler (H.). — Morpbologische Notizen (Notices morphologiques) \ w!" 3, 21 janv., pp. 33-^7; plane. 1-111. REVUE HIULKKiUAPIIIQli;. Hft Heuffel (Joli.). — Dicin Uugarn vorkommendeu Arlender Galtiing Knautia Coult., etc. (Les espèces du genre Knautia Coult. (lui se Irouveut ea Hongrie, avec quelques remarques); n" h, 28janv., pp. /i9-r)6. Lchmann (C.-li.) et Sc/miUspahn (G.). — Semjjervioum lomentosum, eine lieue Art ans der Gruppc der Arachnoideœ {Sempcruivum (omcntosum , nouvelle espèce du groupe des Arac/moideœ), n. h, 28 janv,, pp. 56-59. Jaeycr (G.). — Uebcr die relative Unschaedlichkcit von lieschaedigungen des Starams und der Blaelter, etc. (Sur l'innocuité des blessures de la tige et des feuilles avec perte de substance relativement au développe- ment des feuilles et de toute la plante et sur les productions de racines à des places inusitées) ; n" 5, 7 fév., pp. 65-72. C«^/;an/ (Robert). —Ueber die taegliche Période des Wachsthums des Blattes der Victoria regia Lindl. (Sur la période journalière de l'accroissement de la feuille du Victoria regia Lindl., et sur l'accroissement des plantes en général) ;n° 8, 28 fév., pp. 113-126; n" 9, 7 mars, pp. 129-1^3^1° 10, \k mars, pp. 1^5-160; n" 11, 21 mars, pp. 161-171. Martrin-Donos (C^ Victor de). — DescriptioGlaucii noviaunexisdiagnosibus specierum affinium; n" 11, 21 mars, p. 171. Hochstetter. — Kritische Bemerkungen ueber einige exotische Grasgat- tungen und dabin gehoerige Arten, wodurch Irthuemer verscbiedeuer Autoren berichtigt, etc. (Remarques critiques sur quelques genres de Graminées exotiques etsur les espèces qui y rentrent, destinées à rectifier leserreursde divers auteurs, et particulièrement adonner des explications sur plusieurs Graminées publiées par VUnio itineraria) ; n" 12, 28 mars, pp. 177-192. Sendtner (0.). — Zur Kenntniss der bayerischen Brombeerstraeucher (Sur les Rubus de la Bavière) ; n" 13, 7 avril, pp. 193-205. Schultz (F.). — Eine neue Anémone (Une nouvelle espèce d'Anémone) ; n" 13, 7 avril, p. 205. Massalongo (A.-D.-B.). —De nonnullis Collemaceis ex tribu Omphalariea- rum, W \k,\h avril, pp. 209-215. Boeckeler. — Neue americaniscbe Biedgraeser (Nouveaux Carex d'Amé- rique) ;nM5, 21 avril, pp. 225-231, Massalongo (A.-D.-B.). — De Thamnolia génère Lichenum nondum rite de- finito brève commentarium ; n° 15, 21 avril, pp. 231-235. Arnold (F.).— Ueber dicLaubmoosedesfraenkischen Jura (Sur les Mousses du Jura français); n" 16, 28 avril, pp. 2^1-250. Dippel. — ZurPrimordialscblauchfrage (Sur l'utricule primordiale); n°17, 7 mai, pp. 257-268; n° 18, 1^ mai, pp. 273-281 ; plane. IV. Massalongo (A.-D.-B.). — Gênera lichenum aliquot nova proponit et de- scribit; n" 18, 1^ mai, pp. 281-286; n" 19, 21 mai, pp. 289-292. Landerer (X.). — Ueber die iuGriechenlaud vorkommenden Arzneipflanzen 96 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. (Sur les plantes médicinales qui croissent en Grèce) ; n° 20, 28 mai, pp. 305-317. Boeckeler. — Kritische Bemerkungen ueber einige Seggen (Remarques critiques sur quelques Carex qui ont été présentés comme espèces nou- velles par Steudel dans son Synopsis pi. Ci/pemc); n"21, 7 juin, pp. 321-329. Wolfner. — Kritische Bemerkungen ueber mehrere neue, seltene oder zweifelhafte Pflanzeu der Flora Boehmens ^lAemarques critiques sur plu- sieurs plantes nouvelles, rares ou douteuses delà Flore de Bohême); n''22, l^juin, pp. 337-349. Schuitz (C. -H.-Bip.) . — Verzeichniss der Gassiniaceen, velche Herr Edelstan Jardin in den Jahren 1853-1855, auf den Insein des stillen Océans gesammelt hat (Catalogue des Cassiniacées récoltées par M. Edelstan Jardin en 1853-1835 , dans les îles de l'Océan pacifique); n° 23 , 21 juin, pp. 353-362. Schuitz (F.). — Die inFrankreich vorkommenden Arten von Gagea (Sur les espèces de Gagea qui croissent en France) ; n" 23, 21 juin, pp. 363-366. Fries (El.)— Beitrag zur naeheren Bestimmung von SchaeflVr's Icônes Fun- gorum Bavariœ et Palatinatus (Note relative à la détermination des Icônes Fungorum Bavariœ et Palatinatus de Schaeffer) ; n° 24, 28 juin, pp. 369-373. Vogel (A.). — Beitraege zur Kenntniss des Verhaeltnisses zwischen Licht uud Végétation (Notes sur les rapporisqui existent entre la lumière et la végétation) ; n''25, 7 juillet, pp. 386-388. Buchenau (Franz). — Monstrositaet der Bluethe bei Dipsacus fullonum Mill. (.Monstruosité de la fleur dans le Dipsacus fullonum Mill.) ; n° 25, 7 juillet, pp. 389-393. Steudel. — Einige Beitraege zu der Chilesischen und Peruanischen Flora, etc. (Quelques notes relatives à la Flore du Chili et du Pérou, écrites surtout d'après les collections de Bertero et de LeclUer); n" 26, 14 juillet, pp. 401-412 5 n° 27, 21 juillet, pp. 417-426 ; n° 28, 28 juillet, pp. 436- 444. Guembel (Tii.) — Zur Entwickelungsgeschichte von Viscum album (Sur le développement du Viscum album) \ w" 28, 28 juillet, pp. 433-436; plane. VI. Landerer {X.). — Botanische Notizen aus Griechenland (Notices botani- ques relatives à la Grèce) ; n° 29, 7 août, pp. 449. Koernicke (Fv.) Beitrilge zur Kenntniss der Gattung Crocus (Notes relatives au genre CrocMs) ^ n» 30, 14 août, pp. 465-478). Parla. - Imprimerie de L. MihTiftET, rue Mignon, 2. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE. SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1857. PRÉSIDENCE DE M. MOQUIN-TANDON. M. Diicliartre, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 30 janvier, dont la rédaction est adoptée. Par suite de la présentation l'aile dans la dernière séance, M. le Président proclame l'admission de: M. Keteleer, horticLilteiu', rue de Charonne, lZi6, à Paris, pré- senté par 31M. Boisduval et Duchartre. M. le Président annonce en outre trois nouvelles présentations. Dons faits à la Société: 1" Par M. Decaisne : Le Jardin fruitier du Muséum, livr. 1 et 2. Note sur le Jardin fruitier du Muséum (extrait des comptes rendus de l'Académie des sciences). 2° De la part de M. Àttilio Tassi, de Lucques : Indice alfabetico dei giardini botanici o stahilimente coi quali VI. R. orto botanico di Lucca trovasi in correspondenza. Index scminum quœ in anno 1856 reperiuntur in eodcm horto I. R. botanico. 3» De la part de M. C.-M. Guillemin : Composition de laradiatlon solaire; son influence sur les êtres vivants. /i" En échange du Bulletin de la Société r Bulletin de la Société impériale zoologique d'acclimatation.^ numéro de décembre 1856. L'Institut., jativiei- et février 1857, trois numéros. T. IV. 7 98 SOCIÉTÉ BOTANIQUE \)E FRANCE. M. Duchartre, secrétaire, donne lecture cVune lettre de M. Leclère, de 3Iontivilliers (du 11 février), relative aux sécrétions de quelques Orchidées, etc. (1). MM. les Secrétaires donnent lecture des communications suivantes, adressées à la Société : NOTE DE M. ROBERT CASPARY SIH LA DIVISION DE LA FAMILLE DES HVDROCHARIDÉES , PROPOSÉE PAR M. CHATIN. (Bonn, n janvier 1857.) Notre honorable confrère, M. Chatin , a cru devoir diviser les Hydro- charidées en deux familles, les Ottéliacées et les Hydrocharidées propres [Comptes rendus, XLI, 1855, p. 819, et Anatomie comparée, 1856, p. k). Les caractères des deux familles sont, selon lui, les suivants: Ottéliacées. — Ovules anau-opes. A. Ottéliées. — Axes et feuilles tous vasculaiies. Des stomales à la face su- péiieure des feuilles. Plantes flouantes. (Ottelia.) B. Enhalées. — Ovules à une seule uiembrauc. Axes et feuilles non tous vasculaires. l^as de stomates. Plantes immergées. {Stratiotes, Enhalm.) Hydrocharidées. — Ovules oitho- tropes. A. Hydrocharéen. — Axes et feuilles tous vasculaires. Des stomates à la face supérieure des feuilles. Plantes flot- tantes. {Hijdrocharis, Limnobium.) B. Vallisnériées. — Ovules à une seule membrane. Axes et feuilles non vasculaires. Vas de stomates, liantes immergées. ( VaUisneria, HydrHla,Ana- charis, Udora.) Quant à la subdivision des Hydrocharidées propres en Hydrocharées et Vallisnériées, un des principaux caractères sur lesquels elle est fondée est que les premières ont, a la lige et aux feuilles, des vaisseaux qui, selon M. Chatin, font défaut cbez les autres. M. Cbatin a dit aussi ailleurs [Comptes rendus, 1855, XLI, 695, et Anat. comp., p. 21) que les vaisseaux manquent aux ylnac/irtnc/ec's Endl., et il est vrai que, cbez ces plantes, la ti^e adulte n'a point de vaisseaux; mais j'ai trouvé dans la tige non adulte de VAnacharis Ahinastrum Bab. [Elodea canadensis Ricb.) que j'ai examinée sur le vivant, a environ une ligne au-dessous du bourgeon terminal, un vaisseau central tout seul (et non pas un faisceau de vaisseaux!) parcou- rant dix a quinze entre-nœuds, et duquel partent à chaque nœud trois autres vaisseaux qui se dirigent vers les feuilles , saus toutefois sortir de la ti"e. Mais bientôt ces vaisseaux, qui sont des vaisseaux annulaires impar- (1) M. liCclère ayant complété sa commuiiicalion par une seconde lettre lue à la séance du 27 ft-vricr, c'est dans le compte rendu de cette séance (voyez plus bas page lZi8) (lue Pou trouvera les extraits de ses deux lettres. SKANCIO DU 13 ILVIUIU J857. 09 iaits, sont résorbés, et le vaisseau central de hi tige est traiisfoimé en un canal qui se Irouvo au milieu du faisceau de cellules longues, cylindriques, remplies de matière azotée, qui parcouri la tige. Les autres Anacharidées ont probablement aussi ces vaisseaux transiloiies, mais il est impossible de s'en convaincre par l'examen d'échantillons desséchés. Or, si les Ana- charidées possèdent des vaisseaux, elles n'appartiennent pas à la tribu des Vallisnériées de iM. CJiatin, caraclérisée, suivant lui, par l'absence de vaisseaux; ou bien il faut cesser d'admettre ce caractère comme distinctif delà tribu. D'ailleurs, M. Chatin lui-même a trouvé (une seule fois, il est vrai) une petite tiachée dans le Vallisneria spiralis , trachée (jui, dans l'or- gane où elle a été vue, existe peut-être toujours pendant la jeunesse de cet organe. La structure des fleurs ne diffèi-e pas essentiellement dans les denx familles sépai'ées par M. Chatin, et notre honoiable confrère lui-même reconnaît que la différence principale réside dans l'ovule, qui, suivant lui, est anatrope chez les Ottéliaeées et orîhotrope chez les Hydrocharidécs. Je n'ai pas eu occasion d'examiner le genre En/talus; mais les genres Strutiotes et Ottelia oui en effet des ovules anatropes; ceux de VOttelia ont deux tégu- ments 5 quant à ceux du Slratiotes, je ne puis pas reconnaître, sur le sec, s'ils n'en ont qu'un seul. iM, Chalin a aussi raison en disant que le genre H'jdrocharis a des ovules orthotropes à deux téguments. Endlicher {Gen. pL, 1216) décrit ces ovules comme ascendants et anati'opes, ce qui n'est pas exact. Mais quant aux ovules des Vallisnériées, les caractères que M. Chatin leur attribue ne me paraissent pas tout à fait d'accord avec les faits. J'ai examiné, il y a déjà quelques années, dans les herbiers publics de Berlin et de Vienne et dans ceux de quelques amis, les ovules de plusieurs piaules de ce groupe, telles que les Serpicida verticillata L. fil. (de l'her- bier de Willdenow), Hydrillaovalifolia Kich., H. najadifolia Zoll, et Mor. H. augiistifolia Mas^-k., Elodea giiyanensis Rich., E. canadensis Jlich., Anacharis Auttal ii Pïanch., A. ckilensis Planch., A. Alsinastrum Bi\b.^ Lagarosiphon muscoides Harv. , L. cordofanus [Udora cordofana Hochst.), et j'ai trouvé les ovules de toutes ces plantes, sans exception, à deux tégu- ments et non pas à un seul, comme M. Chatin les décrit. On peut s'en con- vaincre en traitant ces ovules avec une solution de potasse caustique, qui rend les téguments visibles, au moins pendant quelques instants. J'ai vu aussi deux téguments chez le Vallisneria , et M, Chatin lui-même attribue avec raison deux téguments à l'ovule de cette plante, dans sa notice publiée dans le Bulletin de la Société Botanique de France (t. I, 185Zi, p. 362, en note), quoique ailleurs il ne lui en donne qu'un seul [Comptes rendus, 185^, p. 822, et Mém. sur le Vallisn. spircdis, 1855, p, 16 et 29, pi. o, fig. 11, 11' et 13). Du reste, le \ullisneria spiralis a en effet des ovules orthotropes et dressés, comme les a trouvés M. Chatin, et non pas 100 SOLIÉTfc; BOTAMQLE DE FIIANCE. ascendnnts et anatropes comme Endlicher les décrit. Mais ni l'orthotropie, ni les deux téguments des ovules du V. spiralis ne sont des faits nouveaux. M.Treviranus(6'//»?6oto, 1831, p. 7/i, tab. IF, f. ^3 elhh] a décrit et figuré la graine de cette plante et son embryon comme inverse, et M. Scbieiden a aussi, dès 1837 [Nov. acta Acad. Lcop. Car., XIX, ii, p. ^5, t. 3, f. 25), décrit et figuré ses ovules comme orthotropes et pourvus de deux tégu- ments, qui ne sont pas formés, comme le dit M. Cbatin {Bull. Soc. Bot. Fr., I, p. 362), d'un seul rang d"ulricules, mais de deux, les téguments d'aucune plante n'étant jamais, ([ue je sacbe, formés d'un seul rang(l). Les ovules dt'S Eludea, Anachuris [Lkloro], Lagarosiphon, sont en effet ortbo- tropes, ainsi que M. Cbatin lésa trouvés. Ricbard figure la graine de VElodea comme ayant la plumuledirigée vers le bas(;'J/em. de l'Institut^ aun. 1811, pi. 1, F.), de sorte que l'on peut en présumer l'orthotropie, bien que, par erreur, Endlicher ail décrit, chez VUdora {Elodea Uich.), la radicule comme infère. M. Harvey [Hooker's Journ. ofBot., 1862, IV, p. 230, pi. 22) a figuré avec exactitude les ovules du Lagarosipfion comme orthotropes-, mais, dans la description de la graine, il a commis une erreur en décrivant la radicule comme infère. Quant au genre HydriUa, M. Cbatin n'a pas reconnu exacte- ment l'organisation et la situation des ovules. Chez Vlli/drilla verticillata [Serpicula verticillata L. fil.) les ovules ont deux téguments et sont ana- tropes. Les ovules supérieurs ou les deux plus hauts sont généralement ascendants, c'est-à-dire qu'ils ont le funicule dirigé vers le haut et le inicropyle vers le bas. Les autres ovules sont pendants et leur micropyle est dirigé vers le haut; mais je n'ai pas été le premier à observer cela , car M. Hasskarl [PL juv., 18/i8, p. 118) adéjcà décrit la direction différente des divers ovules de YHtjdrilla\ mais ce botaniste indique à tort les ovules supérieurs comme pendants et les ovules inférieurs comme ascendants. Ra- rement on trouve, par anomalie, un ovule hémi-anatrope. M. Cbatin, <à l'exeniple de Près! [Abhandl. dcr Kœnigl. Bœhm, Gesellsch. d. Ms.s., 18/;5, 111, 562) et de M. Plancbon {Anii. se. nat., 3" série, 1869, XI, 79), a réuni dans le genre HydriUa [Anat. comp., p. 22) les II. ovali- folia Ricb. et tuijadifolia Zoll. et i\Ior., et le Lagarosiphon Harv., c'est- à-dire des plantes génériquement différentes. Dans la diagnose du genre Ilgdrilla [loc. cit.), il décrit les spatlus des fleurs mâles comme uniflores,et néanmoins il place le Lagarosiphon dans le genre Hndrilla, bien que, cbez le Lagarosiphon, un grand nombre de fleurs mâles se trouvent réunies dans une même spathe, ce que M. Harvey a bien figuré {Hooker's Journ. of Bot., (Ij La fij;uro (!<> l'oviili' du \'(illisnf'ria spiralis (Iouik'i' par M. .Schk-idon rst reproduite dans les Ainialrs dos svicnccy naturelles {'ô' .série. iS2id, \\. Vi, (ig. 3), mais mullicureuscnKMil i'exi)licaiiyii de o/tie figure ne se trouve pas dans le icxlc. SI^.ANCK V.V. n IKVniKU 1857. 101 TV, pi. 22, fig. '^ (l/i)- l-t'sc;iraolcMCs {linVieiiticIs des -oi.ifs J/ydnl/n d Lnrjnrosiphon sont les siiivaiUs, outre ci'liii qui est relatif au nombre de lleiirs niâlos contoiîues dans la spathe. llljdrilla lîicli. . Lagaroaiphon llarv. 1. demmiilae ortiiotropa', 2. G(Mnniulae onines orocla', ;5. Folia sparsa, U. Folia duo (vel Iria?) membraiiacea ad basin rami in vagiiuun coiinata. 1. r.emmula; aiiatiop;i>, '2. C.pmmidœ inftîriorcs pcndniai, supe- riores adscendentes, 3. Folia verllcillala, h. Foliiim uniciim ad basln rami ani- plcxicaulo. Tl me paraît résulter de ce qui précède, que le genre Hydrilla ayant des ovules anatropes et ne pouvant d'ailleurs être séparé de ses plus proches voisins les genres Elodca {Anacharis et [/dora Auct. — Apalanthe Plancb.) et Lagarosiphon, la division des Hydrocbaridéesde Richard en Ottéliacées et Hydrot'haridécs propres, proposée par M. Chatin et basée uniquement sur l'organisation des ovules, ne peut être maintenue. LETTRE DE M. E. GERM.%IIV DE SAI\T.PIERRE. i A Monsieur le Président de la Société Botanique de France. ' Coslebelle, près Hycres (Var), 31 janvier 1857. Monsieur le Président, l'état de ma santé m'oblige à passer cet hiver loin de Paris; je suis allé demander au beau ciel et à la douce température do la Provence les forces dont je désire surtout le retour pour les consacrer, comme par le passé, tout entières à l'étude. Veuillez, je vous prie, me per- mettre de dire à nos confrères de la Société combien je suis cruellement privé de ne pouvoir assister de plusieurs mois à nos séances. J'ai quitté mon séjour d'été de la INièvre le 20 novembre; à Mâcon les montagnes étaient couvertes de neige; à Lyon ce n'était plus qu'une pluie froiJe et un ciel brumeux ; à Nimes, où j'arrivais le lendemain, je trouvais un ciel pur, un soleil magnifique, une température tiède le matin et cliaude le jour. — Le point que j'habite aux environs d'Hyères (à Coste- belle) est presque le plus méridional du littoral de la France; j'ai compris, dès mon arrivée , tout le parti que je pouvais tirer , pour mes recherches, d'un hiver passé sous un pareil climat. J'adresserai à la Société l'ensemble des notes botaniques que j'ai recueillies" en décembre et en janvier; j'ai partagé ces notes en plusieurs séries qui com.prennent : 1" des observations relatives à la flore locale (époques de floraison et de maturation, etc.); 2' des observations relatives aux plantes cultivées ici en pleine terre et particulièrement aux plantes tropicales; 10*2 SOCIÉTÉ ROTAMQIE DK FRANCE. 3° eniiii, des observations diverses d'orjïanogi-aphie et de tératologie, — J'ai t'onsigné dans ces notes ce qui frnppe le plus un liabitant du nord trans- porté brusquement à la pointe la plus méridionale de la Provence, et étonné de trouver, sans quitter le sol de la France, un climat propre à la végéta- tion des Palmiers. Je n'envoie d'ailleurs à la Société que les impressions de voyage d'un botaniste; quelques faits m'ont paru peu connus^ d'autres, qui le sont davantage, auront surtout le mérite d'être signalés, non par oui- dire, mais de visu. Il ne faudrait pas, du reste, juger du climat et des pro- ductions de la Provence par ce que j'ai à dire des environs d'Hyères; ce petit coin de la France doit en effet sa température (exceptionnelle même pour le littoral de la Provence) à ce qu'il est complètement abrité des vents du nord par une triple ceinture de montagnes qui en font une véritable serre cbaude à ciel ouvert. J'ai Thonueur, etc. OBSERVATIONS SUR L'ÉTAT DE LA VÉGÉTATION AUX ENVIRONS D'HYÈRES PENDANT LES MOIS DE DÉCEMBRE 185G ET DE J.\NVIER 1857, par M. E. C^FK'HAIX I»E § I, — VÉGÉTATION SPONTANÉE. Aspect du pays aux environs d'Hyères. — Les montagnes qui dominent Toulon sont rocheuses et dénudées-, en se rapprochant d'Hyères, oit peut, des points culminants, apercevoir à l'horizon les sommets des basses Alpes et des montagnes de Nice, actuellement couvertes de neige; mais les mon- tagnes du premier et du second plan sont moins élevées : c'est là que s'é- tendent les bois de Chêne-r.iége. Une chaîne de hautes collines, qui court parallèlement à la côte et dont le pied plonge dans la mer, est cou- verte de forêts de Pinus halepensis, et sur quelques points de la côte de Pinus Pinea. C'est dans le repli d'une de ces collines, et au niveau de la petite ville d'Hyères (Olbia), qu'est située la villa de Costebclle, centre de mes explorations. Un bras de mer d'une à deux lieues de largeur sépare la côte de la presqu'île de Gien et des îles montueuses de Porquerollcs, de Port-Croset du Levant [Insidœ Stœchades). Gien et les îles de Por(iuerolles et de Port-Cros sont peu habitées : une garnison occupe les forts qui y sont établis. L'île du Levant ou du Titan, qui est la plus grande et la plus éloi- gnée, est presque entièrement livrée à la nature et doit être, par consé- quent, la plus intéressante au point de vue de la végétation spontanée; elle est cependant moins accidentée que les précédentes. Quelques îlots plus ou moins couverts de végétation, et qui élèvent à la pointe des îles leurs ro- chers dénudés au-dessus de la mer, sont les crêtes les moins élevées de la petite chaîne de montagnes sous-marines qui constitue les îles. Les îles et les montagnes de la côte étaient, dit-on. il y a moins d'un SKANCK DU 13 Fî;\nii:iî 1857. 103 (Iciiii-sièc'Io, convoites cl(! l'u^èts il(3 pins Muip;ni(K|iies cl de clu^ncs séculai- res : ces belles el aiicieiuies loriHs ont disparu. Aujourdiuii, de jeunes bois de Piniis /la/epemis, qui sont conpt'S en berbc, continuent sur la nionta<^nc l'aspect un peu monotone des plantations d'oliviers qui s'étendent dans la plaine. Pendant l'hiver, ces jeunes bois de pins sont nettoyih des arbustes et des buissons de myrtes et de romarins (jui poussent entre les arbres, et la parure de la montagne est convertie en fagots. Mais, telle est la puissance de la végétation dans ce climat favorisé, qu'une ou deux saisons suffisent pour recouvrir les pentes rocailleuses d'une nouvelle végétation frutescente. Liate des principaux arbres et arbustes à feuilles persistantes qui don- nent, pendant l'hiver, un aspect verdoyant aux collines boisées et aux basses montagnes : Pinus halepensis, P. Pinea, Quercus Suber, Q. Ilex, Q. coccifera (couvre de ses touffes basses et compactes les pentes rocailleuses des montagnes de grès et des terrains calcaires), Juniperus Oxycedrus, J. Lycia (l'ochers au bord de la mer), Myrtus comtmmis (forme des buissons impénétrables dans les collines et dans les rochers au bord de la mer), Pistacio Lentisciis (mêlé aux autres buissons), Arbutus Unedo (çà et là dans la mon- tagne) en fruits mûrs et en fleur pendant le mois de décembre, Oleaeuropœa, çà et là spontané, Phillyrea angu.sfifolia, Jtltaimms Alaternus, Vibumuni Timis, dont les fruits, comme ceux des arbres ou arbustes précédents, achèvent de mûrir pendant l'hiver, et sont encore, la plupart, attachés aux rameaux quand la nouvelle floraison commence; le V. 7Vnî- rulea, Ulex provincialis, Scdvia mexicana, S. coccinea, S. falgens, etc. Teucrium fruticans, Heliotropiwn peruvianum, Cobœa scandens, Habro- tainnus elegans, Buddleia glaberrima, Maurandia antirrJdnifora, Veronica speciosa, Dafura arborea, Nicotiana glauca (subspontané sur les vieux murs où il est subarborescent), Pétunia nyctaginifora, P/dumis fruticans, Eupa- loriimi ndcranthum, Ageratum cœrulouui, Apunogefon distachyon, Me- deola asparagoides (en fruit), Gladiolus xantJiophyllus, et, dans le courant de janvier plus particulièrement : Oxalis remua, 0. purpurca, Polygala /iiyrtifolia, P. Dalinaisiana, P. cordata, e\.c.;Jas)in7iuni revolulum, Canarirm Campanula, Lavandula dentcfki, Lobelia Erinns, Gladiolus fragam, Iris sty- (1) Jardin de M. r.anlonnol, pépinit^riste. siÎANr.K DU 13 Fi^:vRiF.n 1857. 107 lam, Lencoium vemicin, vie. — Diî nomlu-ouscs (>spèccs do la famille des Cactées et do oolle des Mésembryanthéméos subissent égaleinont dans les jardins, sans en souffrir, la toinpératurc de rhivor, mais ne fleurissent pas dans cette saison. M. Cosson fail remarquer que M. Germain de SaiiiL-Pierre signale l'Olivier eomme spontané près d'Hyères. Cependant il ne pense pas que cet arbre ait été jamais trouvé incontestablement à Tétat sauvage dans le midi de la France. M. Docaisne est d'avis que la forme sauvage appelée Oleas ter [ioiir- rait bien avoir toujours existé en Provence. Cette contrée serait alors la limite vers le nord-ouest de la région naturelle de XOleaster. Les Phéniciens ou les Grecs y auraient peut-être introduit les variétés d'Olivier cultivées, après y avoir reconnu l'existence de la formo sauvage. M. Moquin-Tandon dit avoir vu en Corse de nombreux buissons d'Olivier, à feuilles plus petites même que celles du Buis, et qui lui ont été signalés comme complètement sauvages. M. Prillieux ajoute qu'il a vu souvent les Oleaster porter des fruits de formes diverses. Il suppose que ce sont les oiseaux qui sèment les fruits de ces variétés sauvages. M. Cosson dit qu'en Algérie, où l'Olivier est évidemment spontané, l'arbre à l'état sauvage fructifie aussi bien que la forme cultivée. Il a même appris qu'à Mascara un moulin avait été construit pour ex- traire l'huile des fruits de l'Olivier sauvage, qui, dans cette contrée, atteint les dimensions de nos arbres fruitiers. BI. Docaisne fait remarquer qu'il n'est pas prouvé que les grands Oliviers dont parle M. Cosson soient identiques avec XOleaster. La spontanéité du véritable Olivier en Algérie ne lui paraît pas avérée, et il est porté à considérer cet arbre comme essentiellement oriental, ayant été introduit même en Grèce, et spontané seulement dans l'Asie Mineure. M. Balansa dit qu'en Cilicie, l'Olivier sauvage forme de véritables forêts. Lorsqu'il se présente sous la forme de buisson, il est facile de le confondre avec les Phillyrea, à cause de la forme et de la dimen- sion des feuilles. M. Cosson rapporte que, dans les rochers et dans les montagnes des plateaux sahariens de l'ouest de l'Algérie, il a vu l'Olivier sous forme arborescente ou sous forme de buisson, bien ({U(» l'arbre n'y 108 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. soil cultivé niilie part. — M. Cosson demande ensuite ù M, Balansa si, dans l'Asie Mineure, les Oliviers sont semblables à ceux d'Algérie, et s'ils croissent dans des stations analooues. M. Balansa répond que l'Olivier croît abondamment en Cilicie et dans les mêmes conditions qu'en Algérie. La hauteur de l'arbre di- minue insensiblement en s'élevant de. la plaine dans la montagne. M. Balansa ajoute qu'aux environs de Batna (Algérie, province de Constantine), à environ 1000 mètres d'altitude, il n'a observé que deux ou trois pieds rabougris (ÏOleaster. L'Olivier ne paraîtrait pas être spontané dans la région saharienne de cette province. Si M. Cosson a pu le voir abondamment dans le sud de la province d'Oran, c'est probablement par suite de la différence d'altitude et de conditions climatériques. M. Kralik ajoute à son tour que, dans la régence de Tunis et en Egypte, il n'a vu nulle part l'Olivier à l'état spontané. M. Eugène Fournier fait à la Société la communication suivante : NOTE SUR QUELQUES ESPÈCES NOUVELLEMENT OBSERVÉES AUX ENVIRONS DE PARIS , par M. EIG. FOL'RMER. Je demande à la Société la pern)lssion de l'entretenir de quelques faits intéressants de naturalisation observés aux environs de Paris. Je le fais avec d'aillant plus d'empressement que les observateurs ne comptent pas tous au nombre de nos confrères, et que la mention faite de leur découverte au sein de la Société en est pour eux la récompense flatteuse et assurément méritée. 1° Le Thalictrum angustifolium L., a été recueilli le 12 juillet 1856 par M. Ad. Gilon, au bois de Vincennes, le long de la route de Nogent. On sait que cette espèce, qui habite le département du Doubs et l'Alsace, n'avait pas encore été rencontrée dans le rayon de la flore parisienne. 2° Mon frère a trouvé au bois de Boulogne, le 3 mai 1855, aux environs de Madrid, le Géranium jihœwn [.., que plu>ieurs membres de la Société ont pu récolter en abondance, a la (in de juillet dernier, dans les montagnes d'Auvergne. Cette espèce, que j'ai depuis cultivée avec facilité, fleurit plus tôt dans notre région, et devient plus forte, plus herbeuse et moins velue que dans les pâturages élevés et un peu froids des monts Dômes. Le hois de lioulogue, je le sais, est la patrie des plantes naturalisées (quel- ques-uns de nos collègues }^ sèment annuellement des plantes cultivées ou étrangères à notre floi-e) : je n'aurais donc pas attribué une gi'ande impor- tance a la déconvei'te de mon iVère, si mon excellent collègue, M. Amblard, ne m'eût appi'is cpi'il avait 'louve, Jurant le méine été, la même espèce sÉANCK DU VS rKVi!ii;ii 1857. 109 dans le bois do Chaville. Peut-être le Géranium phœum f., devra-t-il prendre raiii:; parmi les espèces parisiennes. 3" Enfin j'ai à vous présenler, messieurs, le Barbarea prœcox R. lir. , indiqué par Mérat d;ins ({uelques localités de nos environs, rayé depuis du catalogue par MM. Cosson et Germain de Saint-Pierre, et que j'ai retrouvé dans la foret de Saint-Germain le 13 mai 185t). Si je ne craignais de dépasser les limites d'une simple note, je citerais ici quelques espèces rares recueillies à des localités nouvelles : V Anémone ra- nimculoldes L., au château de la Chasse, dans la foiét de Montmorency, par M. I.e llardelay; V HcUanthemum cunum Dun., sur les coteaux cal- caires de Moret, par iMM. Hagueron et Bonnet (ce qui relie les stations con- nues de cette plante entre Paris et Rouen à celles qu'elle occupe en Bour- gogne) ; le Scirpus supinus L., à Villeneuve-Saint-George, dans les mares qui bordent le chemin de fer, par M. GiUiu, etc. Je termine en remerciant vivement M. Cosson de l'obligeance extrême qu'il a mise a me seconder dans la détermination du Thalictrum qui fait l'objet principal de cette note. M. Decaisne l'ait hommage à la Société des deux premières livrai- sons de son nouvel ouvrage intitulé : Le Jardin fruitier du Muséum^ et expose le plan de ce travail. M. Decaisne donne ensuite lecture de la communication suivante, adressée à la Société : REMARQUES AU SUJET DES OBSERVATIONS DE M. LE D' CLOS, RELATIVES AUX VRILLES DES CUCURBITACÉES , par M. C. I^ÎAÏJDIIV. (Paris, 10 février 1857.) J'ai pris connaissance, dans le Bulletin de la Société Botanique (t III, p. 545 et suivantes), des arguments que M, le docteur Clos oppose à l'ex- plication (lue j'ai donnée de la nature de la vrille chez les Cucurbitacées. IMon opinion n'en a pas été modifiée, et je tiendrai mon interprétation pour bonne jusqu'à ce qu'on m'en présente une meilleure; mais puisque la ques- tion a été remise sur le tapis, je profiterai de l'occasion pour exposer les motifs qui ne me permettent pas d'accepter la théorie pioposée par iM. Clos, et pour mettre sous les yeux de la Société une de ces vrilles métamorpho- sées dont j'ai parlé dans ma note. Elle a été cueillie, en 1855, sur une variété de Cueurbita Pepo à fruits très petits et très déprimés, qui nous avait été envoyée par M. E. Vilmorin sous le nom de Apple early egg, que j'ai tra- duit par celui de Co/o*7?/î?îfe-/jo??2me /n^J^/ye. Ea plante en question ne pro- duisait pour ainsi dire que de ces vrilles anomales, plus ou moins retournées à Tetat de feuille par leur extrémité, et portant, sur ce ([ue j'appellerai leur 110 SOCIÉTÉ BOTANIULE DE FRANCE. pédicule, un bourgeon tantôt rudimcntaire et presque imperceptible, tan- tôt, au contraire, fort développé et présentant, outre de petites feuilles, des boutons de fleurs inales et de fleurs femelles, faibles sans doute, mais par- faitement conformés. I. 'échantillon ici présent est une vrille entière, déta- chée à sa base même du rameau qui la portait. On voit que le bourgeon, situé à environ un centimètre au-dessus de cette base, s'est lui-même dé- veloppé en un rameau, long aussi d'un centimètre, et sur lequel il est facile de reconnaître une petite fouille et deux boutons de fleurs mâles. Le reste de cette vrille, comme chacun peut encore le constater, est un pétiole long et grêle, terminé par une feuille dont les nervures se prolongent au delà du limbe avec tous les caractères des divisions d'une vrille normale. Je rappelle que j'ai observé tous les passages entre les vrilles dont les bourgeons étaient le plus développés et celles où ils avortaient pour ainsi dire totalement et sans laisser de traces. Suivant que cet avortemeut était plus complet, la vrille reprenait davantage l'aspect qu'elle présente d'habi- tude, et finissait par ne plus différer des vrilles proprement dites. Lorsque j'assigne à ces organes une nature mixte, axile dans une partie plus ou moins grande de leur pédicule, foliaire dans le reste, je ne fais donc que me conformer a un fait matériel qui n'est pas aussi rare que M. Clos semble le croire, puisque d'autres l'ont signalé avant moi et que je l'ai trouvé simul- tanément sur plusieurs plantes appartenant à des variétés très différentes du Cucurbita Pepo. Je ne puis admettre, avec M. Clos, que la vrille des Cucurbitacées soit un dédoublement latéral de la feuille: 1° Parce que la théorie du dédoublement, en tant qu'on l'applique aux feuilles, n'est rien moins que prouvée. 2° Parce qu'en admettant comme pos-ible en principe le dédoublement des feuilles, il faudrait, pour que l'explication proposée par M. Clos fût recevable, même à titre de simple hypothèse, qu'elle s'appuyât au moins sur des analogies, c'est-à-dire sur des faits bien constatés de ce dédouble- ment latéral, ce dont il n'y a, je crois, aucun exemple authentique à citer dans le règne végétal. Faute de reposer sur des faits de ce genre, éloignés ou proches, sa théorie doit être considérée comme purement gratuite. 3" Parce que les feuilles des Cucurbitacées sont toujours parfaitement symétriques, c'est-à-dire formées de deux moitiés semblables et égales, ce qui ne devrait pas être si une partie quelconque en était détachée pour se pri'senler sous la forme d'un organe distinct et séparé. W Parce que, pour expliquer les faits anormaux que j'ai cités, M. (^los est obligé lui-même de recourir à la supposilion de soudures qu'il semble me reprocher de faire intervenir pour donner une idée, -sinon une explication, de la structure complexe des tiges des Cucurbitacées. Effecti- \eMienl,s'il admet que, dans les vrilles gemmifères dont j'ai parle, le bour- tjÉANCE DU 13 FÉVRIER 1857. 111 geou, né ailleurs que sur le pédicule de la vrille est soudé avec ce deriiiei- sur une étendue plus ou moins longue, il n'est plus autorisé à me contes^ter {|ue la vrille est le dernier soupir d un rameau dont l'origine véritable est déguisée par sa coalescence avec d'autres axes et qui est alors supplanté par eux. Dans une première note qui a été, je crois, communiquée à lAcadémic des sciences, en 185G, IM. Clos s'autorise de la structure des vrilles du Cu- runiis bicirrha (il eût fallu dire bicirT/ms) de Forster, pour coiicliirequccps organes, qu'il suppose exister ici simultanément des deux côtés de la feuille, sont les analogues des stipules, ou du moins une dépendance de la feuille. Pour mon compte, je ne trouve rien qui vienne à l'appui de sa sup- position. Le Cucumis bicirrha n'a été vu jusqu'ici que par Forster, et bien probablement M. Clos ne leconnait que par la phrase descriptive de ce der- nier. Or voici comment Forster s'exprime en parlant des vrilles de cette Cucurbitacée : Cirrlii ad alterwn latus petioloriim, spirales^ bifidi (Forst. iNSS.), ce qui ne veut évidemment pas dire qu'il y ait deux vrilles oppnsées à cliaque nœud, mais seulement que la vrille, solitaire comme de coutume, se divise en deux branches, de la même manière que celles de la Gourde. M. Clos objecte enfin que la vrille n'a jamais été vue à l'aisselle d'une feuille. C'est précisément parce qu'elle n'est jamais située dans l'aisselle de la feuille voisine, que je suis obligé d'aller chercher plus loin son point de départ, et, bien que cette manière de voir ne soit qu'hypothétique, elle trouve du moins un certain appui dans ce fait que, chez la plupart des Cucurbitacées, le pédicule de la vrille semble se continuer inférieurement sur la tige par une côte saillante qui se prolonge jusqu'au niveau de la deuxième feuille. D'ailleurs, cette coalescence supposée ne serait pas un fait unique et sans analogue; on peut eu citer bien des exemples, et la fa- milledesSolanées en offre de vulgaires. Personne n'admettra, par exemple, que les rameaux dichotomes du Datura Stramonium et de quelques autres soient nés autre part qu'à l'aisselle de feuilles qui cependant ne correspon- dent plus, sur les rameaux adultes, au point où ils se séparent de la tige qui les pi'oduit. Au premier abord, on pourrait être tenté de croire que chez ces plantes les rapports habituels des feuilles et des bourgeons sont inter- vertis, mais il suflit d'un peu d'attention pour se convaincre qu'il n'y a de changé que les apparences. Au siuplus, je n'ai pas prétendu expliquer lastructure des tiges des Cucurbitacées; j'ai seulement voulu constaterpar des faits la nature organique de leur vrille, qui n'est, à mes yeux, ni une stipule, ni une fraction de la feuille qui l'accompagne, ni tout entière un rameau, comme le veut M. Fabre, niais un organe mixte, un rameau atrophié dont le bourgeon terminal avorte dans la plupart des cas, et dont la feuille unique est modifiée en vue d'une finalité déterminée. 11-2 SOCIÉTÉ BOT.OIQUE DE FRANCE. M. Ducharlre fait à la Société la communication suivante : OBSERVATIONS SUR LA FANAISON DES PLANTES ET SUR LES CAUSES QUI LA DÉTERMINENT, par M. IV DL'CIIIRTUE. Les observations dont Je vais avoir l'honneur de communiquer les résul- tats à la Société m'ont conduit, relativement à la fanalson des plantes et aux conditions dans lesquelles elle peut se produire, à des idées différentes de celles qui ont cours généralement et que partagent les physiologistes en fort petit nombre dont l'attention s'est portée sur ce curieux phénomène. En effet, elles m'ont montré que si, dans la plupart des cas, les plantes se fanent parce que leurs racines se trouvent dans un sol trop sec pour leur permettre de réparer les pertes déterminées en elles par la transpiration, dans d'autres circonstances on les voit se l'aner aussi, bien que la terre où s'étendent leurs racines renferme assez d'humidité pour fournir à tous leurs besoins. Alors leur fanaison est due à un défaut d'équilibre entre la déperdition et la réparation, c'est-à-dire entre la quantité deau que les feuilles versent dans l'air sous la forme de vapeur invisible et celle que les racines envoient aux parties aériennes dans le même espace de temps. Je crois donc devoir distinguer deux sortes de fanaison : 1" celle qui est la conséquence de la sécheresse de la terre ; c'est la plus ordinaire et celle qu'on a j-egardée jusqu'à ce jour comme la seule que présentent les plantes; 2° celle qui lient à une transpiration surabondante dans un temps donné et qui est indépendant de l'état d'humidité ou de sécheresse du sol. Pour ne pas donner trop de longueur à cette communication, je me con- tenterai d'y exposer une partie des faits que j'ai constatés sur un Hortensia, sur une Reine-Marguerite et sur un Heliantlius annuus. Les pots dans les- quels étaient plantés ces trois sujets avaient été renfermés dans des appareils de verre clos hermétiquement, identiques avec ceux que j'ai eu l'honneur de mettre, dans une autre circonstance, sous les yeux de la Société. Grâce à cette disposition, je pouvais régler à mon gré l'humidité de la terre, et j'ap- préciais exactement, avec une bonne balance, les pertes que la plante faisait dans l'air par la transpiration, sans avoir à m'imiuiétor de ce qui concernait les pots avec la masse de tcire dont ils étaient remplis. \. — Hortensia. 1" Le 15 juillet 1856, cette plante avait reçu 78 grammes d'eau. Le 17, ù six heures du matin, elle était encore très fraîche, et elle pesait 2046 gram- mes. Elle avait alors perdu pai' la transpiration 51°' ,6 d'eau sur les 78 qu'elle avait reçus deux jours auparavant. A midi, après être restée pen- dantiiualre heures exposée à un beau soleil qui avait fait monter à 25" cent, un thermomètre découvert, elle était fanée, et ses feuilles se montraient sÉANCK DU 13 féviui:r 1857. 113 presque eiitièrcaicnt pendantes. Dans cet clat, elle pesait 'iOSl^' ,6. La transpiration lui avait donc enlevé dans la nuilinre 1/4'"-,G, et sa terre ren- fermait encore 12 grammes d'eau sur les 78 du dernier arrosement. L'ar- buste a été transporté aussitôt dans une chambre peu éclairée, où l'air chaud et sec maintenait le thermomètre à 20", 6. Là, au bout d'une heure et de- mie, ses feuilles s'étaient relevées et il avait repris sa fraicheur. De nom- breuses expériences antérieures m'avaient appris qu'il ne pouvait se pro- duire une absorption d'humidité dans l'air, lors même qu'il en aurait été chargé et, par suite, que cet air ne pouvait contribuer en rien à rendie à ma plante sa fraicheur. Aussi n'ai-je été nullement surpris de voir qu'après l'espace de temps qui lui avait suffi pour reprendre la turgescence de ses tissus, il avait encore subi une nouvelle perte de poids qui s'élevait a l^' ,6. Ce résultat acquis, j'ai replacé mon Hortensia dans le jardin, mais cette fois à l'ombre. Là il a perdu dans la soirée, par l'effet de la transpi- ration, à peu près tout ce qui pouvait rester dans la terre des 78 grammes d'eau qu'il avait reçus dans le dernier arrosement. .-\ussi, peu avant la nuit, ses feuilles sont-elles devenues de nouveau flasques et pendantes. La nuit suivante, quoique très fraiche, puisque sa température minimum a été de 9', 7, n'a pu leur rendre leur état normal, et le lendemain, de bonne heure, la plante a dû être arrosée. 2" Le 28 juillet, dès le matin, mon Hortensia a reçu kS grammes d'eau qui ont porté son poids à 2161 grammes. La journée du 29 ayant été très chaude, ce poids s'était réduit, vers huit heures du soir, à 2093 grammes. La plante avait donc perdu 68 grammes; aussi était-elle très fanée par dé- faut d'humidité dans la terre. La nuit du 29 au 30 a été assez fraîche; la rosée a été abondante; cependant, le lendemain, à 5 heures du matin, les feuilles étaient fanées comme la veille, et il a fallu arroser pour leur rendre leur fraicheur. 3" Le 1" août, à six heures du matin, mon Hortensia, quoique très frais, a reçu ^iS giammes d'eau. Avec cette addition, il a pesé 2190*^'-, 6. Par l'effet d'un beau soleil qui avait fait monter à 35", 5 le thermomètre décou- vert, à une heure et demie ses feuilles fanées pendaient toutes flétries. Son poids s'était alors réduità 2136'' ,2. Laissé ensuite pendaut une heure dans une chambre peu éclairée et très chaude (28°, .S), il a relevé ses feuilles et a repris sa fraicheur. A deux heures et demie il a été mis de nouveau en plein air, à l'ombre, en un lieu où la température s'élevait à 30". Le soir, il s'était fané de nouveau, et son poids n'était plus que de 2121s'" ,6. La nuit suivante n'a produit aucun changement dans son état. Ii° Le matin du k août, le même arbuste arrosé avec kS grammes d'eau a pesé 2186'' ,6. La journée a été très chaude, et le thermomètre découvert a marquéjusqu'à 38°. Aussi l'Hortensia a subi une perte de 57°'-, 2; le soir, vers huit heures, ses feuilles étaient très fanées et pendantes, llien n'était T. IV. 8 \ill SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. change dans leur état le lendemain matin, à 5 heures, après une nuit calme mais sans rosée, dont la température minimum avait ctéde 15°, 5. Laplante avait même perdu ls'-,2 depuis la veille. Comme on le voit, dans les observations que je viens de rapporter, mon Hortensia s'est comporté de deux manières, à mon avis, entièrement diffé- rentes, selon les conditions sous l'iniUience desquelles il s'était fané. Le 17 juillet et le 1" août, sa fanaison avait été déterminée par l'action d'un beau soleil, et il a suffi de le tenir pendant quelque temps dans un lieu peu éclairé, quoique chaud, pour qu'il ait repris sa fraîcheur tout en continuant à diminuer de poids. Dans les autres circonstances, il s'est lané par suite de la sécheresse de la terre, et alors ni l'obscurité, ni la fraicheur de la nuit, ni même la rosée, n'ont pu lui rendre la turgescence de ses tissus. Il me semble dès lors évident qu'il y a eu pour cette plante deux sortes de fanaison distinctes l'une de l'autre, et dont les causes ont dû être aussi dif- férentes que l'ont été leurs effets. II. — Iteine-Margue^nte. 1° Le 15 juillet 1856, à six heures du matin, cette plante était très fraîche et pesait 1992 grammes. A midi, elle avait été sensiblement fanée par le soleil et laissait retomber ses feuilles; elle pesait alors 1979s% h. Laissée à la même place en plein air, elle a été atteinte par l'ombre avant trois heures. Dès lors elle a relevé graduellement ses feuilles, et, à six heures du soir, elle était redevenue fraîche, bien que son poids fût descendu à 19565'"-,6. 2» Le 17 juillet, à six heures du matin, la même plante était en bon état et pesait 20i78'-,6. A midi, sous l'action d'un beau soleil, elle s'était fanée, laissait pendre ses feuilles et ne pesait plus que 20(16 grammes. Elle avait donc subi une perte de 11^", 6. Elle a été alors transportée dans une chambre peu éclairée et chaude (20", 6) dans laquelle elle a repris f-a fraîcheur en une heure, quoique au bout de cet espace de temps elle eût encore diminué de poids et qu'elle pesât seulement 2005^'^ ,6. Remise en plein air vers deux heures, elle est restée fraîche, et cependant à huit heures du soir, sou poids s'est trouvé réduit à 19988^-, 8. 3o Le 17 juillet, à six heures du matin, quoique ma Reine-Marguerite fût très fraîche, je l'ai arrosée avec 78 grammes d'eau. Son poids s'est trouvé alors de 2070«' ,6. A midi, par un beau soleil, elle s'était fanée quoiqu'elle n'eût perdu encore que 8 grammes et que sa terre fût très humide. Aussi l'ombre a-t-elle suffi pour l'amener à relever ses feuilles, et, revenue à son premier état, elle a pesé 2050=' ,8, le soir, à huit heures. Sa perte, depuis midi, avait donc été supérieure à celle qu'elleavait subie dans la matinée, et cependant elle ne l'avait pas empêchée de redevenir fraîche, tandis que la première l'avait fanée. k" Le 19 juillet, la même plante était très fraîche; à six heures du matin SÉANCE i>u 13 FÉVRirn 1857. 115 elle pesait 20/i9 grammes. A midi, elle était dosceiuUie à SOSS^',/!, et clic s'était faïu'c. A six licuics du soii- elle était redevenue fraîche, et cependant son poids n'était plus alors que de 202i) grammes. On voit (|ue les faits observés sur cette espèce sont entièrement con- formes à ceux que j'ai signalés sur la première. llï. — Helianthus annuus. 1» Le 2 août 1856, à huit heures du matin, cette plante a été arrosée avec ^8 grammes d'eau, quoique sa terre fût déjà humide. Elle a pesé alors 30976',6. A midi, frappée par un soleil ardent qui avait fait monter le thermomètre découvert jusqu'à 35", elle s'était complètement fanée et laissait pendre ses feuilles toutes flétries. Elle ne pesait plus alors que 2901^', 8; elle avait ainsi perdu, en quatre heures de soleil, IOjs' ,8. Transportée aussitôt dans une chambre peu éclairée, mais très chaude, il lui a sulfi d'une demi-heure pour relever ses feuilles et pour reprendre sa fraîcheur, qu'elle a conservée ensuite toute la soirée, quoique je l'eusse placée en plein air, à l'ombre, en un lieu où la température était de 30°, et s'élevait encore a 28°, 6 a six heures dn soir. 2° i.e 5 août, de bonne heure, mon Helianthus, arrosé avec 78 grammes d'eau, a pesé 3023=' ,6. Vers une heure, il laissait pendre toutes ses feuilles flétries et ne pesait plus que 292^^'-, 2. Tl avait donc transpiré 99''-, Zi. Dans cet état, il a été transporté dans une chambre peu éclairée, très chaude (25", 5), dans laquelle il avait entièrement relevé ses feuilles au bout de deux heures. Remis en plein air et a l'ombre, il est resté frais comme il l'était redevenu. Le lendemain, 6, quoiqu'il eût reçu le matin 96 grammes d'eau la forte transpiration de la journée l'a fané de nouveau. Dès lors ses racines ne trouvant plus dans la terre l'humidité qui pouvait seule rendre aux tissus leur turgescence, il est resté fané malgré la fraîcheur de la nuit suivante pendant laquelle la température minimum a été de 13°. 3" Les choses se sont passées absolument de même les 7 on 12 août. Par suite de l'abondante transpiration de la journée, mon Hélianthe s'est trouvé, le soir, entièrement fané. Aussi, dans l'une et l'autre circonstance, malgré la fraîcheur de la nuit et nialgré la rosée, il s'est montré le lendemain ma- tin tout aussi flétri qu'il l'était la veille, et il a fallu l'arroser pour le ra- mener à son état normal. Ainsi, pour cette plante comme pour les deux premières, il y a selon moi deux modes différents de fanaison. Les observations que Je viens de rapporter en détail me semblent démon- trer l'exactitude de la distinction que j'ai établie entre la fanaison ordinaire dos plaintes due simplement à la sécheresse de la terre et celle que déter- 110 SOCIÉTÉ DOTAÎSIQUL DE FKANCE. mine en elles une exagération momentanée de la transpiration, qui est indé- pendante de la quantité d'humidité contenue dans le sol. Voici comment celle-ci me parait s'expliquer sans difficulté. Les racines absorbent l'humidité du sol qui, une fois introduite dans la plante, s'élève à travers la tige pour arriver aux feuilles, organe essentiel de la transpiration. Mais ce pouvoir absorbant des racines a des limites, cette perméabilité des tissus de la tige a aussi les siennes. Dès lors, si le so- leil vient exagérer la transpiration par sa forte chaleur et sa vive lumière, la plante versera dans l'atmosphère, sous forme de vapeur invisible, plus d'humidité que les racines ne peuvent en absorbei-, que la tige ne peut lui en transmettre dans le même espace de temps. Dès lors aussi les pertes in- cessantes que subissent les tissus des parties herbacées ne seront plus répa- rées que de manière incomplète. Par suite les feuilles se flétiiront, et la plante se fanera. Mais supprimons la cause à laquelle est dû cet excès de transpiration qui n'a pu être compensé ^ pour cela mettons ces plantes fanées à l'ombre ou à une demi-obscurité; dès lors l'afflux de suc nourricier qui avait été momentaném.ent insuffisant, mais qui n'a jamais cessé d'avoir lieu, va réparer graduellement les pertes subies par les organes. Peu à peu les tissus reprendront leur turgescence, les organes leur apparence nor- male, et la piaule redeviendra bientôt aussi fraîche qu'elle l'ait jamais été. M. Guillard fait à la Société la communication suivante : IDÉE GÉNÉRALE DE L'INFLORESCENCE, par M. ACH. GL'ILLARD. (Suite.) Bans une première communication, j'ai cherché à définir l'inflorescence en remontant au sens que lui avait attribué Linné, auteur de ce mot, et en l'éclaireissant au moyen des observations modernes ; j'ai indiqué que j'en traiterais exclusivement comme question d'ordre et de succession normale dans l'épanouissement des fleurs 5 et j'ai tâché de faire voir combien il est urgent pour le progrès de notre science de relever cette branche de l'état de marasme où elle est tombée. Lusuite, J'ai établi les deux lois les plus générales : La loi de prog7'ession, qui est conforme à la phyllotaxie ; La /ojc?e récurrence ou de j'égressio», qui est inverse de la phyllotaxie; puis La l(ji spéciale de ré progression^ par kujuelle la nature relie les deux grandes lois contradictoires-, enlin SK.vNci'. ni; 1.'^ ri':viiii:n 1857, 117 \.!\ lui (iul[aibliwiiiPnt,(\K\\ pose t'Oticm rcinnicnt sur les deux okIodik'cs f^L'iu'ralcs (lu système ii;iUiit'l de riiiflorcscnici', — qui i.'aj^it pas moins sur la marche r(''ijr agressive, — et rnii tempère pailoul l'unité de composition par la variété d'aspect. Dans la discussion qui a suivi cette communication, l'ingénieux investi- gateur des Kuphoibiacécs a contesté le sens général dans lequel-nous em- ployons les mots inflorescence et jleuraison. Nous avons maintenu pour inflorescence le sens agrandi de (.inné, faisant voir qu'il n'y avait aucune utilité à détourner ce terme du sens que lui a donné son auteur, et qu'il y a au contraire nécessité de conserver un nom propre pour une branche par- faitement déterminée de la science. Nous avons pris acte de ce que personne n'a contesté l'importance du sujet, le grave desideratum qu'il laisse Jusqu'à présent dans la physique végétale, enfin l'urgence qu'il y a à en fixer la théorie générale, et à facili- ter l'application de cette théorie par un langage précis, qui puisse se prêter avec souplesse a lexpression des phénomènes si nombreux et si variés que l'observation fournit. VII. Critique des termes. — Avant d'aller plus loin, nous nous trouvons dans la nécessité, pour assurer les abords de l'inflorescence, de critiquer quelques couples de mots qui, depuis MM. Brown et Rœper, ont été fré- quemment employés faute d'autres, et qui ont contribué beaucoup, selon nous, à retarder en cette partie le progrès de la science. Ce sont défini et indéfini, centrifuge et centripète^ ascendant et descendant, introrse et extrorse. A prendre les mots dans leur sens naturel, le groupe floral, soit progres- sif, soit régressif, est défini ou indéfini, selon la manière dont il se termine, — selon que son évolution a ou n'a pas de terme marqué : il est défini, si son évolution est déterminée, indéfini si indéterminée. Les grappes du Lilas sont définies, parce que leur bourgeon terminai est une fleur qui s'épa- nouit après les latérales, et après laquelle il ne peut y en avoir d'autres. La Cyme d'Elœagnus peut être regardée jusqu'à un certain point comme définie, parce que les pédicelles qui portent la deuxième et la troisième fleur, n'offrent aucun indice de prolongation de la Cyme (1). Mais la plupart des Cymes sont dans un cas contraire : les dernières fleurs qui s'épanouissent sont soustées de 2 bractées, qui déclarent que la Cyme se peut continuer, qu'elle n'est pas nécessairement terminée au point où nous voyons éclore le dernier bouton; et en effet, dans des circonstances favorables, la plante (1) C'est, je crois, en ce sens que M. Weddell a employé l'expression de cijme définie dans l'importante monog;rapliio dos Urlicées que les Archives du Muséum niellent au jour en ce moment. 118 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, offre quelque degré de plus dans sa fleuraison ; au lieu d'une Cyme à U de- grés, elle en porte une à 5 ou à 6. Il n'y a peut-être qu'une sorte de Cyme qui soit proprement définie et déterminée, parce qu'elle est, nécessairement et par sa nature, limitée dans les deux sens ; c'est celle que nous avons fait voir sur les /{ubus, les Clé- matites, les Euphorbes communs, et que nous avons nommée réprogres- sive. Elle marque elle-même ses deux confins, qu'elle ne peut dépasser, puisqu'elle commence à un bout et reprend par l'autre. On voit donc que les termes employés par M. Rœper pour désigner les deux marches contraires de rindorescence, ne peuvent pas être conservés dans l'emploi qu'il leur a attribué. Le groupe défini, dit-il (1), est celui dont l'axe se termine par une fleur, et l'indcfini celui dont l'axe ne se ter- mine pas par une fleur. Eh bien ! la grappe du Lilas est définie, celle de tous les Agrimonia de même, celles des Laurinées, des Campanulacées, des Berbt^ridées, et une foule d'autres. îl n'y a aucune raison pour détourner ce participe de son sens usuel et seul français, qui n'a pas de rapport avec la loi de structure ([u'on prétend lui faire représenter. M. Rœper appelle indéfinie ou centripète la marche progressive, et défi- nie ou centrifuge la marche régressive. On vient de voir que le groupe flo- ral peut être défini ou indéfini dans l'un et l'autre système. Qui pourrait dire que la grappe axillairc triflore à'Erijthrina, de Dolic/ios, est quelque chose d'indéfini? Les Cymes des Caryophy liées, des Potentilles, des Polé- nioniacées, des Rubiaeées sont-elles définies? M. Rœper lui-même (chose étrange!) dit en parlant de la Cyme iVErythrcea : « Cette multiplication de » rameaux n'aurait aucune borne si la plante n'était détruite par des causes » extérieures (/. c, p. 80). » Il reconnaît donc, sans le dire, que cette mul- tiplication de rameaux est indéfinie. Puisque la Cyme peut être formée d'un nombre indéfini de pédicules et de pédicelles, il est clair qu'elle est elle- même indéfinie. C'est De Candolle qui en a fait la remarque. En théorie on pourrait même dire que toute Cyme est indéfinie, puisqu'on peut toujours supposer des bourgeons latéraux destinés à la prolonger, et que cette supposition est le piussouventappuyée par 2 bractées d'attente. On ne saurait faire la même hypothèse pour toutes les grappes, puisqu'il y en a, comme celle de Berberis^ par exemple, dont la fleur suprême, sans aissel- lière, et nettement terminale, ôte toute possibilité de prolongement. Les grappes décussées en général, et surtout la plupart des grappes composées, sont parfaitement définies: Oléinées, Campanules, Staphyléacées, Lauri- nées, etc. L'idée de détermination ou d'indétermination n'est donc pas convenable (1) P. 83, Mél. bot. de Serinjje, /. c. SÉANCi: DU 13 FKVRIKU 1857. 110 pour (lislini;ucr foiKlami'iilali'ineiit les deux pivots du système de l'iiillo- l'csi-ence. 11 l'aut s'en tenir à leur nature, et les dclinir sans liypothèse d'a- pros leur mouvement respeetif, d'après leur marche piujohessive ou HÛriiU'SSivi:. Centrifuge et centripète ne sont pas moins impropres. Si ceu- tripèle est applicable en apparence à l'évolution d'un capitule, il ne l'est plus à celle d'un épi cylindriciue tel que celui du Plantain, tel que la i;rappe du Groseillier, où il n'est nullement vrai de dire que le développement tend au centre, puisque au contraiie il s'élève sur une échelle verticale à degrés égaux et semblablement placés, qui serait représentée assez lidèlement par la figure d'une trachée. Par la même raison, la Cyme descendante ne peut pas être appelée centrifuge : car cette expression s'appliquerait tout au plus aux deux premières fleurs, et nullement aux suivantes qui descendent l'hé- lice de la même manière (jue les fleurs de la grappe la remontent. Dans la Cyme ascendante (ou dichotomée) il y a plus : l'essence de cette Cyme est que chaque fleur s'épanouisse au eeutie des rameaux florifères qui s'élèvent au-dessus d'elle; ainsi, il serait plus vrai de dire que l'inflorescence y cher» che le centre, que de dire qu'elle le fuit. Enihi, il y a des exeitiples de Cymes véritablement et formellement centripètes,' — de Cymes où l'on voit les boutons i-angés en entonnoii- dans l'ordre de leur âge, et où les plus jeunes sont au centre : il faut les observer vivantes sur Andryala pin- nnti/ïda, Piqueriatrinervia et quelques autres Composées, sur la plupart des Apocynées, sur Centradenia floribunda (qui est à point dans les serres en ce moment), sur HemerocoUis fulva, etc. L'inconvénientdes dénominations employées par M. Pioeper est donc d'avoir été basées sur des considérations particulières et trop restreintes. M. Browu, partant d'un point de vue un peu plus général, avait proposé de nommer inflorescence ascendante la progression, et descendante la récurrence. Ces expressions n'ont pas été adoptées; elles n'entraient pas encore dans la na- ture des choses, et d'ailleurs elles auraient juré trop souvent avec l'aspect des groupes désignés : pourrait-on, sans faire violence à la langue et à la pensée, appeler ascendante l'évolution d'un capitule de Cichorium, et des- cendante une Cyme de Gypsophila? Nous fivons fait voir l'antre jour que la récurrence peut être ascendante aussi bien que la progression. Il y a même infiniment plus de Cymes ascendantes que de desceiidantes; par contre, il y a des Composées dont le capitule est plan et même concave, et dont par conséquent la progression n'est nullement ascendante. En quoi l'inflorescence des ombelles, des faisceaux, est-elle ascendante? Nous avons donc dû likher de représenter les deux faits généraux de la succession florale par deux termes propres qui, applicables à tous les cas, sans exception et sans hypothèse, ne donneraient lieu à aucune équi- voque. Quant aux termes introrse et extrorse que nous avons employés autre- 120 SOCIÉTÉ nOTANIQLE DE FRANCE. l'ois (1), ils doivent être rojetés par motifs semblables, et surtout parée qu'ils n'indiquent qu'au point de vue secondaire de la configuration une distinction capitale qui tient essentiellement à la pliysiologie, comme nous croyons l'avoir démontré. Nous avons insisté sur le choix des termes, à cause de la grave impor- tance qu'il y a pour la justesse des idées et la facilité de l'étude à tenir au- tant que possible le langage de la tbéorie en harmonie avec les faits fonda- mentaux sur lesquels elle repose. Qu'un systématique change sans nécessité le nom propre d'une plante, même en lui en donnant un meilleur, on le blâme; il le mérite, car une amélioration individuelle, isolée, ne peut com- penser l'inconvénient d'ag;j;raver le fardeau déjà si lourd d'une immense synonymie. Mais pour la théorie, c'est tout différent : ses termes ne for- ment qu'un bien mince bagage : ils se rapportent à des points de vue gé- néraux qui obligent à les répéter souvent : répétition blessante pour l'esprit et pour le goût, si les mots sont mal formés ou mal choisis ; — bien pesante et bien fastidieuse, si l'on se met dans le cas de redire à chaque instant les mêmes périphrases, en voulant s'épargner le risque d'un mot nouveau. Tout pas incontestable fait par la théorie peut et doit être représenté par une expression juste et appropriée: toute erreur de même ordre, reconnue, entraîne le saciilice du terme qui la consacrait. On a cru d'abord que le vêtement externe de la fleur était un organe simple, plus ou moins découpé : on l'a nommé calice . Plus tard, on vient à reconnaître que c'est un verti- cille d'organes analogues aux Pétales et aux Feuilles ; on donne un nom nou- veau à ces organes, on les nomme Sépales : après une certaine résistance des habitudes froissées, tout le monde adopte le terme qui était inconnu à nos devanciers. Si quelqu'un s'en tenait obstinément au calice en refusant de reconnaître des organes parfaitement personnalisés, il montrerait un res- pect aveugle pour les anciens, et protesterait contre le progrès de la science. Au reste, dans la création des nouveaux termes techniques, c'est leur auteur seul qui court quelque risque, — le risque d'une peine perdue et du ridicule qui s'attache à un barbarisme repoussé. La science n'y risque rien : car si les mots proposés sont mal tournés ou forgés sans nécessité, on ne les adopte pas, ils tombent dans l'oubli, et n'embarrassent plus personne. Les Annales des sciences naturelles sont pleines de ces exemples et nous allons peut-être en fournir un de plus. YIH. Division. — Si l'on veut bien jeter une vue d'ensemble sur le champ que nous avons à parcourir, on verra que l'on y peut distribuer toutes les observations recueillies en quatre groupes principaux. Kn effet, après avoir posé les lois générales de l'inflorescence, qui déterminent en quelque sorte l'étendue de ce champ d'investigations, nous devrons considérer : (1) Formules botaniques, Vocabulaire des organes. 1835, Baillière. SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1857. 121 1° Le point de départ de l'évolulioM florale; 2° La qualitf- diverse des firoiipes floraux, d'où rc'sullc la nécessité de leur imposer des noms propres qui les fassent reconnaître avec facilité et permettent d'en parler commodément; 3° l.a forme des groupes floraux ; h' Enfin \Qm' position. IX. Départ de l'inflorescence. — Nous croyons avoir démontré que ce qui importe le plus pour la détermination de l'inflorescence, c'est de recon- naître exactement le point où elle commence, ce point climatérique par où passe le plan qui divise les deux zones d'évolution. L'inflorescence part de là pour se développer, en haut par progression ou par récurrence surmon- tante, — en l)as par récurrence descendante et subordonnée. La récurrence descendante répète soit la progression directe et vraie, soit son imitation par surmontance. Si l'on essayait de déterminer l'inflorescence d'une plante sans avoir re- connu, avant tout, le plan où commence l'épanouissement régulier, on ris- querait de tourner le dos à la vérité, et l'on ferait mieux de s'abstenir de tout jugement. La plupart des meilleures figures ne servent presque à rien pour la détermination de l'inflorescence; et cela vient de ce que les dessi- nateurs ont fait défaut à l'observation de la fleur primordiale, — du point de départ, duquel dépend toute la succession. Ce plan de division, sur lequel s'ordonne toute la marche florale, est si important, il revient si souvent à la bouche, qu'il est fort à souhaiter que l'on s'accorde pour le doter d'un nom propre (1). C'est là que se trouve le vrai centre de l'activité vitale par rapporta l'inflorescence; c'est là qu'elle se développe ordinairement dans sa plus grande force, et qu'elle montre tout ce qu'elle peut produire; c'est là que le groupe floral est le plus complet, que la Cyme s'élève à ses plus hauts degrés, et que ses branches s'éloignent le moins de l'égalité symétrique. Là aussi se déclarent de soudains changements dans la Phyllotaxie, Le plus fréquent consiste en ce qu'une plante à Feuilles alternes, ou sa branche, se termine en décussation : Renonculacées, Dryadées, Fumaria- cées, Linées, Euphorhiacées, Chénopodées, Gyrocarpées, plusieurs Ombel- lifères, plusieurs Rutacées [R. graveolens, macrophylla)^ Ampélidées, Sapindacées, etc. Ou la plante, sans cesser d'être alternée, porte, aux aisselles, des groupes floraux binés-décussés : Campanulacées, Méliacées, Thésaciées {Thesium et genres voisins), Lauracées, Stylidiées, Goodéniacées, Convolvulacées, llicinées, plusieurs Urticées, etc. (1) On pourrait le nommer primejleur, ou anthèse, ou protanthèse (ivpÛTYi àvÔTriat;). 122 SOCIÉTK BOTANIQUE DE FRANCE. Ce sont les cas les plus abondants. Au contiaire, ccM-taines plantes, qui ont les Feuilles dëcussées au-dessous du plan de partage de l'inflorescence, passent à l'alternance dans la floraison: les Véroniques, beaucoup de Composées, le plus grand nombre des Ver- veines, des Épilobes, Zauschneria^ Œnothera rosea, etc. La grappe composée terminale de Scrofularia canina a d'abord ses ra- meau.v exactement binés-décussés; bientôt les deux pédicules opposés ne restent plus au même niveau : l'un d'eux s'élève et tourne plus que l'autre; ils passent à l'ordre 2/5, selon lequel s'achève la progression, il en est de même de plusieurs Verbena : leurs épis terminaux ont les fleurs d'abord opposées, puis dénivelées, enfin 2/5 ou 3/8. On trouve de IVéquenls exemples du dénivèlement des Feuilles sur plusieurs Rkamnus. Dutrochet a remarqué cette modification graduée. C'est aller trop loin que de dire pour cela (comme a fait M. Lestiboudois) que la spirale 2/5 n'est qu'une altération de la décussation, par avortement de quelque cohorte foliale, La grande classe des Monocotylées, a laquelle la décussation est étrangère, et qui multiplie ses cohortes foliales beaucoup plus que les Dico- tylées, admet fréquemment l'ordre 2/5 le plus régulier. 11 parait bien plus conforme a l'observation et aux vues générales de la nature d'admettre que la phyliotaxie a diverses lois propres (2, 3, 1/2, 2/5, 3/8, etc. Al. Braun, Sébimper, Bravais), dont l'une n'est pas l'autre, mais dont le passage de l'une à l'autre s'opère par transition graduée au moyen de certaines plantes qui remplissent la fonction de lien et d'intermédiaire. X. Nomenclature des groupes floraux. — On sait déjà que la progres- sion et la récurrence, qui ont dans beaucoup de cas leur marche indépen- dante, se trouvent aussi fort souvent entremêlées à divers degrés, en sorte (jue l'on rencontre la régression dans la progression, et réciproquement. Il s'agit maintenant d'énoncer, avec autant de clarté et de precisiou qu'il sera possible , tous les degrés de développement de chaque système, avec les modifications régulières qu'ils comportent, et tous les phénomènes que pré- sente leur pénétration mutuelle. Pour exprimer convenablement toutes les combinaisons des deux parties du système de l'inflorescence, il suffit de désigner ces deux ordonnées par deux termes propres qui puissent se composer entre eux à autant de degrés qu'il y a de combinaisons dans la nature. Pour Viuihvescenine progressive., nous proposons de conserver en quehfue sorte le mot grappe, non dans sa forme moderne qui ne se prête à aucune composition (puisque sa consonnance tudesque ne permet pas de l'amalga- mer avec d'autres mots sans barbarisme), mais en employant sa forme grecque, qui est familière aux botanistes. Kn effet, nous connaissons tous celte charmante petite plante, Teucrium Botuys, qui, réduisant le l'ascicule des Labiées à une seule fleur, \i'offre qu'une grappe feuilléc, une JJotryde SÉANCE DU 13 FÉVRIRR 1857. 123 011 lioiryc. Nous dirons donc mie Botri/i^ pour exprimer le groupe floral progressif. Quant à rinfloresoence régressive, les groupes simples qu'elle peut for- mer sont bien représentes par le mot Cj/rne, que l\œper, Link et De Can- dolle père et fils y ont eo4isaeré. MM. Bravais ont essayé (1), il est vrai, de restreindre le sens générique du mot à cette espèce particulière de Cyme où les pédicules naissent les uns des autres, et dont nous nous entretiendrons plus tard. Mais ils n'ont pas tardé à être entraînés malgré eux par l'analo- gie et par la nécessité, à laquelle on ne peut se soustraire, de donner un nom commun à une idée commune : aussi disent-ils Cyme de Pommici-, de Laurier, d'Oxalis, de Lnmiuni, de Verbascum, quoique, chez ces plantes, les pédicelles se voient tous, directement et sans intermédiaire, sur l'axe unique et indivis qui porte la Cyme (2). Nous voulons donc que la succes- sion Uorale régr/'ssive continue à s'appeler Cyme, et nous demandons que l'on nous permette de nommer Botryde ou Botrye la succession florale p?^o- yressive. Nous nous engageons à représenter dans toute la rigueur de la théorie et de l'observation tous les groupes floraux possibles, par la seule combinaison de ces deux termes techniques, Botrye et Cyme. On renoncera sans regret à grappe, si l'on remarque que ce mot désigne dans l'usage commun le raisin qui est formé de Cymes; si l'on se rappelle que la grappe est prise pour Cyme et double Cyme par i\lM. Cosson et Ger- main, dans les Gran)inées; qu'un autre de nos célèbres confrères (W. Hoo- ker), s'efforçant de décrire la fleuraisondeson Ceanof/ius velutinus, la traite de grappe, de thyrse et de pauicule dans le même article. Que pouvaient faire ces judicieux descripteurs? Ils savaient bien qu'il y a de l'inconvé- nient à heurter les habitudes de l'oreille; que la science, qui doit tendre à devenir populaire, ne doit pas employer un mot connu avec une significa- tion contradictoire à celle qu'il a daqs la langue usuelle : mais le savant est trop tenté de violer la langue, quand elle se refuse obstinément à ses besoins. Nous appelons donc Botrye tout rameau simple qui porte à chaque als- (1) Annales des se. nat., 1837, Vil, 193, 291 ; Vit!, 11. (2) 1\IM. Bravais vont même, dans celle généralisation, au delà de ses jusies bornes, lorsqu'ils attribuent la Cyme à Berberis, à Buxus, qui n'a que Boirye simple, même à Sisijmbrium el à Capparis ! (VII, 3/i6). Après tout cela ils finissent par délinir la Cyme, sans rcsuiclion, inflorescence centrifuge, montrant bien, parcelle définition qui résume leur long travail, qu'ils la prennent dans le sens le plus large et It; plus général. C'est ainsi que nous le faisons depuis vingt ans, après les botanistes que nous avons cités. Nous pouvons donc consolider les motifs rationnels par Wintêriorité, dont personne ne conteste le droit dans le lan- gage des sciences, toutes les fois qu'elle n'apporte pas d'obstacle décisif au déve- loppement de la théorie. i-'2h SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. selle une fleur s't'paiioui.ssant dans l'ordre progressif : tels sont la branche de Tropœoium, d'Anagallis, des Violacées, dos Polygalées, la grappe du Groseillier, des Cletlira, des Andromèdes, des Knlmia, des Pyroles, de toutes les Crucifères, de toutes les Légumineuses, le bouquet des Azalea et des Rhododendron, l'ombelle des Primulacées, des Daphnacées, l'ombellule des Ombellifères, l'épi des Plantains, des Orchis, l'épillet des Graminées, le capitule des Composées sans exception, etc. Tout cela est Botrye. Au contraire, nous reconnaissons pour Cyme tout ensemble où la fleur ainée, primordiale et terminale, est reliée, par un système simple, à une ou plusieurs fleurs récurrentes toujours plus jeunes qu'elles. La majorité des plantes, surtout Dicotyles, fleurit en Cyme axillaire ou biaxillaire, effective ou indiquée (Urticées, Thésiacées, Célastrinées, Ilicinées, Malva- cées, Ericacées, Labiées, Scrofulariées et Acanthacées (presque toutes), Oléacées, Convolvulacées, Cucurbitacées, Bégoniacées, Lonicérées, etc.) Un grand nombre fleurit en Cyme terminale plus ou moins complexe : Gé- raniacées, Hypéricées, Caryophyllées, Granatées, Asclépiadiées et Apocy- uées, Solanées, etc. Peu importe la forme du groupe : ce n'est pas sur sa forme que nous le nommons Cyme ou Botrye, c'est sur sa construction et sur Vordre d\'volN- tion qui en résulte. La Botrye est le groupe floral où la fleur ainée est axil- laire et suivie d'une ou plusieurs fleurs plus jeunes, pareillement axillaires. La Cyme est le groupe floral dont l'axe est terminé par la fleur aînée. Que ces groupes soient racémiformes, convexes ou concaves, coniques ou obco- niques, ovés ou ombelles, scorpioïdes, fascicules ou capités, que leurs ra- meaux s'embranchent l'un sur l'aufre ou qu'ils naissent tous d'un même axe, — pédoncule, branche ou rameau, — c'est toujours une Botrye du mo- ment où la fleur la plus âgée est axillaire, et suivie de fleurs axillaires; c'est toujours une Cyme, du moment où la fleur la plus âgée est terminale, et les fleurs plus jeunes axillaires ou portées sur axillaire. Dans une prochaine communication, nous indiquerons le moyen facile de représenter en toute précision, par la seule combinaison de ces deux termes, tous les cas d'inflorescence, même les groupes mixtes les plus compliqués qui aient été observés jusqu'à présent. M. Puel, vice-président, donne lecture de l'extrait suivant d'une lettre qui lui a été adressée par M. le baron de Mélicocq ; Lille, 10 février 1857. Distribution géographique de /'Alchemilla vulgaris L., dans les départe- ments du Pas-de-Calais, de l'Aisne et des Ardennes. — Dans sa Géogra- sÉANCi-: DU 13 FKViuKu J857. 125 phie hotnniqup, M. Alpli. De Canclollc (1), après avoir sifinalé la présence de \'Alc/ic»iilla oulgaris, L,, dans k's îles Britanniques, s'elonne de ne pas le retrouver dans les Flores du Calvados et de la Loire-Inférieure, et il ajoute : « Cette espèce est près de Rouen (Turquier, FI., t. I, p, SU). On la cite » comme plante rare au nord de Paris. » (Coss. et Germ. FI. Par. p. UIQ.) Les diverses localités que je vais avoir l'honneur de signaler à la Société prouveront, je pense, (jue, fréquente en certains lieux, cette plante s'égare souvent et, devenue fort rare, ne reparait qu'à de giandos distances. .Musi, dans le Pas-de-Calais, l'A. vulgaris ne croit que dans les bois de Saint-Pal en Artois, où il est fort rare. Inconnu à tous les botanistes de la Somme, on ne le retrouve qu'auprès de Prémoutré, entre La F^ère et Laon, où il est aussi très rare. Dans les cantons de Rosoy-sur-Serre, au contraire, VA. vulgaris, com- mun dans tous les bois, où il est accompagné du Lysimachia nemorum L., que l'on ne retrouve plus qu'entre Chauny et Noyon, descend même, comme en Lorraine (2), dans les prairies, y croissant presque toujours confondu avec le Polygonum Bistorta et le Buniura Carvi. Moins fréquent dans les vastes forêts de l'arrondissement de Vervlns et celles des environs de Rocroy, il y accepte l'ombre protectrice du Sam- bucus racemosa L. , du Digitalis purpurea L., du Senecio saracenicus, du Centaurea montana L. Z'Hypericum linearifolium Vahl., et le Saxifraga sponhemica Gmel., observés dans la forêt des Ardennes. — La présence de ces deux plantes dans l'immense forêt des Ardennes a vivement surpris M. Godron , à l'examen duquel elles ont été soumises en 1852. En effet, dans leur Flore de France, MM. Grenier et Godron donnent à VHyp. linearifolium la ville de Vire, en Normandie, pour extrême limite vers le nord (t. I, p. 316), et déclarent que le Sax. sponhemica appartient au Jura, ayant été naturalisé dans les Vosges par M. 3Iougeot. {Ibid., p. 653.) Comme dans les provinces de l'ouest de la France, VHyp. linearifolium des environs de Rocroy croit sur des rochers schisteux, aussi bien que le Sax. sponhemica de Monthermé, près Cliarleville. M. Fuel ajoute les observations suivantes: Il rappelle que V Alchemilla vulgaris appartient à ce groupe de plantes qui croissent dans les plaines du nord de l'Kurope en même temps que sur (1) T. 1, p. 22/1. (•2) Voy. Codroii, l''l. de Loir., t. I, p, 22o. 126 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. les monlasnesdes régions méridionales, telles que les Alpes et les Pyrénées. Les diverses localités signalées par M. de Mélicoeq vienncntremplirquelqiies lacunes observées par M. De Candolie dans la disliibution géographique de cette espèce. La découverte de V Hyper icum linearifoUum dans les Ar- dennes est. un fait très intéressant, car c'est une piaule de la région occi- dentale. Quant au Saxifi^ija sponhemica, c'est une plante du Jura français, qui a plusieurs localités en Allemagne, et sa présence sur les rochers schisteux de Monthermé mérite en effet d'être remarquée. M. Lagrange présente à la Société la thèse de 31, Guillemin, sur la composition de la radiation solaire, et sur son influence sur les êtres vivants. M. Cosson met sous les yeux de la Société plusieurs espèces rares ou nouvelles rapportées de la régence de Tunis par 31. Kralik, et fait les communications suivantes : ITINÉRAIRE D'UN VOYAGE BOTANIQUE EN ALGÉRIE, ENTREPRIS EN 1856 SOUS LE PATRONAGE DU MINISTÈRE DE LA GUERRE, par M. E. C'OSSOX. (Huitième partie.) Dès notre sortie de l'oasis , nous trouvons entre les pierrailles d'un ravin, au-dessous du ksar, de très beaux pieds du Neurada procumbens que la veille nous n'avions pas pu récolter en nombre dans les dunes; nous y recueillons également le Leyssera capillifoli/i, qui, dans ce lieu frais , a pris un admirable développement. Nous longeons ensuite la base du coteau que domine le village, pour rejoindre le cours de l'Oued Seggueur, dont la rive droite, que nous suivons, offre de nombreuses touffes de Tamarix presque arborescents; sur la rive gauche, coupée de falaises argileuses, apparaissent des dunes de sable mobile plus ou moins étendues. Les coteaux pierreux qui bordent la rive droite sont parsemés de touffes des Anabasis articulata, Salsola vermiculata, Jletama Duriœi vai'. , et de quelques pieds de Pistacia Atlanticu. iNous y observons la plupart des espèces que nous avons déjà signalées dans les stations analogues des environs immédiats de Bi-ézina. Bientôt la route s'engage dans des coteaux argileux pierreux que nous traversons par un défilé ouvert au sud, et où les sables ont été amoncelés par les vents ; là nous revoyons, groupées en abondance, la plupart des plantes sahariennes; indépendamment des espèces des sables des environs de Brézina, nous recueillons le Reboudia eruca- rioides, le Genista Saharœ en fruits mûrs, et le Calligonnm comosuni; dans l'argile lavinée des berges du défilé, croissent encore, en grande abon- dance, le Jhibania Feei, le Deverra cidoranthu aux touffes volumineuses et iquiséliformes, le Itims dioica, qui forme des buissons d'un beau vert-, SÉANCE DU 13 FKVRIRU 1857. 127 aux plantes sahariennes telles que les Itinnex vmcarnis, Gjjmnocarpus decandrus, Antivrlnnum rmnosissimim, nous voyons s'associer une espéee (le ici région niontajineuse intérieure chaude, le Ga.lium (.-phedivides. A l'extrémité du délilé, nous arrivons sur les bords de l'Oued Sadana, qui, avec les Oued Cheria et Kl Goul, est l'un des affluents principaux de l'Oued Seggueur. Nous ne manquons pas d'aller visiter le Khraneg el Arouia (ravin de la femelle de l'Aroui), ravin très pittoresque, coupure de la montagne, étroitement et profondément encaissé entre des rochers abrupts, (jui s'élèvent à droite et à gauche comme des murailles gigantesques; l'un de nous, entraîné par son ardeur, lance son cheval dans les sables mouvants qui bordent un redir à la base de la coupure; mais bientôt son cheval s'en- fonce jusqu'au poitrail dans ce sol perfide, et nous avons la plus grande peine à le dégager de ce pas dangereux. Les rochers du khraneg ne nous offrent pas une végétation aussi intéressante que semblait le promettre un site aussi pittoresque, et nous ne trouvons guère à y signaler que le Pen- nisetum Orientale, qui y croît avec une espèce delà région montagneuse, le Catanancke cœrulea; dans le lit du khraneg, le Scolymus Hispanicus est très abondant ainsi que le Pyrethrum fuscatmn. Nous suivons pendant quelque temps, en remontant vers le nord, le lit de ce torrent actuellement à sec, que nous quittons pour gravir, par une montée rapide dans les rochers, la pente de sa rive droite, et arriver h un plateau rocailleux, où nous revoyons les Anabasis articulata, Echium humile, Plantaijo ciiiata, Ilelianlhemuiu hirtum var. Deserd, Corduncellus eriocephalus ?, Eryngium ilicifoliurn, Ca- roxylon articidatum et. Gymnocarpus decandrus entre les touffes espacées du Stipa tenacissima, qui est la plante dominante de ce plateau. Environ deux lieues plus loin, nous redescendons dans le lit de l'Oued Sadana, qui, sur ce point, s'élargit et forme une vallée étroite, bordée de rochers et de falaises argileuses grisâtres. Le lit du cours d'eau est bordé par un assez vaste marécage, où les plantes dominantes sont les Pltrwpidtes communù, Festiica arundinacea var. interrupta, Juncus maritimus, Scirpus Holoschœ- nus, Polypogon Monspeliensis, Pulicaria Arabicn. Autour du marécage s'étendent des champs d'orge encore sur pied, ensemencés par les Arabes d'un petit douar qui font paître leurs troupeaux dans le marais. Une source abondante d'eau douce, située au pied du rocher qui ferme la vallée, est l'origine de l'Oued Sadana. Dans les eaux, au voisinage de la source, nous recueillons le Chara fœtida var. longibracteata, et le Pota- mogeton pusillus. Sur les atterrissements de l'oued croît en très grande abondance VËuphorbia luteola, que nous avions découvert sur les hauts plateaux de la province de Constanline; le Humex vesicarius y est égale- ment fréquent. Sur les rochers qui dominent la source se rencontrent de nombreux pieds du Centuurea sulphurea. Un dattier d'une assez belle venue contribue.à orner ce joli site, où nous resterions volontiers plus long- 128 SOCIÉTl' BOTANIQUE DE FUANCE. temps, si nous n'étions pressés de nous rendre à Ghassoul, notre dernière étape avant d'arriver à Géryville. Nous remontons sur le plateau que nous avions quitté, où d'immenses rochers de grès, affleurant le soi sur (|uelques points, forment une sorte de dallage naturel. Le terrain argilo- sablonneux et pierreux du plateau nous offre les O'ucianellu patula, Ebe- nus fjinnata, Kentroph]jUum lanalum, Carduncellus eriocephalus? , Cladan- thus Arabicas et le Centaurea, voisin du C. Calcitrapa. que nous avons déjà signalé dans plusieurs localités du sud. Une pente insensible du pla- teau nous conduit a une plaine uniforme, bornée au nord par des coteaux rocailleux, sur l'un desquels se dessine, dans le lointain, un pied unique de dattier. Dans la plaine dominent les Stipa tenacissimu et Artemisia Herba- alba, avec l'espèce nouvelle de Ferula que nous avons déjà mentionnée plusieurs fois dans les localités analogues. Nous y observons, en outre, les C/damydopfwru pubescens, Caroxijlon articulatum, Pheltpœa Sckultzii, Farsetia yEgijptiaca^ Helianthemuin sessili flonim , Asteîiscus py(jmœus. Aux bords d'un ravin croit en abondance le Rétama sphœrocarpa, qui forme de magnifiques buissons couverts d'innombrables fleurs jaunes. Des sables qui s'étendent à la base des coteaux nous présentent les Asphodelus pcndulinus, Rhantcrium adpresswn, Reseda Arabica, Onopordon ambi- guum, Rétama Duriœi var. , Marrubium Deserti, AiHhratherum obtusum, Atractylis flava, Scabiosa semipapposa. Bientôt nous arrivons au défilé ro- cheux de Teniat el Temeur, où des oliviers sauvages croissent en assez grand nombre et prennent un beau développement. Les plantes les plus remarquables du défilé sont le Centaurca nouveau voisin du C. Scabiosa, que nous avons déjà signalé dans la région montagneuse chaude, et les Pennisetum Orientale, Triticum Orientale, Polycnemum Fontanesii, Con- volvulus supinus , Argyrolobium uniflorwn, Astragalus tenuifolius. Au sortir du délilé, nous avons k l'aire franchir à nos chevaux une pente assez roide, où les rochers de grès forment comme un escalier natuiel, à assises régulières souvent de près d'un mètre de hauteur. Une plaine uniforme, bordée de montagnes basses et nues, nous conduit jusqu'à l'Oued Cheria, dont le lit, en grande partie à sec, contourne la base de la colline que do- mine le ksar de Ghassoul. Nous ne notons guère dans cette plaine argilo- sahlonneuse (|ue les Malva ^Egyptiaca, Lepidium subidatum, Ononis an- gustissima ; dans le lit même de l'oued, le Tamarix Gailica et les Rétama Duriœi var. et sphœrocarpa forment de nombreux buissons. Vers cinq heures, nous arrivons à Ghassoul, où nous trouvons, en dehors du village, la tente des hôtes, dressée par les soins du caïd, et du pain frais et du vin, que M. de Colomb, prévoyant bien notre dénùmeiit après notre longue tournée dans les ksour, a eu l'aimable attention de nous envoyer par un exprès; ces provisions nous sout d'autant plus agréables, que, en raison des difficultés de la route, nous avions dû laisser assez loin derrière nous SlÎANtK 1)1 13 FÉVKILK J8o7. l'29 les chnmt'iuix chnrgOs de nos caiititics, et (|ii(' nous eussions viv réduits à l'éternel couseoussou et au mouton rôti, sur le compte dcs(iuels nous com- incncions à être plus que blasés. Après notre collation, nous utilisons les quelques instants de jour qui nous restent pour visiter les jardins de l'oasis et Caire une rapide reconnaissance de la végétation du coteau. — Le ksarde (iliassoul s'élève en amphitiiéàtre sur la colline, et domine les jardins et les ciiamps entourés de murs qui couvrent la pente méridionale du coteau et s'étendent jusqu'aux bords de l'Oued Ghassoul. Les jardins et les champs, indépendamment de leurs clôtures, sont protégés par de petites tours en terre contre les déprédations des tribus nomades. Les jardins groupés au- dessous du ksar, et arrosés par les eaux abondantes d'une source située à l'entrée du village sont plantés de Figuiers, d'Abricotiers, de Pêchers, de Grenadiers; l'Oignon, la Fève, la Carotte, diverses variétés de Courges, des Melons et des Pastèques y sont cultivés. L'Orge est semée dans les vides des plantations et dans les champs situés au-dessous des jardins et arrosés, soit par les eaux de la source, soit par des dérivations de l'oued. Les terrains argilo-sablonneux de la pente occidentale du coteau présentent quelques espèces de la région des hauts plateaux réunies à des plantes sahariennes-, ainsi nous y notons les Nasturtium coronopifoliwn, Enarthrocarpus clavatus , Helianthemum sessiliflorum , Iteseda Arabica , Malva .Egyptiaca , Pegamim Harmalu (abondant) , Paromjchia Cosso- niana, Onopordon ambiguum, Atractylk cœspitosa, ZoUikoferia resedifolia, Sonc/ms divaricatus, Taraxacum Dens-lconis (même variété qu'à Aïn Sefis- sifa), Echium humile, Arnebia Vivianii, Marvubium Désert l (abondant), Salvla lanïyera, Rumcx Tingitaiius var., Euphorbia luteola^ Triticmn Orientale; sur quelques points où le sel vient eftleurir, nous voyous les Frankenia thymifolia, Spergularia diandra, Statice globulariœfoiia ? (non fleuri), Atriplex Halimus et parvifolia^ Salsola vermiculuta. Le lendemain, 25 mai, à sept heures du matin, nous nous mettons en route pour Géryville, dont nous sommes séparés par un trajet de près de 12 lieues; nous suivons pendant quelque temps le lit desséché de l'Oued liou Selah, encaissé par des coteaux pierreux, nus, dont les ravins nous offrent les Pyret/irum macroceplialum, Sonc/ms divaricatus, Ononis a)i- giisfissima, Asterothrix Hispanica, Centaurea alba et C. sp. nova (C. Sca- biosœ affinis), Argyrolobium nnifiorum ^ Erucustruni leucanthum, Cata- nanche cœrulea, Sedum altissimwn ; dans les lieux frais du lit de l'oued croissent le Laurier-Rose, qui y forme de nombreux buissons et le Scir- pus Holoschœnus ^ des champs d'orge encore sur pied occupent des atterris- semeiits de l'oued dans un élargissement de la vallée. Nous quittons le ravin de l'Oued Bou Selah pour atteindre la plaine d'Araza, entourée de mon- tagnes basses et nues; cette plaine est en grande partie inculte, et quelques champs d'orge y occupent les dépressions du sol. Nous prolitous d'une T. IV. 9 \'iO SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. petite halte pour faire demander d'autres chevaux dans une tribu voisine, car, malgré sa bonne volonté, le caïd de Ghassoul n'avait pu nous procurer dans le village que des montures bien inférieures à celles des Arabes de la tente, et insuffisantes pour le pénible trajet qui nous reste encore à faire dans un pays accidenté, et nous consacrons à l'herborisation les quelques instants dont nous pouvons disposer; les plantes que nous recueillons dans les moissons appartiennent pour la plupart à la région des hauts plateaux, ainsi nous y trouvons entre autres les Onopordon acaule, Ceratocephalus fulcalus, yEgilops ovata var. ùnaristata, Nonnea micrantha, Atractylk cœspitosa, avec un petit nombre d'espèces du Sud, telles que VEuphorbia cali/ptmta, le Scabiosa semipapposa et le Triticum Orientale. Après avoir traversé la plaine, nous nous engageons dans le ravin de l'Oued el Djelal, bordé de coteaux rocheux où croissent dans les fissures le Pistacia Atlan- tica et le Juuiperus Phœnicea. Au delà de ce ravin et après avoir franchi un coteau, nous arrivons a la fontaine d'Ain el Meghesel, près de laquelle nous devons faire la halte du déjeuner, dont le reste des pains et du vin envoyés par M. de Colomb doit faire tous les frais. Les eaux douces et pures de cette source abondante qui viennent sourdre à fleur du sol, for- ment un bassin où s'abreuvent de nombreux troupeaux, et qui est entouré de pâturages marécageux où dominent les Scirpus Holosckœnus , Festuca arundinacea var. interrupto., Phataris aquatica, Hordewn murinam, Poa trivialis, Carex divisa, Alopecurus pratensis var. ventricosus, flammcu- liis macrophyllus et Trifolium fragiferum. Dans le bassin même de la fontaine, où, vers midi, l'eau est à une température de + 11°, tandis que celle de l'atmosphère est de + 28% nous recueillons le Zannichellia macro- stemon. Aux environs de la fontaine croissent les jEgilops ventricosa et ovata \a\'.triaristata, Toriiis nodosa, Malva sijtvestris et le Plantago Coro- nopus, qui couvre le sol de ses rosettes déprimées. Au delà de la fontaine, nous traversons une plaine bornée au nord par deux montagnes pierreuses connues sous le nom de Djebel el Kebour et el Khaloua. Dans la plaine même dominent le Stipa tenacissima et V Artetaisia Herba-alba, entre les touffes desquels nous observons le Bromus squarrosus; cette plaine nous conduit par une pente insensible à un col qui sépare les deux mon- tagnes. Sur leurs pentes escarpées et rocheuses, \es Junipems Phœnicea et Oxj/cedrus forment des buissons et des arbres peu élevés ; dans les rochers qui encaissent l'étroit et difficile passage où nous sommes engagés, le Bu- plevrwn spinosum, par son abondance, nous indique que nous sommes à une altitude assez grande. Indépendamment de celte espèce, nous y notons les Centaurea alba, Polycarpon Bivonœ, Il/iamnus oleoides , Hutchinsia pé- (rœu, Thymus hirtus. La pente septentrionale du col, très roide, presque abrupte sur quelques points, et où nos chevaux ont parfois des escarpe- ments de plus d'un mètre à descendre, nous conduit à un plateau peu sF.^^Cl•: w l'^ i'Kvitii:u I8ô7. 431 ('tendu, il rcxliciiiili' (huiucl s'ouvre !a vallée élevée connue sous le nom de TenialOuled Mouiticii, eiieiiisséc à l'esl et à l'ouest par les deux monta<;;nes ([ui constituent le Djebel Mezouzin. Des pâturafjjes assez riches occupent la plus i^rande partie du eol, où, dans les endroits déprimés, existent quel- ques champs d'or'^ Ononis Aisr.iiSTissiMA Lmk Fnci/cl. uiétli. I, 508 (cxcl. syn. et pafr. llisp.) ; Webb /'//y/. Cnn. IF, 23, t. 51. — 0. longifolia \Mlld. Enum. fiort. Borol. Il, 750. In arp,illosis, arf^illoso-arcnosis et coUibus ealcareis apricis deserli Tunc- tani prope /:'/ Djcm et S fax ^ in ditione Gnbcs frequcntissiina (Kralik pi. Tun. exsicc. ii. /i6), nec non in insula I)jerl)aoh\\{\ (Kralik). — In Sahara Algériens! tota diffusa nec non in regione niontaua inferiore calidiore Sahara? confini et planitlorum e.xccisarum parte austraiiore (Balansa pi. Alger, ex- sicc. n. 923), — In montosis insularum Teneriffœ et Canarise et a cl. Webb tanquam species omnino Canariensis habita (Webb; liourj^eau pi. Can. exsicc. [18H6] n< 517 et [4855] absque numéro). Medicago LAciNiATA AU. FI. Pecl. I, 316, n. 1159; Willd. Sp. TU, UIO; DC. Fi Fr. IV, 5/|7; Seringe in DC. Pmdr. II, 180; Webb Phyt. Can. Il, 63; Gren. etGodr. Fl. Fr. I, 392. — TrifoUum cochlcatum spi- nosum Syriacum, foliis laciniatif^ Breyn. Cent. 81, t. ok. — M. ]i()ly- morpha var. laciniata !.. Sp. 1099; Desf. AU. II, 212. — ^1/. diffnsa Poir. EncycL mêtli. suppl. 111, 52i, forma foliolis non dissectis. In argillosis, ar leiii- formihuscompressis. noniuiiKHiam prcssionc imitiia-clerormatis, subo/incis, [mncfato-subscrobiculalis. — Martio-jimio. [il aiTuis deserti ïunotaiii prope Sfhx et iii iiisula I)Jer/ja (Kralik). — In Saliara Al^erionsi tota ! et in planitieruin cxcclsai-um ! parte australiorc late diffusa (Balansa pi. Alger, exsicc. n. iViO et 936). l.'A. Gombo, par les stipules à peine soudées au pétiole et libres entre elles, par les fleurs jaunes en grappes courtes snbsessiles à l'aisselle des feuilles, appartient au groupe des Cf/vistiani (UC. Prodr. Il, 295), et présente une grande analogie avec les diverses espèces orientales suivantes de ce groupe, dont nous croyons devoir donner l'énuméralion et les caractères différen- tiels 5 ces espèces d'après leur affinité avec l'A. Grmbo viennent se classer dans l'ordre suivant : — L'-'l. tomentoms Lmk {Enajcl. métliod. I, 312 ; DC. Astragal. 185, t. 29, et Prodr. II, 295), plante d'Egypte (Delile in berb. Ventenat in herb. Delessert), très voisine par le port, diffère par la pubescence étalée des tiges, par les fleurs solitaires ou géminées, plus ra- rement au nombre de Z-h (DC), parles légumes velus-pubescents à pubes- cence étalée, à péricarpe moins épais, réticulés-rugueux à rugosités moins saillantes, à pointe épineuseplus courte, et par les graines d'un brun rougeâtre lisses.— L'A. Gerensis Boiss. {Diagn. pi. Or. ser. 1, fasc. tx, 711, plante du midi de la Perse, où elle a été recueillie, entre Atjuscbir et Scliiraz (Kotseby pi. Pers. austr. éd. Hobenaeker [18/i5] n. 85), très voisine de notre espèce par le port, le mode de villosité et l'épaisseur du péricarpe également ru- gueux, en diffère par les (leurs plus grandes en grappes plus allongées pe- donculées, par les bractées plus courtes, par le légume atténué en une pointe épineuse plus courte, et surtout par les graines exactem.ent quadran- gulaires et non pas réniformes.— L'A. gilvus Boiss. [Diagn. pi. Or. ser. 1, fasc. IX, 71), plante de la Carie, qui ne nous est connue que par la des- cription rédigée d'après un échantillon dépourvu de fleurs et de fruits mtirs, parait différer par les feuilles à 15 paires de folioles, par les stipules lan- céolées longuement linéaires-sétacées au sommet, par les grappes assez longues, par le légume jeune à rugosités presque indistinctes.— L'A. Alcp- picns Boiss. {Diagn. pi. Or. ser. 1, fasc. 11, 58), de Syrie où il a été récolté près d'Alep (Aucher-Éloy pi. Or. exsicc. n. 1287 in berb. Delessert), voisin par le port, diffère par les tiges velues-pubescentes à poils étalés, par les feuilles à folioles ordinairement moins nombreuses, par les calices velus- pubescents, par les ailes égalant environ la carène, par les légumes notable- ment plus petits, velus-pubescents. — L'A. Sieùeri DC. (Prodr. 11, 295.— A. trigonvs Sieber! exsicc. non DC), plante d'Egypte, diffère par les pé- tioles, moins ceux des feuilles supérieures, persistants-indurés etspinescents, et surtout par les légumes pubescents ou glabrescents à la maturité, beaucoup moins gros, oblongs-lancéolés, environ quatre fois plus longs que larges, trigones, à peine rugueux, plus insensiblement atténués en bec, et par les 138 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, graines lisses et plus petites. — L'A. Vanillœ Boiss. {Diagn. pi. Or. ser. 1, fasc. II, 60), plante de Perse (Aucher-Éloy pi. Or. exsicc. u. khZk in herb, Delessert), en est très éloigné par les légumes très longs, arqués, réticulés-rugueux, à rugosités peu saillantes, à bec peu distinct non épi- neux. — L'A. sparsus Delile (mss ; Dcne! Florul. Sin. in Ann. se, nat. sér. 2, III, 267) de l'Arabie Pétrée, où il a été recueilli près d'EI Tor et du raont Sinaï (Bové n. 192) et dans la vallée d'Hébron (Schimper pi. Arab. Petr. exsicc. un. it. [1835] u. 180), est très distinct par la pubes- cence étalée des tiges, par les feuilles à folioles moins nombreuses et sur- tout par les légumes allongés, étroits, presque linéaires, comprimés, velus- soyeux , à péricarpe membraneux-cartilagineux dépourvu de rugosités saillantes. — L'A. radicatus Dcne {Florul. Sin. in Ami. se. nat. sér. 2, III, 268), plante des sables du désert duSinai (Bové exsicc. n. 193; Schim- per pi. Arab. Petr. exsicc. un. it. [1835] n. 229 sub nomine A. Sieberi), dif- fère par l'extrême brièveté des tiges, par les pétioles, même ceux des feuilles supérieures, persistants indurés et spinescents, par les légumes glabres- cents à la maturité, à rugosités peu prononcées, et par les graines lisses. — L'A. d actf/locar pus Bolss. [Diagn. pi. Or. sér. 1, fasc. ii, 60), plante de Mésopotamie (Aucher-Éloy pi. Or. 1288 in herb. Delessert), diffère par les tiges courtes, par les pétioles, même ceux des feuilles supérieures, indurés et spinescents, et par les.légumes allongés, étroits, lancéolés-linéaires triquè- tres un peu comprimés.'^à péricarpe assez mince, cartilagineux, dépourvu de rugosités saillantes. — VA. neurocarpus Boiss. [Diagn. pi. Or. ser. 1, fasc. II, 59), qui a été recueilli en Syrie près d'Antab (Aucher-Éloy pi. Or. exsicc. n. 13^0 in herb. Delessert), diffère par les légumes beaucoup plus petits, glabres, terminés par une pointe épineuse plus longue et plus grêle. ScoEPiuRL's L.'EviGATA Sibth. ct Sm. Prodr. fl. Grœc. II, 81, eiFl. Grœc, t. 718optima; Seringe inDC. Prodr. ^OS. — Scorpioides Buplevri folio, siliquis levibusTomnet Inst. Zi02. In pascuis arenosis et olivetis prope Gabes (Kralik pi. Tun. exsicc. n. 210). — In arvis Archipelagi (sec. Sibth. et Sm.). HiPPOCREPis BicoNTORTA Lois. Nouv. not . in Mém. soc. Linn. Par. VI, klk, et Fl. Gall. éd. 2, H, 162, t. 28; Godr. Fl. Jiiv. éd. 1, p. 21.— H. Buceras Delile /Eg. t. 6^, f. 13 (ined. in biblioth. Delessert) forma leguminibus glabris. — H. velutina Delile /Eg. t. 6^, f. 10 (ined. in biblioth. Delessert) forma leguminibus velutinis. — H. cornigera Boiss. Diagn.pl. Or. ser. 1, fasc. ii, 102. In argilloso-arenosis herbidis regni Tunetani australioris prope Sfax (lîspina), prope Gaôes frequens (Kralik pi. Tun. e.vsicc, n. 211).— In are- nosis et argilloso-arenosis Saharaî Algeriensis et planitierum excelsarum parte australiore, in tribus provinciis: in provincia Orancnsi australiorel SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1857. 139 multis locis obvia (Kralik ap. Bourgeau pi. Alî^er. cxsicc. n. 221 a); in provincia Aloopiensi in ditione Laghovaf (Keboud); in provincia Cirteiisi in ditione lliskra (Halansa). — ïn /Egypte (Delilo). In Arabia petraia (Schiniper sec. lîoissicr), in arenosis montis Sinaï (Aucber-Eloy pi. Or. exsicc. n, 1153). Prope Monspelium loco dicto Port-Juvénal cum lanis arlvecta (Millois sec. (.oiseleur). Nous avons été à même, dans notie dernier voyage dans le sud-ouest de l'Algérie, où la plante est très répandue, de constater que la longueur des prolongements latéraux des articles du légume est très variable, et nous avons vu inditïéremment les légumes être glabres, pubescents ou velus. Aussi n'hésitons-nous pas, à l'exemple de INI. Godron, à réunir à VH. bicontorta les //. Bucerns et velutina Delile, ainsi que VU. cojniigera Boiss. Onobrvchis Crista-Galli Lmk FI. Fr. II, 652 sec. Boiss. Diagn. pi. Or. ser. 1, fasc. i\ 108 (in adnot) non?Seringe in DC. Prodr. II, 3^6 née Gaertn. Fruct, t. IZtS qwx 0. Gœrtneriana Boiss. — Hedysarum Crista- Galli f>. Syst. veget. 563 sec. Boiss.-, Sibth. et Sm. FI. Grœc. VU, 16, t. 724 optima. — Onobrychi.« trilophocarpa Coss. et DR. ap. Balansa pi. Alger, exsicc. n. 381 [1852], et ap. Coss. Voy. bot. Alger, in Ann. sr. nat. sér. U, I, 223. Inpasciiis deserti ïunetaiii circa Gabe/i (Kralik pi. Tun. exsicc. n. 403 sub nomine 0. trilophocarpa). — In Algerise occidentalis regione littorali, in collibus apricis prope iMostaganem (Balansa), Oran (DR. ; Balansa pi. Alger, exsicc), Saint-Denis du Sig (Durando). — In iEgypto int'eriore prope Alexaudriam et ^6o?/^"2V (Cadet de Fontenay, Kralik). In Palœstina (Boiss.). In Peisia australi prope Gère inter Abiischir et Schiraz (Kotschy pi. Pers. austr. exsicc. éd. Hohenacker [1845] n. 60 cum 0. Gœrtneriana Boiss. sub nomine 0. sequidentata permixta). In agro Argolico, Messe- niaco et Kliensi nec non in insula Cypro et circa Byzantium (Sibth. et Sm., loc. cit.). La plante de Gabes, qui diffère un peu de celle d'Algérie par les fruits plus petits à ailes divisées en lobes dentés épineux, établit le passage vers la plante d'Egypte, que M. Boissier, d'après la figure du Flora Grœca et la description du Species, considère comme étant VOnobrychis Crista-Galli {Hedysarum Crista-Galli L.). Pour éviter de créer un nom nouveau, nous croyons devoir admettre la synonymie établie par M. Boissier, et renoncer au nom cVO. trilophocarpa pour la plante d'Algérie et de Tunis, peut-être distincte spécifi(]uement de \'0. Crista-Galli des auteurs (0. Gœrtneriana Boiss. — 0. trilophocarpa Coss. et DR. olim). E'O. Crista-Galli \.. (sec. Boiss). diffère surtout de \'0. Gcertneriana [0. Crista-Galli Seringe in DC Prodr.) par les fleurs à corolle plus pâle, un peu plus courte que les dents du calice, par les fruits à fossettes plus étroites, ordinairement plus nom- 1/iO SOCIÉTÉ BOTANIOrE DE FRANCE. breuses, munis de deux crêtes latérales plus prononcées, par les lobes de la crête dorsale moins aigus, et surtout, ainsi que l'a remarqué M. Durieu de Maisonneuve, par les caractères de végétation lors de la germination; dans ïO. Crista-Galli, la jeune plante présente au-dessus des feuilles cotylédo- naires quatre feuilles (phyllodcs) réduites a un pétiole linéaire filiforme dé- pourvu de folioles ou à une seule foliole terminale de n)ême forme que le pétiole lui-même, et distincte seulement par une articulation; les feuilles siluées immédiatement au-dessus présentent trois folioles linéaires filifor- mes; dans YO. Gœrtneridiia, ^]an\e de la Syrie, de la Palestine et de la Perse, et que M. Durieu de Maisonneuve a reti'ouvée également à Oran croissant pêle-mêle avec l'O. Crista-GaUi^ les premières feuilles sont trifo- liolées à folioles linéaires-oblongues, et celles qui viennent immédiatement au-dessus présentent déjà plusieurs paires de folioles comme celles de la partie supérieure de la plante. Malgré l'importance de ce dernier caractère, il serait utile d'étudier comparativement, dans toutes les phases de leur développement, ces deux plantes trop voisines pour être maintenues comme espèces, si le mode de germination ne coïncidait pas d'une manière con- stante avec les auti'es différences que nous avons signalées. Vicia sativa L. Sp. 1037 forma amphicarpa. ■ — V. amphicarpa Dovih. Journ. phys. XXXV, 131 ; mZ.FI. Fr. IV, 59ù ; Duby Bot. Gall. I, 152 ; Gren. et Godr. FI. Fr. I, h^\ ; J.-H. Fahre in Bull. Suc. bot. II, 503. In agris hoideaeeis, arvis incuitis, olivetis et alluviis, in terra mobili arenoso-argillacea prope Gabea (Kralik pi. Tun. exsicc. n. 377 et 377 bis). — Hinc Inde in Algeriœ! planitiebus excelsis. — In insula Teneriffa (Bour- geau). In l.usitania australi prope Olisiponem {\\ eiwitscb it. Lus. cont. [1851] n. 105). In Mispania (Bourgeau pi. Hisp. exsicc. ii. 6/i0 et 1729). In Gallia australiore passim. Xous avons eu l'occasion, en Algei-ie et dans la régence de Tunis, où le V. amphicarpo Dorth. croit en assez grande abondance, de le trouver mêle soit au V. sativa, soit à sa variété angustifolia, et il n'en différait que par la présence de rameaux bypogés; aussi n'hésitons-nous pas à ne considérer le V. amphicarpa que comme un état particulier du V. sativa ou de sa variété (fnr/ustifolin dû a la station dans un terrain meuble; cette manière de voir ])ous semble complètement confirmée par les intéressantes observations sur les fleurs et les fruits bypogés du V. amphicarpa^ publiées par M. J.-H. Fabre (in Bull. Soc. bot. II, 503). IS'ous devons ajouter qu'en semant en pot en égal nombre des graines provenant de légumes bypogés et de légumes aériens, et en repiquant ensuite les jeunes individus, M. Durieu de Maison- neuve n'a obtenu que des plantes dépourvues de rameaux bypogés et sem- blables au r. satira var. angustifolia. {La suite à la priyhaini' ' (Duchartre, /^ryî^e botanique, II, p. 16.) 5° Quant à ce t[ue l'orthotropie des ovules du Vallisneria aurait été vue par MM. Treviranus et Schleiden, je ne peux que dire que, lorsque j'ai fait mes observations, l'anatiopie était admise en France, et surtout, parait-il, en Allemagne, où Endliclier, après avoir tracé les caractères des Hydro- charidees, écrivait cette phrase : » Embryonis situia orthotropum contra Cl. Richard, quiillum antitkopum, extremitaie radiculari umbilico et dia- metro opposita describit, in plerisque (jeneribus confirmare licuit. » — Si cependant mon savant critique pense que, malgré l'autorité d'Endlicher, il était inutile de retrouver l'orthotropie, non de l'embryon, mais de l'ovule du Vallisneria, il me restera du moins à me féliciter de m'étre rencontré iciavecdes botanistes aussi émineuts que MM. Schleiden et Treviranus, et d'avoir fait adopter de tous un point de science qui, même après leurs travaux, restait méconnu comme après ceux de Richard. Qu'on n'oublie pas, d'ail- leurs, que l'ovule anatrope ne prend souvent son caractère définitif qu'aune période très avancée de son évolution, et qu'on pourrait se tromper en (îoncUiant à l'orthotropie d'ovules anatropes dont on n'aurait vu que le premier âge. 6" LWnac/iuris , ïL'lodea el le Lagarusiphon ont, et bur ce point 160 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. M. Casparv confirme mes observations, les ovules ortliotropes. Mais je suis moins heureux, quant aux téguments de ces plantes, que notre confrère dit avoir vus Ibrmés iioiî d'une seule, mais de deux enveliippes. C'est encore la potasse qui aui-ail (ait découvrir que le tégument est double. Je n'ai pu, par l'emploi du même mode d'observer, acquérir la certitude de l'existence de deux enveloppes. Cependant, n'ayant pu suivre sur ces plantes, comme je l'ai fait pour le Vallisneria, le développement des ovules sur les individus vivants, j'attendrai des circonstances d'observation plus favorables avant de contester l'assertion de M. Gaspary. Et comme le nombre des téguments importe peu à ma ciassiiication des Hydrorharidées, il rae suflîra delà dé- gager d'un caractère qui ne pouvait d'ailleurs intervenir que dansdes coupes secondaires. 7° Uu mot encore sur le Lagarosiphon. Harvey a figuré avec exactitude, dit M. Caspary, les ovules du Lagarosiphon comme orthotropes; mais, ajoute-t-il, il a commis une erreur dans la description de la graine, en indiquant la radicule comme infère. J'admire vraiment le talent que notre cher confrère emploie à me dépouiller, l.à c'est avec une figure de Cl. Ri- chard (et combien de dessins de ce savant, d'ailleurs justement renommé, sont inexacts en ce qui touche les Hydrocharidees) sur la graine de \'Elo- dea, qu'il établit que je n'avais vraiment que faire à dire que l'ovule de cette plante est orthotrope; ici c'est malgré la figure de la graine du Lagarosiphon qu'il veut faire remonter à Harvey la première observation sur l'orthotropie de l'ovule de cette plante. Mais peut-on, je le répète, oublier que l'orthotropie n'est que le premier âge de l'anatropie, et que la graine doit toujours faire autorité sur l'ovule: que, par conséquent, il est impossible de conclure à un ovule orthotrope d'une graine à radicule infère. 8" Quant à Vffi/drilla proprement dit, je dois avouer que n'ayant examiné que des ovules de VHydrilla rnuscoules Planch. appartenant à la section Lagarosiphon, et ayant de leur examen conclu pour le genre entier, en adoptant la réunion faite par MM. Presl et Planchon, je n'ai aucun iuo- tif pour contester l'exactitude des observations de M. Caspary, qui con- firme, quant à VHydrilla, celles de Cl. Richard adoptées déjà par Endli- cher. Je pense, dès lors, que c'est avec raison que M. Caspary sépare de nouveau ûcV Hydrilla vrai le Lagarosiphon, daws lequel il reconnaît l'exis tence d'ovules orthotropes. Le second caractère de séparation des deux genres tiré des ovules qui, au lieu d'être tous dressés comme dans le Lagarosiphon, sont dans Vffgdrilla, les inférieurs pendants, les supérieurs ascendants, est, il faut le reconnaître, un point d'organisation d'autant plus important qu'il se lie à une inversion dans l'évolution des ovules, les premiers tournant leur mi- cropyle vers le sommet de l'ovaire, auquel les seconds présentent au cou- SKANCE DU 27 FKVKIKFl 1857. 161 traire leur dos. C'est pourquoi je vois, dnns la (iiifércnce de structure et de direction dos ovules du Lagarosiplion et de V Ilijdrilla^ doux fois plus de motifs qu'il u'ou faudrait pour justilier la soparaliou de ces deux genres, que dès lois j'adopte pleinomont avec M. Caspai'y, et qui devront même, nonobstant leurs ressomhlances extérieures, être placés plus loin l'un de l'autre que le pren)ier ne le sera de \' Udora ou Elodea; les fleurs mâles à spathe nuillillore, dans le seul Lagarosiphon, viennent encore corroborer cette conclusion. Toi est, d'ailleurs, le sentiment de M. Caspary qui, dans son Conspeclus IJijdriUearuin, met V Elodaa entre V Htjdrillu et le Lagaro- siphoii. On va voir que cette séparation doit être plus complète encore. 9" J'arrive enfin à la dernière objection de M. Caspary, la plus grave, celle que les autres n'ont fait que préparer, et qui est en réalité le but et la conclusion de tout le travail critique. Elle peut être ainsi formulée : M. Chatin a partagé, d'après leurs ovules, les Hydrocbaridées en Ottélia- cées caractérisées par l'anatropie des ovules, et en Hydrocbaridées, celles-ci conservant seulement les genres à ovules orthotropes. Or, VHijdrilla a, en realité, des ovulos analropes et ne peut être séparé de ses plus proches voi- sins, V Elodea (1) et \e Lagurosip/tori', donc la division proposée ne sau- rait être adoptée. — Distinguons, .l'admets, avec Kndiicber, M. Caspary, etc., l'anatropie dans VHydriUa; mais je pense que la conséquence {|u'en tire ce savant, parfaitement légitime dans l'état où était la science il y a quelques années, ne saurait plus l'être depuis que les beaux travaux de M. I. Geof- froy Saint-Hilaire sur les séries parallèles ont ouvert, non pas seulement aux zoologistes, mais a tous les naturalistos, que ceux-ci soient botanistes, minéralogistes, etc., un nouvel horizon. Aussi, loin de laisser V Hydrilla accolé au Lagarosiphon, etc , le transporterai-je parmi les Ottéliacées, dans le groupe des Enhalécsoù il ligurera le dernier, parallèlement au La- garosiplion et à V Anackuris ou Elodea. Si, dans la classification parallèle que j'adopte, V Hijdrilla n'est pas au-dessus ou au-dessous du Lagarosiphon, il est à ses côtés, à la même hauteur, reste par conséquent son voisin, mais sans que, pour réaliser ce voisinage, le bolaniste soit contraint de sacrifier (1) M. Caspary, (pii s'est livré, sur les plantes dont il est ici question, ù des obser- vations suivies, dont les résultais sont consignés dans son Conspechis systematicus Hydrillearum (Berlin, 1857), ayant observé des formes polygames, etc., de YVdora[Elodea) que caractérisaient leurs fleurs hermaphrodites, et de VA7iacharis, dont l'existence reposait sur la dioïcité, oprrc] avec raison la fusion de ces deux genres. Mais si nous appiouvons celle-ci sans réserve , nous n'en dirons pas tout à fait autant du nom du nouveau genre, pour lequel Tauteur préfère celui d'Elodea (déjà donné par Nultail à des Hypericum dont plusieurs portent encore le nom iVËlodes Adans. Spach.), à ceux d'Aiiacharis ou (k'Udora, dont l'emploi ne don- nerait lieu à aucune confusion ou explication synonymifjue. l'ourquui surtout ne pas conscr\er le nuni (VAnavhuiis, du à C. f.icliard comme celui d'/v'/o(/co ? T. IV. Il 162 SOCIÉTÉ BOTAISIOLE DE FRANCE. le caractère imporrnnt tiré de Tovule, aiiatrope dans l'un, orthotrope dans l'autre, .le dirai même plus: c'est que ma famille des Ottéliacees atleiulait, pour èire parallèle de tous points avec les Hydrocharidées, que l'un des genres amcharidoïdes \int en faire partie. Le seul et très petit change- ment qu'il y ait à faire aux Enhalées pour y faire entrer VHydrilla, est de taire, dans les caractères, la nature simple ou double de l'enveloppe ovii- laire. Alors nous avons la classification suivante, qui ne diffère en réalité, de celle que nou.s avons d'abord indiquée, que par le déplacement de YHydrilla. OTTÉLI.ACÉES. — Ovules aiiatropes. A. Otti-liées. — Axes et feuilles tous vasciilciires. Des sloinalcs. Plantes flolianles. Ottelia. B. Enhalées. — Axes cl feuilles cellu- laires ou incomi)lélemout vascnlaires. Pas de sloniates. Plantes inimerf,'ées, Stratioles. Enhalus. Hydrilla. IIYDIIOGIIAIUDÉES. — Ovules orlho- Iropes. A. liYDP.OGHARÉES. — Axcs et feuilles tous vasculaircs. Des stomates. Plantes flolianles. Hydrocharis. Limnobium, Bootia? (o\ules, etc., à observer). B. Vallisnériées. — Axes et feuilles non vasculaires. Pas de slomaies. Plantes immerfjées. ? Blt/xa (ovules, etc., à observer). VaUisneria. Elodea ou Anacharis, Lagarosiphon. .!e n'ai pu observer encore le Bootia et le Blyxa : l'examen des ovules dé- cidera de leur place parmi les Hydrocharidées ou les Otteiiacées; on peut seulement prévoir, en raison du mode de vivre de ces genres, dont le pre- mier a des feuilles flottantes tandis que l'autre serait, d'après les descrip- tions qui en sont données, immergéj que celui-là est vasculaire, et prendra place dans les Hydrocharées ou les Otléliées, mais que celui-ci est plus ou moins cellulaire et viendra se ranger parmi les Vallisnériées ou les Enhalées. M. Caspary, qui par ses voyages jouit des richesses l'éparties entie les di- vers herbiers de l'Europe, qui fait des plantes aquati(jues l'objet proféré de sei études, et à qui la science doit, en particulier, des recherches fort éten- dues sur les principaux genres des Hydrocharidées, sai-ira, j'en exprime l'espoir, la première occasion pour fixer la nature orthotrope ou anatrope de l'ovule des curieux Blyxa et Bootia. Je ne finirai pas sans offrir mes remercîments à M. Caspary, pour son empressement à me confier le manuscrit et les nombreux dessins de sou in- téressant travail s\ir les UyJriliées. M. Lagrange fait à la Société la coiiimuiiicalion suivante : sÉANOii nu 27 M viîiKr. 1857. 165 NOTE DE 11 l.\UK\yUi: SLll UN NOUVEAU C.Wii'.V TUOUVÉ DANS LA BUESSE. J'ai riutiiiK III- (If picM'iitcr a la Société une plante fint intéressante qui a éle trouvée i).iiii' la preiDJeie lois aux environs de Loulians (Saône-et- Loire) par M. Moniez, professeur de n)alhemati(Hies au collège de cette ville. (>. botaniste (jui, depuis (|uel(|ue.s aonées, étudie avec ardeni' la flore don pays très imparlaiteinent exploré, ne pouvait maixjuer de l'aire quel- (|ues découvertes heureuses pour la science; aussi, dans les premiers jours de juin 1856, il trouva, à k kilomètres de l.ouhans, sur les bords d'un etaii;, un Cnvex qui lui était ineonnn et qui se présentait dans les condi- tions suivantes : il croissait au milieu de saules et d'aulnes, sur le revers extérieur d'inie digue l'ormant le péiimètre de l'étang; placé la dans une position un peu élevée relativement aux eaux, et sur une partie de la digue directement exposée au nord, il formait quatre ou cinq touffes énormes donnant niv.issance chacune à des centaines de tiges. Le terrain était de nature argilo-silieeuse faisant partie du reste des anciennes allu- vions de la Bresse, dans les(|uelles Louhans se trouve encore placé. M. iVJoiiiez, ne pouvant arriver à la détermination de cette plante et voulant s'éclairer de quelques avis, en envoya plusieurs échantillons a Beaune, a Dôle, a Besançon et même a Dijon. — Si les botanistes qui ont étudié ce Carex ne sont arrivés a aucun résultat, c'est, je crois, parce que, rejetant tout d'abord loin d'eux l'hypothèse qu'il pouvait s'agir d'une es- pèce nouvelle, et prenant poui- point unique de comparaison des Carex de la tlore de France, ils cherchaient et voulaient absolument trouver des affi- nités qui n'existaient réellement pas. Quoiqu'il en soit, je vais avoir l'hon- neur d'exposer a la Société le résultat de mes recherches, résultat qui me conduirait à regarder cette plante comme entièrement nouvelle. Comparé aux espèces indigènes, le Carex dont il s'agit trouve naturelle- ment sa place entre le C. vidpinn et le C. paradoxa; il établit un passage de l'un à l'autre, en comblant cette grande lacune qui existe pour la France entre le groupe des Vulpinœ et celui des Panicuiatœ. Je dois cependant ajouter que ses utricules très petits, paucinerviés, que la forme remar- quable de ses écailles, que ses bractées filiformes, que son faciès propre le tiendront toujours à une assez grande distance de ces deux groupes pour qu'il y ail lieu de créer pour lui un nouveau groupe intermédiaire dont il sera l'unique représentant. — Mais si nous quittons, non-seulement la France, mais l'ancien continent pour le nouveau, nous trouvons un Carex de physionomie tout a fait semblable au nôtre, ayant les mêmes utricules et les mêmes bractées ; c'est le Carex multiflora MuehI., commun dans l'Amérique septentrionale. lui comparant ces deuN planits, ow est de suite frappé par un caractère dislinctif saillant que fournissent les écidlles florales fertiles : celles-ci, dans 16A SUCIÉIÉ r>OTAMt!LK DK I UAX'.i:. le Carex aincricaiii, sont étroites, ovales-aiguës, plus ou moins arislées ; dans le Carex de Louhans elles sont presque aussi larges que longues, obovaies, echancrées et lo\iguement mucionees. Ces caractères sont-ils constants? Telle est la première question que je me suis faite. La réponse me semble devoir êtreaflirmative, si je m'en rapporte du moins aux données acquises jusqu'à ce jour. — Eu effet, si les observations faites sur le Carex de Loubans représenté seulement par quelques individus (6-7) sont restreintes, il n'eu est pas de même de celles qui ont eu pour objet le Carex américain. J'ai pu étudier celui-ci sur de nombreux échantillons dans les principaux herbiers de Paris. Qu'il me soit permis de remercier ici M. J. Gay et mon excellent confrère M. Cosson, qui ont bien voulu mettre a ma disposition leurs riches collections de Carex, et chez lesquels on est toujours sûr de trouver l'accueil le plus cordial. Or, les écailles florales se sont toujours rencontrées avec les mêmes caractères. — D'une autre part, les auteurs, et je citerai en particulier les américains, tout en mentionnant les nom- breuses variations du Carex multi/îura, relatives les unes a la grandeur et a la forme de l'utricule, les autres aux moditications du rostre, ont toujours été muets en ce (jui concerne les écailles llorales, et il n'est pas probable (|uun caractère aussi saillant, s'il avait existé, eût échappe aux investigations des auteurs. .le crois donc être fondé à admettre aujourd'liui le Corex de Louhans au rang d'espèce nouvelle, et je résumerai les motifs de ma détermination en disant qu'il se distingue du C. raultiflorn MuehI., surtout par ses remar- quables écailles, ensuite par ses feuilles caualiculées, par ses tiges presque lisses, et enfin par sa station dans un point du globe de longitude si diffé- i-eiile. — Je propose de lui donner le nom du botaniste qui l'a découvert, c'est-à-dire de l'appeler Carex Moaiezi. — Je ne sais quel sera le sort du Carex louhannais dans un avenir plus ou moins éloigné, et lorsque des ob- servations plus nombreuses auront été recueillies; mais, quoi qu'il arrive, qu'il doive être maintenu comme espèce ou qu'il soit reconnu plus tard n'être qu'une variété du C. multijlora MuehI., la présence dans le bassin de la Bresse d'une plante appartenant à un type tout à fait américain, sera toujours un fait de géographie botanique des plus intéressants. Carex Moniezi ]Nob. Spiculis compositis, androgynis, superne mascuiis, in spicam elongatain dispositis, superioribus conlluentibus, cœteris subdiscretis; stigmatibus binis; utriciilis minimis, paucnierviis, squamam emarginatam longeque nuicronatam buba-quanlibus : bracleis iiliformibus ; foliis canaliculatis, eauliuis 2-3 superioribus culnumi lae\eni vel scabriuseulum superan- tibus. Rhizomn ramosissiraum densissimequc Cicspitosum. Folln canaliculata, sr.A>ci; iiu ?.7 lÉviiii.it is:;7. Itib rnrissimc plana, al),^ll^tissilna nempc l-'J niilliinetia lata, lu'te viridia, excepta Itasi iiiarj;ine scabra ; nilir.ea iiifcriora hievia, 'i-o siipcriora culino loimioia, vajiiius inteuris, magis miiiubve iml)ricatis, lij;ula milla vel sub- milla oblusissimaqiio. (-'nlmus erectiis, 5-7 decimetra altns, uif^oiuis, acii- tanguhis, l;r.vis, raiius scaber, usquc ad médium circitcr loliatus, supenie luidus. Bnictpœ t'oliacea; liliformes aiit etiam ai-istiformes, iii(im;r. majores, a basi ad apieem spica* gradatim longitudine immiiuitœ. SpienUc uume- losio, composita'., ovato-oblongae, in spicam elougatam seu paniculam angustissimc coarctatam digestœ, supciiores confluentes, infimîc basi sub- approNimatae. Squonur fertiles membranacea>. , byalino-ferrugiueae , late obovata?, valde emarsinatae lobulis apicalibus obtusis fimbriatis, trinerviœ,, nervis subcontiguis in mucronem viridem elongatiimquecoeuntibus. Stylus bilidus, basi bulboso-incrassatus. Utriculi minirai, ovati, plano-convexi, dorso tri-quinquenervii, anlice obsolète bi-trinervii, in rostrum gracile utriculo ipso subaîquilongiim, bifidum, raargine leviter serrulato-scabrum acuminati. Achœnium snbrotundum basi attennatum et substipitatum. In prefecturaiS«one-^^/.o?Veprope Lœvincum fLonhaus) ad ripas stagni. — Api'ili floret, juIio fructus maturat. ('. muld/lorœ xMuehI. valde alfinis, differt imprimis squamis fertilibus late obovatis emarginatis longeque mucronatis, née unquam ovato-aoutis, foliis canaliculatis, et culnio lœvi vel seabriusciilo. A la suite de eette roniniunication, M. J. Gay fait les observations suivantes : Ce l'ait d'un Carex nouveau pour la France, qui a son affinité la plus pro- cliaiuedans un Cflrej? d'Amérique, rappelle à M. Gay le fait tout semblable d'un autre Carex dont il a jadis esquissé l'histoire sans l'avoir publiée. Il s'agit du Carex yrisea Viv. , espèce très rare de la Ligurie orientale et du tei- ritoire pisan, si rare qu'on a pu longtemps douter de son indigénat, quoi- que ces doutes paraissent aujourd'hui dissipés. Peu d'auteurs en ont parle jusqu'ici, et tous l'ont comparée aux Ca7'ex tristigmatiques de la section spicissexudistinctis {C. pallescens, panicea, rotundata, brachystachys et to- mentosa). Mais c'est dans la section spicis lateralibus fœmineis, terminait ondrogynô, basi masculà qu'il faut chercher sa véritable affinité. Là se trouve en effet le Carex virescens Muhlenb., avec lequel le C. yr/sea a de tels rapports, que M. Gay n'a pas su l'en distinguer spécifiquement. Le C. fjrisea devient pour lui C. virescens ^ grisea, ainsi qu'il résulte de la notice par lui écrite en août 1838 et que nous reproduisons textuellement ici. L'auteur n'y a rien ajoute, si ce n'est la citation de deux textes posté- rieurs a sa date et une uoted'où il résulte que la plante est réellement spon- tanée sur la côte orientale du golfe de Gènes. 16(i SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FHANCE. ('arex virescens P Grioleti J. Gay. C. cuimo foliisque <ïla!)ris; spiculis 5-6 crectis, terminal) longissimâ, gracili, tolA masciilâ, vel hasi loeiiiiicâ, reiiqiiis fœmineis, cylindraceis, foliaceo bracteatis, iiifimâ remota, pedunculatâ, 2-3 inferioriim sqviamis inferioribus sterilibus; ulriculoium nervis 3 anticis in fasciam linearem aibidam lon^iiusculam supernè confluentibus. Carex grisea. Viv.l FI. ital. Fragm. in ejusd. Ann. di Bot., 1, part. 2* (180/i), p. 186, tab. 35 (quœ icon vcrisimiliter nunquam prodiit, deside- raJur enim in tribus à me collatis libri exemplaribus). Stirpem ibi fusiùs descriptam, quamvis à nemine bucnsque citatam, in berb. Ventenatiano nùne Lesseriiano vidi, ab ipso auctore missani. Eadem quoque nomine eodem in berb. t^ontanesiano nunc Webbiano exslat, à Savio missa. Defi- nitionem ex Vivianii opellâ excerptam conféras apud Roem., CoUect. Bot. (180D),p. 290. C. Grioleti. BertoL! in herb. Roem. — Roem. in Schk., Car. svppl. (1806), |). 76, tab. Rrrr, (ig. 209 [ex herb. RicU). — Spreng., Sgst. veg., m 1826), p. 821. — KnnfJ), Enum. II (1837), p. ^/il. — Parlât., FI. fiai. ,11 (1852). p. 163. — BertoL FI. liai. X (I85ù), p. 95. Plantarum curiosus, Grioiet PeLili, stirpem olim ad Vivianium misit, et prope Levante locis spongiosis lectam perbibuit, undè eadem, per Vivia- nium, quasi l.igarise orientalis civis, m Roemeri atciue Scbkuhrii manus venit. Ego vero ex America ortam, et in horto quodam cultam, vel cum navium saburrâ fortuite» introductam, posteàque exstirpatam, vebementer suspicor, in (|nâ opinione eo magis confirmor, quod neque Bertolonius, strenuus plantarum Ligusticarum scrutator, neque ullus Italorum, indè abanno 180^, meiitionem ejus vel minimam fecerit (1). Culmus 1-2 pedalis, erectus, acute trigonus, scaber. Folia radicalia, cum radiée, desiderantur. Folium caiilinum adesl in uno specimine, à spiçutâ imâ longé remotum, pedem longum, totum quantum glabenimum, vaginâ triunciali, tubuiosà, obtuse trigonâ, Ifevissimâ, limbo piano, sesquiiineam lato, margine serrulato-scabro. Spiculae 5-6, omnes erectse ; terminalis 1-2 (imô ex Viv. 3-) uncialis, gracilis, in uno speeimine tota ma5:cula,in altero basi imâ fœminea (ex toto masculam Vivianius describit), squamis arctè imbricatis. elliptico-laneeolatis, obtusis, tulvis, triandris, nervo carinali viridi, infra apicem evaneseente, filamentis capillaribus, squamam deniùra longé superantibus, antberis non visis; reli(inœ spicuiœ fœmineœ, mia al- (1) Ad rivulos inontis Pisani rêvera crescere pl.mtam, ami. 18/j3 cl. Petr. Savi, misse speciiiiine, nos duciiil, quod ami. 1852. cl. l'aihitore I. c. coiilirmavii, Ad- dendiis el lociis natalius terliiis ab Berlolonio luiper iiolalus, vailes circa villam Leyt prope Clavaruin Ligurià orientali (coiif. Berlol., /. c). SÉANCE nu 27 FÉVRIER 1857, 167 tern.vesuperior masculsp valdè approximata, plané sossilis, ovoiflea, breviiis i)r;u'lcattellum vix sequans, giacilis, proximè supra basim fragilis. Stiginata 3, capillaria, ferruginea, longitudine ferè utriculi. Obs. — Stirpem Viviaiiius cum C. pallescente et panicm comparavit, Schkuhrius rotundatam inter et bracivjstachym interposuit, Kunlhius tan- dem post C tomentosam, quasi formam ejus, spiculis distantibus, pedun- culatis, squaraisque fœmineis byalino-albidis diversam, enumeravit. Qui verô omnes, cùm affinitatem siirpis inter species sexn distinctas quœsive- rint, à scopo, ni vaidè fallor, maxime aberrarunt. iVîihi enim stirps, nullis arctè speciebus cognata videtur, nisi illis quibus spicula terminalis andro- gyna, basi mascula, reliquse fœminca;, inter quas C. virescenti tàm pn pè accedit, utomninô non, nisi varietatis iege, distinguere valeam. Ligusti- cam l'ormam ab Ameiieanâ, primo intuitu, amovere videntur l'olia giabra, née (ùlosa, spieula terminalis tota mascula vel basi l'œminea, nec basi mas- cula, spicuiae, (juo(|ue, fœminese plures, latis bracteis munitœ, (|uae iii virescente Americanà omninô sessiles vel suhsessiteset subula'.o bracteatœ, utriculus denique rostellatus (non muticus), magis birsutus, nec antieè albo-fasciatus. Has verô differentia.s omnes, in C. virescente aut proximè aflinibus, variabiles comperio. Foliis glabris virescentem ludere, Miiblen- 'les scr.iÉTi; iiotamqlc m: iiuntr. beigiiis tuliiotavit [Descripl. ubo'., p. 233), nei' iii C. (jriokti piorsiis glabia esse, specimiiia à inc visa doceiit. Vaiictaten» pedunciilatani in C. Idrsutû, specie pi'oxiinè arfiiii, Toneyus memorat [Ann. of tke Lyc. I, p. 323, III, p. 608); exstant quoque specimina \itio veri- siniiliter abuormalis. Sepala lanceolata, concava, duobus interioribus angus- tioribiis. Staminum (ilamenta lineari-complanata, médium versus baud dilatata, interne in cupulam membranaceam cum staminodiis coalita. Sta- minodiaovato-semi-orbiculata,carnosiuscula,marginetroso-cilio!ata,glabra5 antherse oblongse, médium versus affixœ, appendiculo brevi albido subemar- ginato supenitœ. Stylus crassiusculus ; stigmata mediocria, angusta subulafa. Calycis fructiferi sepala 3 (interdum 2, rarius A) exteriora soUmi dorso transversim alata ; aise striafte, marf;ine crosulo-sinuatae, paulum supra sepalorum rnediam longitudinem inserta;, valde inaetiuales nempe diioium sepalorum exteriorum late obovato-suborbiculatae 3-5 millim. longae pa- tentes, et sepali tertii vel etiam quart! interioris ala multo angustior ovato- lanceolata erectiuscula interdum obsoleta. Fructus ovato-suborbiculalus, compressus, pericarpio subpulposo. Semen verticale, orbiculare, integumento simplici membranaceo. Albumen nullum. Eiubryo cocideatus, viridis, l'a- dicula dorsalis inl'era ! — (Descripiio juxta spécimen yEgyptiacum valde mancum ex berbario Delileano et specimina paucissima incompleta Saharae Algeriensis). In yEizypIi dcserto Cahirico ad Pyramides Gyzenses (Ddile! in berb. Redouté). — In Sabarœ Algerieasis australis dilione Dmi-Mzab ad amnem Oued-Mzab pluribus locis obvia et inter Hadjar Lasereg et Anit el Moktar SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1857. 171 quam maxime cnpiosa et nb iiidigenis Rade m\. Hade nuncupnta (Re- bond ISSC)); jam iinno 185/; c Saliiua Algcricnsi allata, sed sine designa- lioDe loci proprii (Geslin). \:A. alnpecuroides est une plante des plus rares dans les herbiers, et MOUS n'en possédons d'Algérie que des échantillons incomplets; elle n'était connue, avant sa découverte dans le Sahara algérien, que par deux échan- lilioiis d'K«^ypte assez imparfaits, l'un dans l'herbier de Delile, et l'autre recueilli par Lippi et conservé dans l'herbier d'A.-L. de .Tussieu. ITlNÉRAmu: D'UN VOYAGE ROTANIQUE EN ALGÉRIE, ENTREPRIS EN d856 SOUS LE PATRONAGE DU MINISTÈRE DE LA GUERRE